Israël inscrit une chaîne de TV palestinienne sur la liste noire du terrorisme
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Israël inscrit une chaîne de TV palestinienne sur la liste noire du terrorisme

Les députés arabes israéliens dénoncent une atteinte à la liberté d'expression ; Le Hamas déclare que la mesure contre la chaîne al-Qods est elle-même un acte de "terrorisme"

Une émission sur al-Quds TV le 9 juillet 2018. (Capture d'écran : Facebook)
Une émission sur al-Quds TV le 9 juillet 2018. (Capture d'écran : Facebook)

Le ministre de la Défense a officiellement désigné la chaîne de télévision Al-Qods comme étant une organisation terroriste, a déclaré lundi son bureau, accusant la chaîne palestinienne d’être une branche du Hamas.

« Selon des renseignements récents, fiables, vérifiés et variés, la chaîne Al-Qods est une branche de la propagande du Hamas, représentant une plate-forme centrale pour la diffusion des messages de l’organisation terroriste », a déclaré lundi le bureau du ministre de la Défense dans un communiqué.

L’idée de déclarer la chaîne comme étant une organisation terroriste a été proposée par le service de sécurité du Shin Bet et le ministère de la Défense afin de lutter contre le terrorisme avec des outils économiques, selon le bureau de Liberman.

Dans le cadre de cette mesure, les journalistes et cameramen de la chaîne basée en Israël, ainsi que les employés d’une société de production locale qui travaille avec le réseau, ont été interrogés par la police ce lundi et ont reçu l’ordre de cesser leurs activités, selon le quotidien Haaretz.

La qualification de terroriste a été condamnée par le groupe terroriste palestinien du Hamas comme un acte de « terrorisme ».

« La décision concernant la chaîne Al-Qods est une autre mesure terroriste qui s’ajoute aux autres décisions violentes qu’Israël a prises contre le peuple palestinien », a déclaré le porte-parole de l’organisation, selon Haaretz.

Dans un communiqué, la chaîne a accusé Israël de restreindre la liberté d’expression et a appelé l’Autorité palestinienne à faire pression sur Jérusalem pour qu’elle annule cette décision. Elle a indiqué qu’elle continuerait à travailler pour « dénoncer les crimes de l’occupation ».

Un certain nombre de parlementaires arabes israéliens ont également condamné la mise sur liste noire.

« Il y a là une forte atteinte à la liberté d’expression. Le ministre de la Défense veut probablement que les médias glorifient l’occupation et n’exposent pas ses méfaits », a déclaré le député Ahmad Tibi (Liste arabe unie) à la Knesset.

Ces dernières années, l’armée israélienne a fermé un certain nombre de chaînes de télévision et de stations de radio opérant en Cisjordanie en raison de soupçons d’incitation et de liens avec des organisations terroristes.

Les dirigeants israéliens ont dénoncé à maintes reprises la dangerosité de l’incitation à la violence dans les médias palestiniens, tandis que les émissions de télévision palestiniennes sont citées comme sources d’inspiration dans les interrogatoires des terroristes du Shin Bet.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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