Israël boycotté au Luxembourg suite aux propos de Peretz
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Israël boycotté au Luxembourg suite aux propos de Peretz

Xavier Bettel, qui est gay, a renoncé au dîner d'adieu de l'ambassadrice israélienne en raison du soutien de Rafi Peretz à des pratiques potentiellement dangereuses

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel au cabinet du Premier ministre, à Jérusalem, le 12 septembre 2016. (Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel au cabinet du Premier ministre, à Jérusalem, le 12 septembre 2016. (Marc Israel Sellem/POOL)

Le Premier ministre luxembourgeois a boycotté une manifestation de l’ambassade d’Israël afin de protester contre le soutien apparent du ministre de l’Education Rafi Peretz à la thérapie de conversion visant à « guérir » les homosexuels de leur orientation sexuelle.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, qui est homosexuel, a choisi de ne pas assister à un dîner d’adieu en l’honneur de Simona Frankel, ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxembourg, a rapporté lundi la Douzième chaîne.

Selon le rapport, Bettel a informé Mme Frankel que, bien qu’il la respecte personnellement, il ne serait pas en mesure d’assister à un événement officiel israélien tant qu’un ministre du gouvernement appuierait ouvertement la thérapie de conversion homosexuelle.

La chaîne a cité des participants à l’événement qui ont affirmé que l’annulation de dernière minute de l’invité d’honneur avait provoqué une gêne durant le rassemblement, avec la chaise inoccupée de Bettel en tête de table.

Bettel, qui a épousé son partenaire il y a quatre ans, est considéré comme un ami d’Israël et s’est rendu deux fois dans l’État juif ces dernières années.

Rafi Peretz, chef de l’Union des partis de droite, lors d’une conférence de presse après sa rencontre avec le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 16 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La question de la conversion des homosexuels a été mise sous les feux de la rampe cette semaine après que Peretz – un éducateur de carrière – a déclaré lors d’une interview télévisée avoir recommandé le traitement à des étudiants et avoir été témoin de la « possibilité » de changer leur orientation sexuelle. Ses remarques sur la Douzième chaîne ont suscité de nombreuses critiques de la part du public et des législateurs de tous les horizons politiques, notamment du Premier Ministre Benjamin Netanyahu.

« Les remarques du ministre de l’Éducation au sujet de la communauté gay sont inacceptables pour moi et ne reflètent pas la position du gouvernement que je dirige », a déclaré Netanyahu dans un communiqué. « J’ai parlé ce soir avec le rabbin Rafi Peretz, qui a dit clairement que le système éducatif israélien continuera à accepter tous les enfants d’Israël… quelle que soit leur orientation sexuelle. »

Des manifestants se sont rassemblés dimanche dans le centre-ville de Tel Aviv pour exiger la démission du ministre de l’Education « homophobe ». Une autre manifestation contre Peretz était prévue lundi soir.

Peretz a plus tard affirmé que ses propos avaient été mal compris et mal interprétés, et a précisé que lorsque « des étudiants m’ont contacté et m’ont demandé conseil, je les ai orientés vers des professionnels à leur demande et j’ai vu que c’était possible », mais « je n’ai pas dit que je suis en faveur de la thérapie de conversion ».

Des gens participent à la marche annuelle des Fiertés à Tel Aviv, le 14 juin 2019. (Flash90)

Les responsables de la santé publique du monde entier affirment que la thérapie de conversion est scientifiquement douteuse et peut être même dangereuse. Les thérapies de conversion homosexuelles, également appelées thérapies réparatrices, ont été fortement découragées en Israël, aux États-Unis et ailleurs, et les grandes organisations de santé ont attiré l’attention sur ce qu’elles appellent des méthodes pseudo-scientifiques. Elles ont également condamné le traitement de l’homosexualité comme une maladie mentale.

Bien que le ministère israélien de la Santé déconseille cette thérapie, reconnaissant qu’elle est scientifiquement douteuse et potentiellement dangereuse, aucune loi ne limite cette pratique, et elle est encore acceptée dans certains milieux massorti et orthodoxes.

D’importantes organisations médicales aux États-Unis affirment qu’il n’existe aucune preuve que les efforts de changement d’orientation sexuelle soient efficaces et que la thérapie peut renforcer la haine de soi, la dépression et les phénomènes d’automutilation.

L’Association des psychologues israéliens avait tiré des conclusions similaires dans un article de 2011, que le ministère de la Santé israélien avait finalement fait siennes fin 2014. Mais l’association avait également approuvé une revendication émanant des praticiens de la thérapie de conversion, estimant que le « politiquement correct » empêchait probablement le financement et la publication d’études portant sur l’efficacité potentielle de la thérapie.

S’il y a eu depuis 2015 des tentatives visant à mettre hors-la-loi les thérapies de conversion, les partis ultra-orthodoxes ont rejeté ces législations de manière répétée à la Knesset.

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