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35 sénateurs républicains veulent bloquer la réouverture du consulat à Jérusalem

Le parti n'ayant pas la majorité, la législation risque d'échouer ; ses co-parrains critiquent l'intention de rouvrir la mission malgré l'opposition du gouvernement israélien

Le bâtiment du consulat général des États-Unis à Jérusalem, le 4 mars 2019. (Crédit : Ariel Schalit / AP)
Le bâtiment du consulat général des États-Unis à Jérusalem, le 4 mars 2019. (Crédit : Ariel Schalit / AP)

Un groupe de 35 sénateurs républicains a présenté un projet de loi visant à empêcher l’administration Biden de rouvrir le consulat américain à Jérusalem.

La proposition « Upholding the 1995 Jerusalem Embassy Law Act of 2021 », menée par les sénateurs Bill Cassidy, (républicain de Lousiane) et Bill Hagerty (républicain du Tennessee), vise à empêcher l’administration américaine de relancer la mission de facto auprès des Palestiniens dans la capitale d’Israël.

Les républicains n’ayant pas la majorité dans les deux chambres du Congrès et aucun démocrate n’étant susceptible de soutenir une législation visant à contrecarrer une initiative politique clé de l’administration Biden, le projet de loi des républicains n’a pratiquement aucune chance de passer.

Le consulat a été fermé par l’ancien président américain Trump en 2019 et son personnel a été intégré à l’ambassade américaine, implantée dans la capitale un an plus tôt, dans ce que les Palestiniens considèrent comme une dégradation de leurs liens avec les États-Unis.

Les responsables américains maintiennent que la réouverture du consulat est simplement un retour au statu quo d’avant Trump et fait partie de la promesse de Biden de renouveler les relations avec les Palestiniens qui ont été rompues sous l’administration précédente. En outre, ils soulignent que près d’une dizaine d’autres pays ont déjà des consulats à Jérusalem qui desservent les Palestiniens.
Cependant, Israël s’oppose au projet de l’administration Biden de rouvrir le consulat, qu’il considère comme un empiètement sur sa souveraineté dans la ville et qui conduira d’autres pays à ouvrir des bureaux diplomatiques à Jérusalem pour servir les Palestiniens.

« Le président Biden continue de faire avancer son plan incendiaire visant à établir une deuxième mission dans la capitale israélienne de Jérusalem – une pour les Israéliens et une deuxième pour les Palestiniens – malgré le fait que ce plan viole la loi de 1995 sur l’ambassade de Jérusalem et que le gouvernement d’Israël s’y oppose totalement », a déclaré Hagerty dans une déclaration de mardi présentant le projet de loi.

Le sénateur Bill Cassidy, républicain de Louisiane, marche sur la colline du Capitole après que le Sénat a acquitté l’ancien président américain Donald Trump dans son deuxième procès de destitution au Sénat, au Capitole américain à Washington, le 13 février 2021. (Crédit : Greg Nash/Pool via AP)

« L’État juif d’Israël est l’un de nos plus grands alliés. L’administration Biden ne doit pas menacer cette relation avec un plan qui est en conflit évident avec la loi américaine, qui stipule que Jérusalem ne doit pas être divisée », a déclaré Cassidy dans sa propre déclaration.

La Coalition juive républicaine a soutenu la proposition, son directeur exécutif Matt Brooks mettant en garde l’administration contre une « nouvelle décision désastreuse en matière de politique étrangère ».

« Si l’administration Biden rouvre cette installation diplomatique, cela sera compris comme un signal que les États-Unis s’attendent à ce qu’une partie de Jérusalem soit la capitale d’un futur État palestinien – et que la capitale d’Israël soit divisée. Le Congrès devrait s’en tenir à l’engagement en faveur d’une Jérusalem non divisée qu’il a pris en 1995 et réaffirmé à plusieurs reprises depuis lors », a déclaré Brooks dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a récemment averti le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, que les intentions des États-Unis risquaient de renverser le gouvernement israélien, qui comprend des partis de droite qui pourraient ne pas être prêts à accepter une telle décision.

Axios a rapporté la semaine dernière que Blinken a proposé à Lapid que les États-Unis et Israël forment une équipe conjointe chargée de résoudre la question.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken (au centre) accueille le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avant leur rencontre à Rome, le 27 juin 2021. (Andrew Harnik / Pool / AFP)

Blinken a dit à Lapid qu’il reconnaissait la sensibilité politique de la démarche et a déclaré que l’objectif de l’équipe conjointe serait que les parties mènent des négociations sur le consulat de manière discrète afin d’éviter que la question ne se transforme en un incident diplomatique plus important, selon Axios.

Bien que Blinken ait informé Israël du projet de Biden de rouvrir le consulat en mai, Washington a ensuite accepté d’attendre que le nouveau gouvernement adopte un budget le mois prochain, afin de lui donner une chance de se stabiliser.

Lapid a demandé à Blinken de ne pas réunir d’équipe conjointe avant l’adoption du budget, a rapporté Axios, qui n’a toutefois pas révélé la réponse du secrétaire d’État.

« La demande de report de la réouverture était inhérente à la reconnaissance du fait que nous allions quand même aller de l’avant », a déclaré une source américaine proche du dossier au Times of Israël plus tôt cette année.

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