Israël confirme l’annulation par les USA de la vente de F-16 à la Croatie
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Israël confirme l’annulation par les USA de la vente de F-16 à la Croatie

Le ministère de la Défense s'est excusé après les objections américaines à un accord de vente de 12 avions ; les Américains dénoncent les améliorations israéliennes aux appareils

Des F-16I sur le tarmac lors de l'exercice international Blue Flag, à la base militaire d'Ovda, le 8 novembre 2017. (CréditJack Guez/AFP)
Des F-16I sur le tarmac lors de l'exercice international Blue Flag, à la base militaire d'Ovda, le 8 novembre 2017. (CréditJack Guez/AFP)

Le directeur-général du ministère de la Défense Udi Adam a présenté ses excuses, jeudi, pour l’effondrement d’un accord d’un montant de 500 millions de dollars prévoyant la vente de douze F-16 d’occasion à la Croatie, après que Washington a annulé la transaction.

« Le ministère de la Défense accorde une grande importance à l’approfondissement de la coopération entre Israël et la Croatie. A cette fin, nous avons initié la vente de F-16 qui englobaient notre savoir-faire et notre technologie », aurait dit Adam au cours d’une réunion organisée jeudi à Zagreb, capitale de la Croatie.

Adam a qualifié l’attitude des deux pays de « professionnelle et réfléchie » et dit que les « conditions, malheureusement, ne nous ont pas permis de réaliser l’accord en raison de problèmes imprévisibles et indépendants de la volonté de nos deux gouvernements ».

Zagreb avait convenu en mars d’acheter à Israël douze F-16 d’occasion, de fabrication américaine, pour remplacer ses MiG 21 de fabrication russe. En tant que fabricants des appareils, les Etats-Unis étaient tenus de donner leur accord concernant leur vente à un tiers.

La transaction, portant sur 500 millions de dollars, soit 435 millions d’euros, représentait pour la Croatie l’acquisition en armements la plus onéreuse depuis son indépendance de la Yougoslavie, dans les années 1990.

Mais les Etats-Unis se sont opposés à cette vente car ils demandaient à ce que des systèmes électroniques et radar modernisés et sophistiqués, installés par Israël sans l’assentiment américain, soient enlevés – car ils rendaient les appareils plus attirants pour les acquéreurs que les avions américains. Israël avait acheté les F-16 il y a une trentaine d’années.

L’accord formel n’ayant toutefois pas encore été signé, Zagreb ne déplorera aucun préjudice financier, a assuré le ministre croate.

Il appartiendra au ministère croate de la Défense de trouver des solutions, a-t-il encore dit, sans plus de détails.

Le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam. (Autorisation)

Les améliorations avaient été cruciales dans la décision de la Croatie d’acquérir ces avions auprès d’Israël plutôt qu’auprès des Etats-Unis.

La semaine dernière, après des mois de retard, le ministère croate de la Défense a donné à l’Etat juif une date limite, fixée au 11 janvier, pour régler la question de l’accord avec le département d’Etat américain.

Le ministre de la Défense croate, Damir Krsticevic, a indiqué qu’Israël avait donné des garanties lors de l’élaboration du contrat que les Etats-Unis accorderaient leur feu vert à la transaction.

Si le pays ne pouvait acheter les avions modernisés tels qu’ils étaient présentés dans l’accord original, le gouvernement annulerait alors la commande, avait noté le ministère.

« Israël a fait part officiellement au ministère de la Défense (…) qu’il ne peut malheureusement obtenir un feu vert adéquat des Etats-Unis pour fournir les avions F-16 », a précisé le ministre, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien avec une délégation israélienne.

« Nous ne nous réjouissons pas de ce qui est arrivé », a dit le Premier ministre Andrej Plenkovic mercredi dernier. « Le gouvernement s’en tient fermement à sa décision… de ne conclure que l’offre qui avait été présentée au mois de mars », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Défense croate a indiqué jeudi dans un communiqué qu’Israël « n’est pas parvenu à venir à bout de l’opposition des Etats-Unis à la vente de 12 avions à la Croatie et l’accord de 500 millions de dollars sera de toute évidence annulé ».

Après avoir présenté ses excuses pour cet échec, Adam a déclaré jeudi que le ministère de la Défense de l’Etat juif « souhaite établir une coopération continue et fructueuse avec la Croatie. Nous ferons de notre mieux pour approfondir nos liens dans un vaste spectre de domaines ».

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Brasilia, le 1er janvier 2019 (Avi Ohayon/GPO)

Les relations entre l’administration Trump et l’Etat juif sont très étroites, particulièrement sur les questions liées à la Défense. Mais la vente des jets à la Croatie semble avoir été l’un des rares désaccords entre les deux pays. Il n’a pu être dépassé, même après une rencontre, la semaine dernière à Brasilia, entre le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la semaine dernière au Brésil.

Un haut-responsable a dit à la Dixième chaîne qu’Israël « a reçu presque tout ce que le pays désirait » au cours de la rencontre avec Pompeo – sauf l’approbation nécessaire pour la vente des avions.

Le mois dernier, la chaîne d’information de télévision a fait savoir que l’administration Trump était en colère contre l’Etat juif pour l’inclusion des systèmes électroniques avancés, une initiative prise pour garantir la transaction croate.

Des responsables israéliens ont dit à la chaîne que les Etats-Unis estimaient qu’Israël profiterait injustement de la vente d’avions-chasseurs fabriqués sur le territoire américain.

Plusieurs pays s’étaient fait connaître pour l’appel d’offres, dont la Grèce, la Corée du sud, la Suède et les Etats-Unis.

Selon les médias croates, Zagreb pourrait désormais se tourner vers la Suède, qui arrivait en deuxième position avec ses chasseurs Gripen, ou bien annuler l’appel d’offres, en lancer un autre ou enfin tenter de s’entendre directement avec les Etats-Unis.

La Croatie a rejoint l’Otan en 2009 et l’Union européenne quatre années plus tard.

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