Israël autorise l’import de pneus à Gaza – une première depuis 2018
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Israël autorise l’import de pneus à Gaza – une première depuis 2018

Selon le ministre des Transports de l'AP, 5 000 pneus ont été livrés dans l'enclave ; un groupe israélien estime que l'embargo avait créé un risque pour la sécurité routière

Un homme remplace un pneu dans un garage de Gaza City, le 30 octobre 2018. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Un homme remplace un pneu dans un garage de Gaza City, le 30 octobre 2018. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Pour la première fois depuis la fin mars 2018, Israël a autorisé l’entrée de pneus dans la bande de Gaza mercredi, a fait savoir l’Autorité palestinienne.

Israël a interdit l’importation de pneus dans la bande de Gaza peu après le début des manifestations dans la zone frontalière entre l’État juif et l’enclave côtière, le 30 mars 2018.

Une cargaison de 5 000 pneus est ainsi entrée dans la bande de Gaza mercredi, a indiqué le ministre des transports de l’Autorité palestinienne Asem Salem, selon le site officiel de l’Autorité Wafa.

Les autorités israéliennes ont déclaré qu’Israël avait imposé un embargo sur l’entrée de pneus à Gaza en réponse aux Palestiniens qui les incendiaient lors de manifestations dans la région frontalière, qui visaient à nuire à la visibilité des soldats et autres personnels de sécurité israéliens.

Fin décembre, la commission palestinienne chargée de l’organisation des manifestations a annoncé que les manifestations auraient lieu moins fréquemment en 2020.

Le 29 décembre, le site d’information palestinien Sawa, basé à Gaza, citant des sources anonymes « bien placées », avait annoncé qu’Israël autoriserait l’entrée de pneus à Gaza à partir du 30 décembre, mais cela n’avait pas été le cas.

Musa Rahal, porte-parole du ministère des Transports de l’Autorité palestinienne, a ajouté mercredi qu’une autre cargaison de 500 pneus serait livrée à Gaza la semaine prochaine. Il a également noté que les pneus acheminés dans la bande mercredi ainsi que ceux attendus la semaine prochaine sont stockés dans un port israélien depuis avril 2018.

« A partir de maintenant, nous nous attendons à ce que la situation revienne à la normale, et les commerçants pourront régulièrement importer des pneus », a-t-il assuré au Times of Israël.

Des Palestiniens brûlent des pneus le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de Khan Younès, le 25 mai 2018. (AFP Photo/Said Khatib)

Une porte-parole de Gisha, un groupe israélien de défense des droits humains qui observe la circulation des biens et des personnes à l’entrée et à la sortie de Gaza, a déclaré que l’interdiction avait créé un risque pour la sécurité des automobilistes dans le territoire.

« Les restrictions d’Israël sur la livraison de pneus ont forcé les personnes à acheter des pneus de qualité inférieure », a expliqué Miriam Marmur, précisant que l’interdiction avait également provoqué une augmentation significative de leur prix.

Depuis septembre 2018, l’Égypte autorise l’entrée des pneus à Gaza par la frontière qu’elle partage avec l’enclave côtière. Mais la quantité de pneus importés n’a pas répondu à la demande dans le territoire, a indiqué Miriam Marmur.

Les pneus en provenance d’Égypte coûtent cinq fois plus cher dans l’enclave qu’en Égypte, ajoute-t-elle.

Israël maintient de nombreuses restrictions sur la circulation des personnes et des biens en direction et en provenance de Gaza. Les responsables israéliens expliquent que celles-ci visent à empêcher les groupes terroristes d’y importer des armes ou des moyens de les fabriquer.

Le groupe terroriste du Hamas contrôle Gaza depuis 2007, date à laquelle il a violemment chassé du territoire l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah.

Pendant la majeure partie de la dernière décennie, l’Égypte a également imposé de lourdes restrictions à la circulation des personnes et des biens. Plus récemment, cependant, les autorités égyptiennes ont autorisé les Palestiniens de Gaza à passer par le point de passage de Rafah et à importer certaines marchandises par sa frontière.

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