Israël chercherait à relancer le projet de canal de la mer Rouge-mer Morte
Rechercher

Israël chercherait à relancer le projet de canal de la mer Rouge-mer Morte

Amman a été frustré par le plan, depuis longtemps dans l'impasse et qui prévoit de pomper de l'eau de la mer Rouge pour approvisionner le lac d'eau salée

Une vue de la mer Morte dans le sud d'Israël, le 18 octobre 2017 (Crédit :  Yaniv Nadav/Flash90)
Une vue de la mer Morte dans le sud d'Israël, le 18 octobre 2017 (Crédit : Yaniv Nadav/Flash90)

Israël chercherait à faire avancer le projet mer Rouge – mer Morte, depuis longtemps à l’arrêt, en vue d’améliorer sa relation avec la Jordanie, lit-on dans un article de Haaretz paru vendredi.

Selon le quotidien, les responsables israéliens estiment que les retards répétés accumulés dans la mise en oeuvre du projet sont un facteur central dans les tensions actuelles entre Jérusalem et son voisin, qui souffre de graves pénuries d’eau qui pourraient être allégées par ce canal.

Selon le plan, une usine du dessalement en Jordanie fournirait une eau potable indispensable dans la région tandis que la saumure (l’eau très salée issue du processus du dessalement) serait rejetée dans la mer Morte, dans le nord, ce qui permettrait de remplir ce lac dont le niveau ne cesse de baisser, tout en produisant une énergie verte par le biais de l’usage de turbines hydrauliques.

Cela fait longtemps que le projet est reporté en raison d’obstacles bureaucratiques, financiers, environnementaux et diplomatiques. Ces retards ont entraîné la colère d’Amman, qui aurait réclamé des réponses quant au réel engagement de l’Etat juif à mettre en oeuvre cette initiative.

Les responsables cherchent maintenant une possibilité de redéfinir le projet en y incluant des directives sécuritaires pour aider à franchir les tracasseries des lourdeurs administratives.

Ils envisagent aussi de nouvelles possibilités de financement ainsi que des moyens pour rendre le projet plus respectueux de l’écologie, et décourager ainsi d’éventuelles pétitions émanant de défenseurs de l’environnement.

La ville du sud d’Israël d’Eilat et la ville jordanienne d’Aqaba le 18 décembre 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La Jordanie a par ailleurs annoncé au début du mois d’octobre qu’elle ne renouvellerait pas un accord de location de deux parcelles de terrain situées sur la frontière avec Israël pour l’usage agricole. Ces deux parcelles étaient exploitées depuis 24 ans par des agriculteurs israéliens, dans le cadre d’une annexe figurant dans le traité de paix historique qui avait été signé entre les deux nations en 1994.

A LIRE : Les agriculteurs israéliens inquiets pour leurs serres en Jordanie

La Jordanie a fait savoir que cette décision n’affecterait pas l’accord de paix vieux de plusieurs décennies, tentant ainsi d’apaiser les craintes à Jérusalem au sujet d’une éventuelle dégradation des liens.

Les responsables à Jérusalem se sont inquiétés que cette initiative ne traduise le désir de la Jordanie de réduire les liens diplomatiques entretenus avec l’Etat juif, – et de nombreuses personnes l’ont vu comme le reflet d’une intense pression intérieure exercée en Jordanie par une population qui considère encore très largement Israël comme un ennemi.

Avec cette annonce, les deux parties ont maintenant une année pour négocier les termes de la location. Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il ferait pression pour qu’Amman revienne sur sa décision, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a indiqué que la seule question encore d’actualité était le mécanisme à mettre en place pour annuler l’accord.

Les tensions entre Israël et la Jordanie se sont accrues ces derniers mois en raison de divers problèmes, portant notamment sur le statut controversé de Jérusalem et de ses Lieux saints. Les pourparlers dans l’impasse avec les Palestiniens et la mort de deux citoyens jordaniens, tués par balles par un gardien de sécurité de l’ambassade de Jérusalem, avaient également entraîné une crise diplomatique.

Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, le 25 juillet 2017 (Crédit : AFP/Khalil Mazraawi)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...