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Israël interdit les voyages en provenance de la plupart des pays d’Afrique

Quatre cas possibles de la variante hautement mutée B.1.1.529 ont été détectés en Israël ; le gouvernement charge l'armée de localiser les personnes récemment arrivées d'Afrique

Des voyageurs à l'aéroport international Ben Gurion le 13 septembre 2021. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)
Des voyageurs à l'aéroport international Ben Gurion le 13 septembre 2021. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Vendredi, le Premier ministre Naftali Bennett a ordonné que la plus grande partie de l’Afrique soit étiquetée « rouge », limitant fortement l’entrée des voyageurs en provenance de la région. Cette décision résulte de l’émergence d’une nouvelle variante de la COVID-19 apparue en Afrique du Sud déjà présent en Israël.

La liste des pays dont l’entrée en Israël est interdite aux étrangers n’a pas encore été publiée, mais Bennett a indiqué qu’elle comprendrait l’île Maurice, les Seychelles et Madagascar, et exclurait les pays d’Afrique du Nord.

La liste était vide depuis environ six semaines, car aucun pays n’entrait dans les critères « rouges » du ministère de la Santé. Mais jeudi soir, l’Afrique du Sud, le Lesotho, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique, la Namibie et Eswatini ont été ajoutés à la liste.

Les Israéliens de retour de l’un de ces pays, y compris ceux qui sont entièrement vaccinés, devront s’isoler dans un hôtel de quarantaine géré par l’État pendant une semaine et pourront en sortir qu’une fois après avoir subi deux tests PCR négatifs, a expliqué Naftali Bennett lors d’une conférence de presse en direct. Les rapatriés qui refusent de se soumettre aux tests devront être isolés pendant deux semaines dans un hôtel de quarantaine géré par l’État, poursuit le communiqué.

Le Commandement du front intérieur des forces de défense israéliennes a reçu l’ordre de localiser toutes les personnes arrivées des pays africains concernés au cours de la semaine dernière et de leur demander de s’isoler immédiatement. Les forces de sécurité effectueront également des tests de dépistage à domicile, a conclu le Premier ministre.

Naftali Bennett a indiqué qu’il avait ordonné au gouvernement d’acheter 10 millions de kits de test PCR conçus pour mieux détecter la variante.

Le Premier ministre Naftali Bennett emmène son fils de neuf ans se faire vacciner contre la COVID le 23 novembre 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Il a également demandé aux autorités d’accélérer le processus d’échantillonnage des eaux usées dans tout le pays pour détecter si la nouvelle souche, actuellement connue sous son nom scientifique B.1.1.529, se répandait largement en Israël.

« Nous sommes à un point inquiétant », a déclaré Naftali Bennett lors de la conférence de presse de vendredi après avoir annoncé le plan du gouvernement pour combattre la nouvelle variante.

Lors de la conférence de presse, le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a appelé les Israéliens récemment rentrés de pays figurant désormais sur la liste « rouge » à se faire tester immédiatement.

Plus tôt dans la journée de vendredi, lors d’une réunion avec Nitzan Horowitz et des experts, Naftali Bennett a déclaré que le « principe primordial du gouvernement pour le moment est de prendre des mesures rapides et fortes, maintenant, surtout en ce qui concerne l’entrée – et la sortie – d’Israël, jusqu’à ce que la situation devienne plus claire ».

« Quand elle le sera, nous déciderons de ce que nous faisons », a-t-il ajouté.

« Nous sommes actuellement au seuil d’une situation d’urgence. Je demande à tout le monde d’être prêt et de participer pleinement au travail 24 heures sur 24 », a déclaré Naftali Bennett aux participants de la réunion, dans des commentaires communiqués aux médias par le bureau du Premier ministre.

« La nouvelle variante est plus contagieuse, à un rythme beaucoup plus rapide que la souche Delta », a déclaré M. Bennett, ajoutant que les autorités suivaient les données en provenance d’Afrique du Sud pour en savoir plus sur elle, notamment pour savoir si elle était résistante aux vaccins existants.

Selon le site d’information Walla, au cours de la réunion, les responsables du ministère de la Santé ont demandé à Naftali Bennett d’imposer de nouvelles restrictions à tous les arrivants en Israël, en les obligeant à se soumettre à un test de dépistage supplémentaire trois jours après leur arrivée en Israël.

Le premier cas de cette souche a été détecté en Israël après l’arrivée d’une personne en provenance du Malawi, a annoncé le ministère de la Santé plus tôt dans la journée de vendredi.

Trois autres personnes ont été suspectées d’être également infectées par la nouvelle souche, a déclaré Naftali Bennett. Il a ajouté qu’il y a probablement d’autres cas non détectés dans le pays.

Un enfant subit un test de dépistage du coronavirus dans une clinique de Katzrin, le 6 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Une femme soupçonnée d’être infectée par la variante a pris un bus du centre d’Israël pour se rendre dans la ville d’Eilat, dans le sud du pays, où elle travaille dans un hôtel, ont indiqué les forces de l’ordre. La police l’a retrouvée, la femme a dû se soumettre à des tests supplémentaires et a été interrogée par des responsables médicaux.

Jeudi, des scientifiques sud-africains ont déclaré que la nouvelle variante du COVID-19 présentait « un nombre très élevé de mutations » et qu’elle était responsable d’une augmentation « exponentielle » des infections dans ce pays. Le nombre d’infections quotidiennes dans le pays le plus touché d’Afrique a été multiplié par dix depuis le début du mois.

En Israël, les données du ministère de la Santé ont montré vendredi que 524 personnes avaient été diagnostiquées la veille, ce nombre représentant 0,69 % des plus de 82 000 tests effectués.

Il y avait 166 personnes hospitalisées, dont 120 dans un état grave. Les données montrent que près de 85 % des cas graves concernent des personnes non vaccinées.

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