Israël en guerre - Jour 193

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Israël avait accepté d’abandonner sa souveraineté dans une partie de la Vieille Ville

C'est ce que révèle un document qui vient d'être déclassifié, et qui présente la réponse faite par le gouvernement d'Ehud Barak à une proposition de Bill Clinton en l'an 2000

Le président américain de l'époque, Bill Clinton, (au centre), le Premier ministre Ehud Barak (à gauche) et le leader palestinien Yasser Arafat marchent sur le site de Camp David, dans le Maryland, au début du sommet sur le Moyen-Orient, le 11 juillet 2000. (AP Photo/ Ron Edmonds, File)
Le président américain de l'époque, Bill Clinton, (au centre), le Premier ministre Ehud Barak (à gauche) et le leader palestinien Yasser Arafat marchent sur le site de Camp David, dans le Maryland, au début du sommet sur le Moyen-Orient, le 11 juillet 2000. (AP Photo/ Ron Edmonds, File)

Israël avait donné son accord de principe à un renoncement, de sa part, à sa souveraineté dans une partie de la Vieille Ville de Jérusalem – notamment concernant une partie du mont du Temple – dans le cadre des négociations de paix avec les Palestiniens, il y a 23 ans, selon un document qui vient tout juste d’être déclassifié.

Les Archives d’État d’Israël ont diffusé, dimanche, la réponse officielle faite à la proposition de paix qui avait été soumise, en l’an 2000, par le président américain de l’époque, Bill Clinton, a fait savoir Ynet.

Un document qui révèle aussi que le pays, alors placé sous l’autorité d’Ehud Barak, Premier ministre de gauche, avait demandé 8 % de la Cisjordanie – la zone où vivent 80 % des habitants d’implantation et des Palestiniens – sans aucun échange de territoire avec un échange de terres intervenant toutefois dans la bande de Gaza, qui accueillait à ce moment-là une vingtaine d’implantations israéliennes où vivaient 7 000 Israéliens, un échange portant sur pas plus de 2 % du territoire de l’enclave côtière.

Ces documents ont été publiés dans le cadre des dossiers d’archives de feu Noah Kinarti, l’un des négociateurs israéliens qui avaient pris part à ces pourparlers de paix qui devaient finalement échouer.

Sur le document, les réponses officielles – écrites en anglais – des Palestiniens et des Israéliens qui soulignaient bien les différences entre les parties en lice ainsi qu’une note en hébreu entrant dans le détail des réserves de l’État juif face à la proposition faite par Clinton.

Sur Jérusalem, la proposition du président américain suggérait « que ce qui est Arabe doit devenir Palestinien et que ce qui est Juif doit devenir Israélien ».

Un principe qui, selon Israël, « crée de graves problèmes de contiguïté territoriale » et nécessite « des arrangements particuliers ». L’État juif abandonnait de surcroît dans sa réponse sa demande que la souveraineté palestinienne, dans les quartiers arabes, soit limitée uniquement aux quartiers adjacents de la Vieille Ville.

Concernant la Vieille Ville en tant que telle, la proposition comprenait « un régime spécial » qui venait la diviser entre Israël et le futur État palestinien. Jérusalem faisait remarquer dans sa réponse que le quartier arménien devrait rester israélien dans la mesure où « les Arméniens ne sont pas arabes ».

Carte touristique moderne de la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Obendorf, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)

Israël suggérait qu’à partir de la porte de Jaffa, dans la Vieille Ville, le territoire « allant tout droit et partant à gauche » appartiendrait à l’État palestinien, tandis que celui placé à droite relèverait d’Israël.

Et pour le mont du Temple, très disputé – c’est le site le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré des musulmans, qui l’appellent le complexe de la mosquée Al-Aqsa ou le Noble sanctuaire (Haram al-Sharif) — le proposition faite par Clinton comprenait deux alternatives, qui accordaient aux Palestiniens la souveraineté sur le mont du Temple et aux Israéliens la souveraineté sur le mur Occidental adjacent.

La première formulation accordait également à Israël la souveraineté « sur l’espace sacré pour les Juifs dont le mont du Temple fait partie ou sur le saint des saints dont il fait partie ». La seconde incluait « une souveraineté fonctionnelle partagée sur les questions liées aux travaux sous le Harem [sic] ou derrière le mur ».

Dans sa réponse, Israël faisait remarquer que la première formulation était trop vague, qu’elle devait inclure un plus grand nombre de détails et « incorporer le tunnel du Kotel [mur Occidental], le bâtiment du Makhkame, le Kotel lui-même et la partie restante du mur vers le mur du sud, ainsi que le jardin d’Ofel, la cité de David, le mont des Oliviers et le tombeau des Rois et des prophètes ».

Les notes transmises par Israël disaient que la formulation incluait « la division de facto de la souveraineté sur le mont ».

L’ancien négociateur israélien Gilead Sher (Crédit : Flash 90)

La lettre écrite en anglais avait été rédigée par le chef de cabinet de Barak, Gilead Sher, et envoyée à Sandy Berger, conseiller à la sécurité nationale de Clinton, au mois de janvier 2021.

Sher avait écrit qu’Israël considérait le cadre défini par Clinton « comme base de discussion dans la mesure où il restera, tel qu’il se présente, une base de discussion acceptable aux yeux des Palestiniens ». Il avait ajouté que l’État juif « demandera un certain nombre de clarifications concernant des sujets d’intérêt vital pour Israël ».

Ces pourparlers avaient lieu dans un contexte d’affrontements intenses en Cisjordanie et à Gaza après le lancement de la Seconde intifada par les Palestiniens, qui avait été marquée par une avalanche d’attentats-suicides anti-israéliens au mois de septembre 2000.

Les Palestiniens avaient exprimé des réserves significatives concernant la proposition de Clinton et les négociations avaient finalement échoué. Barak s’était incliné lors des élections suivantes.

Le processus de paix est moribond depuis 2014.

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