Israël autorise l’entrée à Gaza de carburant financé par le Qatar
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Israël autorise l’entrée à Gaza de carburant financé par le Qatar

Dans une tentative apparente de renforcer le fragile cessez-le-feu, Jérusalem autorise le carburant à passer par le point de passage de Kerem Shalom

Un Palestinien, sur le toit de sa maison, regarde la centrale électrique de Gaza après sa fermeture, dans la ville de Nusairat, au centre de la bande de Gaza, le 18 août 2020. (Crédit:AP Photo/ Khalil Hamra)
Un Palestinien, sur le toit de sa maison, regarde la centrale électrique de Gaza après sa fermeture, dans la ville de Nusairat, au centre de la bande de Gaza, le 18 août 2020. (Crédit:AP Photo/ Khalil Hamra)

Israël autorise à partir de ce lundi l’entrée dans la bande de Gaza d’essence financée par le Qatar, de sorte à alimenter l’unique centrale électrique de l’enclave – et ce pour la première fois depuis les combats du mois de mai dans le territoire, a déclaré l’organe de liaison militaire d’Israël avec les Palestiniens. 17 camions remplis d’essence sont ainsi entrés à Gaza ce lundi.

Le COGAT (Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires), a déclaré que la reprise de l’entrée du carburant financé par le Qatar serait « conditionnée par la préservation de la stabilité sécuritaire ».

Kan a rapporté lundi que des sources palestiniennes avaient déclaré au journal libanais Al-Akbar que l’Egypte avait envoyé un message aux dirigeants du Hamas de la bande de Gaza les informant que si tout restait calme dans la région, Israël ouvrirait complètement les postes frontaliers de l’enclave.

L’envoyé de l’ONU pour la paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a salué dimanche la nouvelle de la livraison du carburant.

« Dans le cadre des Nations unies, les livraisons de carburant financées par le Qatar pour la centrale électrique de Gaza reprendront demain, lundi, conformément à l’accord précédent entre le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et l’État du Qatar », a-t-il déclaré.

« Je salue toutes les mesures prises pour désamorcer la situation. L’ONU continuera à travailler avec toutes les parties concernées et les partenaires pour solidifier un cessez-le-feu et aider la population de Gaza. »

Depuis 2018, le Qatar a injecté de l’argent à Gaza pour financer les achats de carburant, les salaires des employés du Hamas et les allocations aux familles pauvres. Début 2021, le Qatar a annoncé qu’il espérait fournir 360 millions de dollars d’aide en espèces aux familles gazaouies.

Mais le conflit militaire de 11 jours du mois dernier entre Israël et le Hamas a changé la donne, et Israël n’avait pas accepté d’autoriser les subventions qataries dans l’enclave depuis lors.

Un convoi de camions chargés de matériel de construction fourni par l’Égypte arrivent du côté palestinien du poste-frontière de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza dirigée par le Hamas, le 4 juin 2021. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Les livraisons de ce lundi du carburant financé par le Qatar est ainsi la première subvention qatarie à entrer à Gaza depuis l’escalade du mois de mai entre Israël et le groupe terroriste. Les combats ont coûté la vie à 256 Palestiniens et à 12 Israéliens. Israël affirme que la plupart des personnes tuées à Gaza étaient des combattants.

Israël a conditionné un retour complet au statu quo antérieur – y compris l’autorisation de l’argent qatari dans la bande de Gaza – à des progrès dans l’échange de prisonniers entre Jérusalem et le Hamas.

Le Hamas détient deux citoyens israéliens et les corps de deux soldats israéliens. La direction du groupe terroriste espère obtenir la libération de centaines de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes dans le cadre d’un échange.

« Il n’est pas possible de revenir en arrière », a déclaré le ministre de la Défense, Benny Gantz, à de nombreuses reprises, faisant référence aux efforts déployés par Israël pour mettre en place une nouvelle forme de dissuasion à l’égard du Hamas.

Le Hamas, quant à lui, a exigé la levée des restrictions sans aucun lien avec la possibilité d’un échange de prisonniers. Le résultat est un cessez-le-feu fragile entre les deux parties, ont averti les observateurs internationaux.

Un camion-citerne livre du carburant à la centrale électrique de Nuseirat, dans la bande de Gaza, le 24 octobre 2018. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

La chaîne de télévision libanaise pro-Hamas Al-Mayadeen a rapporté qu’Israël et le Hamas avaient conclu un premier accord pour faire entrer de l’argent qatari – malgré l’absence de progrès apparents sur la question de l’échange de prisonniers. Selon des sources anonymes qui ont parlé à la chaîne, l’accord autoriserait l’entrée d’argent qatari pour les employés à Gaza d’ici la fin de la semaine.

Un responsable de la sécurité israélienne a démenti cette information.

« Le seul accord concerne l’entrée de carburant [lundi], sous la médiation des Nations unies », a déclaré le responsable de la sécurité, sous couvert d’anonymat.

Le Hamas, organisation terroriste qui cherche ouvertement à détruire Israël, dirige la bande de Gaza depuis 2007, lorsqu’il a arraché le contrôle de l’enclave à son rival, le Fatah, après une série d’affrontements sanglants. Depuis la prise de pouvoir du Hamas, Israël et l’Égypte ont imposé un blocus strict à Gaza, qui a eu un impact dévastateur sur l’économie de la bande.

Israël affirme que ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas de s’armer massivement d’armes meurtrières.

Les demandes de renouvellement de l’aide du Qatar seraient à l’origine de plusieurs cycles d’escalade entre Israël et le Hamas avant la récente opération.

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