Israël : la Turquie doit y réfléchir à deux fois avant de nous critiquer
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Israël : la Turquie doit y réfléchir à deux fois avant de nous critiquer

Après la dénonciation d’Ankara des frappes à Gaza, Jérusalem réplique en disant que la détente ne signifie pas que la Turquie peut publier des “condamnations infondées”

Le consul général d'Israël à Istanbul, Shai Cohen (à gauche) avec le directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et le chef du bureau Gilad Cohen, le 21 mars 2016, à Istanbul. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)
Le consul général d'Israël à Istanbul, Shai Cohen (à gauche) avec le directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold et le chef du bureau Gilad Cohen, le 21 mars 2016, à Istanbul. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Le ministère des Affaires étrangères a publié lundi une réplique acerbe de la condamnation de la Turquie des frappes de dimanche soir contre des positions du Hamas dans la bande de Gaza, et a prévenu la Turquie de « réfléchir à deux fois » avant de critiquer les autres.

L’échange amère a jeté une ombre sur la réconciliation récemment confirmée entre les deux pays, et a montré le chemin que Jérusalem et Ankara doivent encore parcourir avant d’effacer des années de relations amères.

Lundi matin, le ministère turc des Affaires étrangères avait déclaré que la normalisation récente des relations entre Israël et la Turquie n’avait pas modifié la position d’Ankara sur les Palestiniens, et avait condamné les actions israéliennes, qui, selon lui, « violent la loi et la conscience humaine. »

La réponse d’Israël a été une réflexion provocatrice de la critique de la Turquie.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (à droite) pendant une conférence de presse avec son homologue lituanien Linas Linkevicius à Ankara, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Adem Altan)
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (à droite) pendant une conférence de presse avec son homologue lituanien Linas Linkevicius à Ankara, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Adem Altan)

« La normalisation de nos relations avec la Turquie ne signifie pas que nous resterons silencieux face à ses condamnations infondées. Israël continuera à défendre ses civils de tout tir de roquette sur notre territoire, en accord avec le droit international et avec notre conscience », pouvait-on lire dans le communiqué.

« La Turquie devrait y réfléchir à deux fois avant de critiquer les actions militaires des autres », a ajouté le ministère.

La déclaration de la Turquie était venue en réponse à une série de frappes aériennes sur la bande de Gaza dimanche soir, ciblant 50 positions du Hamas en réponse à une attaque à la roquette palestinienne qui a touché la ville israélienne de Sdérot.

Des enfants palestiniens jouent dans un cratère à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, créé par une frappe aérienne israélienne la veille tirée en réponse à une roquette lancée sur Sdérot, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)
Des enfants palestiniens jouent dans un cratère à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, créé par une frappe aérienne israélienne la veille tirée en réponse à une roquette lancée sur Sdérot, le 22 août 2016. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

« La normalisation des relations avec Israël ne nous contraint pas à rester silencieux sur les attaques contre le peuple palestinien à Gaza », a précisé le ministère turc dans un communiqué, selon l’agence de presse Anatolia.

« Nous allons continuer à protéger les Palestiniens contre les actions israéliennes qui violent la loi et la conscience humaine », a conclu la déclaration.

Cette déclaration avait été faite quelques heures après l’arrestation de cinq personnes lundi qui avaient tenté de pénétrer dans le consulat israélien à Istanbul pour protester contre les bombardements israéliens.

Le Parlement turc a ratifié il y a quelques jours l’accord de réconciliation conclu le mois dernier avec Israël, qui met fin à six ans de gel des relations officielles et ouvre la voie à la remise en place d’ambassadeurs.

Les relations déjà tendues entre les deux anciens alliés avaient explosées en 2010 après un raid maritime israélien contre le Mavi Marmara, navire battant pavillon turc qui tentait de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, dirigée par le Hamas. Le raid, pendant lequel des soldats avaient été attaqués alors qu’ils abordaient le bateau, avait tué 10 citoyens turcs et blessé plusieurs soldats israéliens.

Dans le cadre de l’accord de réconciliation, Israël paiera une « somme forfaitaire » de 20 millions de dollars pour dédommager les victimes sous 25 jours. Les citoyens israéliens ne seront pas tenus pour responsable de l’incident pénalement ou financièrement.

Avec cet accord, Israël a également légèrement adouci le blocus de Gaza, en transférant l’aide humanitaire d’Ankara par les postes-frontières entre Israël et la bande de Gaza.

Samedi, le vice-Premier ministre turc, Mehmet Simsek, avait déclaré qu’il comptait se rendre en Israël dans un futur proche.

Le cabinet de sécurité d’Israël avait approuvé l’accord de réconciliation en juin.

Des agences ont contribué à cet article.

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