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Israël devra valider l’ouverture du consulat US à Jérusalem – Département d’Etat

"Nous avons besoin du consentement du pays hôte pour ouvrir une installation diplomatique", dont un bureau à Jérusalem pour les Palestiniens, dit le secrétaire d'État adjoint

Le consulat américain à Jérusalem le 27 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le consulat américain à Jérusalem le 27 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un haut fonctionnaire du département d’État américain a déclaré aux sénateurs mercredi qu’il faudrait l’autorisation d’Israël avant que les États-Unis puissent rouvrir leur consulat à Jérusalem pour desservir les Palestiniens.

Le secrétaire d’État adjoint américain à la gestion et aux ressources, Brian McKeon, s’est présenté devant la commission sénatoriale des relations extérieures pour répondre à des questions sur divers sujets. McKeon a été interrogé par le sénateur Bill Hagerty, un républicain du Tennessee, sur la réouverture potentielle de ce consulat.

« Je veux juste confirmer quelque chose, pour information – est-ce que, selon vous, en vertu du droit américain et international, le gouvernement d’Israël devrait donner son consentement positif avant que les États-Unis puissent ouvrir ou rouvrir le consulat américain pour les Palestiniens à Jérusalem ? a demandé Hagerty à McKeon. « Ou bien l’administration Biden croit-elle qu’elle peut aller de l’avant pour établir une deuxième mission américaine dans la capitale israélienne de Jérusalem sans le consentement du gouvernement d’Israël ? »

McKeon a répondu : « Sénateur, c’est ce que je comprends – que nous avons besoin du consentement du gouvernement hôte pour ouvrir toute installation diplomatique. »

Le président américain Joe Biden a promis de rouvrir le consulat, mais cette démarche constitue un point de friction entre Israël et les Etats-Unis ainsi qu’avec certains membres du Congrès.

Le consulat a été fermé par l’ancien président américain Trump en 2019 et son personnel a été intégré à l’ambassade américaine, implantée dans la capitale un an plus tôt, dans ce que les Palestiniens considèrent comme une dégradation de leurs liens avec les États-Unis.

Les responsables américains maintiennent que la réouverture du consulat est simplement un retour au statu quo d’avant Trump et fait partie de la promesse de Biden de renouveler les relations avec les Palestiniens qui ont été rompues sous l’administration précédente. En outre, ils soulignent que près d’une dizaine d’autres pays ont déjà des consulats à Jérusalem qui desservent les Palestiniens.

Cependant, Israël s’oppose au projet de l’administration Biden de rouvrir le consulat, qu’il considère comme un empiètement sur sa souveraineté dans la ville et qui conduira d’autres pays à ouvrir des bureaux diplomatiques à Jérusalem pour servir les Palestiniens.

Interrogé sur la question lors d’une conférence de presse aux côtés du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à Washington il y a deux semaines, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a réitéré l’intention de l’administration Biden de poursuivre le projet. « Comme je l’ai dit en mai, nous allons poursuivre le processus d’ouverture d’un consulat dans le cadre du renforcement des liens avec les Palestiniens », a-t-il déclaré.

À huis clos, Lapid aurait averti Blinken qu’une telle décision risquerait de faire basculer la fragile coalition gouvernementale israélienne.

Dimanche, le vice-ministre des Affaires étrangères Idan Roll a laissé entendre que les États-Unis repousseraient la réouverture du consulat en raison de la pression israélienne. « Ils comprennent les complexités politiques et le caractère sensible de la situation, et la question est traitée », a déclaré Roll.

Manifestation contre la réouverture du consulat américain au service des Palestiniens à Jérusalem, devant le consulat américain de la capitale, le 27 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Hagerty a piloté un projet au Congrès pour contrecarrer les plans de l’administration Biden. Mardi, il a pris la tête d’un groupe de 35 sénateurs républicains qui ont présenté un projet de loi visant à bloquer la démarche. La proposition « Upholding the 1995 Jerusalem Embassy Law Act of 2021 » vise à empêcher l’administration américaine de relancer la mission de facto auprès des Palestiniens dans la capitale d’Israël.

« Le président Biden continue de faire avancer son plan incendiaire visant à établir une deuxième mission dans la capitale israélienne de Jérusalem – une pour les Israéliens et une deuxième pour les Palestiniens – en dépit du fait que ce plan viole la loi de 1995 sur l’ambassade de Jérusalem et que le gouvernement israélien s’y oppose totalement », a déclaré Hagerty dans une déclaration présentant le projet de loi.

Les républicains n’ayant pas la majorité dans les deux chambres du Congrès et aucun démocrate n’étant susceptible de soutenir une législation visant à contrecarrer une initiative politique clé de l’administration Biden, le projet de loi des républicains n’a pratiquement aucune chance de passer.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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