Israël brille par son absence à la soirée dédiée à la sécurité de la Convention des démocrates
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Analyse

Israël brille par son absence à la soirée dédiée à la sécurité de la Convention des démocrates

Dans les discours saluant la bonne foi de la politique de sécurité d’Hillary Clinton on a évoqué l’État islamique, l'Iran, mais pas l'Etat juif

Le vice-président des Etats-Unis Joe Biden à la Convention nationale des démocrates, à Philadelphie, lors de la soirée sur la sécurité nationale, le 27 juillet 2016 (Crédit : DNC Flickr)
Le vice-président des Etats-Unis Joe Biden à la Convention nationale des démocrates, à Philadelphie, lors de la soirée sur la sécurité nationale, le 27 juillet 2016 (Crédit : DNC Flickr)

PHILADELPHIE (JTA) – Les orateurs ont mentionné l’Etat islamique. Ils ont mentionné l’Iran. Mais c’est tout juste s’ils ont mentionné Israël.

Mercredi soir, une série de grands noms – le président Barack Obama, le vice-président Joe Biden, l’ancien secrétaire à la Défense Leon Panetta et le vice candidat présidentiel démocrate Tim Kaine – ont tous loué la bonne foi de la sécurité nationale d’Hillary Clinton.

Elle est dure, ont-ils dit. Elle est intelligente et responsable. Elle sait comment utiliser la diplomatie et respecter les forces armées. Avant les orateurs de renom, les officiers à la retraite l’amiral John Hutson et le capitaine de la Marine Kristen Kavanaugh ont dit qu’elle serait un coordinateur capable de l’armée.

« Dans cette élection, il n’y a qu’un seul candidat qui a l’expérience, le tempérament et le jugement pour être commandant en chef. C’est Hillary Clinton », a déclaré Panetta, dans un discours ponctué par les slogans de « Plus de guerre ». « Ce n’est pas le moment de jouer avec notre avenir. L’Amérique fait face à des situations explosives et des menaces dans le monde entier. Nous avons besoin d’un président qui soit fort, intelligent et courageux ».

Plusieurs orateurs ont dit qu’elle a joué un rôle essentiel dans la décision de tuer Oussama Ben Laden. Ils l’ont saluée pour son rôle dans l’imposition de sanctions globales contre l’Iran et la création de l’accord nucléaire avec l’Iran. Obama a dit que Clinton « finirait le travail » de détruire le groupe terroriste Etat islamique.

C’est là, au cours des conventions précédentes, que les intervenants auraient assuré la foule que Clinton conserverait les relations avec le plus proche allié au Moyen-Orient de l’Amérique, Israël. Mais pas mercredi. Ce fut un contraste frappant avec la convention républicaine de la semaine dernière, où les mentions positives d’Israël étaient de la viande rouge infaillible pour la foule. Les deux moitiés du camp républicain, Donald Trump et Mike Pence, ont lancé une petite phrase sur Israël pour s’octroyer acclamations et applaudissements.

La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d'un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)
La candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton lors d’un événement organisé par le parti démocrate le 25 juillet 2016 à Charlotte, en Caroline du Nord (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

(La négociation de Clinton d’un cessez-le-feu à Gaza a bien été montrée dans une vidéo mardi et encore mercredi. Dans la mention de mercredi, le mot « Israël » n’a pas réussi à faire son entrée. Et Bill Clinton a mentionné un programme éducatif israélien en passant, mardi).

Les deux parties déclarent toujours qu’elles soutiennent l’Etat juif, mais ce soutien veut de plus en plus dire deux choses différentes. Chez les républicains, c’est une position belliciste sur Israël qui ne soutient plus une solution à deux Etats et dit que les États-Unis ne devraient pas dicter les frontières d’Israël « ou d’autres termes ». Chez les démocrates, c’est une position de statu quo qui se concentre sur les efforts pour atteindre la pax israélo-palestinienne.

Chez les républicains, le soutien à Israël signifie s’opposer à l’accord avec l’Iran, comme le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, car il enrichirait les terroristes régionaux et laisserait l’infrastructure nucléaire de l’Iran intacte. Chez les démocrates, le soutien à Israël signifie soutenir l’accord avec l’Iran, comme certains des responsables de la sécurité d’Israël, car il éloignerait l’Iran de l’arme nucléaire et éviterait la guerre régionale.

Certains démocrates veulent que leur parti se concentre davantage sur le soutien aux Palestiniens. Le sénateur Bernie Sanders a critiqué le traitement par Israël des Palestiniens pendant la campagne. Le comité du programme démocrate voulait que le programme inclue des références à la présence d’Israël en Cisjordanie et aux implantations israéliennes. En fin de compte, cela n’a pas été fait.

Une position de soutien sans équivoque à Israël à Philadelphie pourrait être accueillie par des huées par les délégués Sanders ennuyés de soutenir ce qu’ils considèrent comme un pays oppressif.

Alors qu’elle supporte l’accord avec l’Iran, elle a également prononcé un discours chaleureusement accueilli à la convention de l’AIPAC de cette année et a promis de rencontrer Benjamin Netanyahu peu après son inauguration potentielle. Wendy Sherman, qui a négocié l’accord avec l’Iran, a dit à un groupe, mercredi, que Clinton lui avait demandé personnellement de ne pas inclure le thème des implantations et de la présence d’Israël en Cisjordanie dans le programme.

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