Israël n’a ajouté que 19 lits d’hôpitaux lors de l’épidémie selon les députés
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Israël n’a ajouté que 19 lits d’hôpitaux lors de l’épidémie selon les députés

Selon la commission de la Knesset, les patients COVID-19 sont traités aux dépens des autres, des opérations sont annulées et des patients sont refusés en raison du surpeuplement

Des médecins travaillent avec des patients atteints de COVID-19 dans le service d'isolement du centre médical Sheba à Ramat Gan, le 29 juillet 2020. (JACK GUEZ / AFP)
Des médecins travaillent avec des patients atteints de COVID-19 dans le service d'isolement du centre médical Sheba à Ramat Gan, le 29 juillet 2020. (JACK GUEZ / AFP)

Israël n’a augmenté sa capacité hospitalière que de 19 lits depuis le début de la pandémie de coronavirus, a appris lundi une commission de la Knesset, alors que les directeurs de deux centres médicaux de Jérusalem ont indiqué qu’ils étaient surchargés et se trouvaient dans une situation financière difficile.

Selon les données du Centre de recherche et d’information de la Knesset (RIC), en février, le pays comptait un total de 16 302 lits, nombre qui est monté à seulement 16 321 en juillet, a rapporté le site d’information Ynet.

Le rapport du RIC a été présenté à la commission spéciale de la Knesset pour les pétitions publiques, qui a tenu des discussions sur le surpeuplement des hôpitaux pendant la pandémie.

Selon le rapport, certains lits pour les patients atteints de coronavirus ont été pris dans d’autres services, plutôt que d’augmenter la capacité globale des hôpitaux.

« L’occupation de chaque service de chaque hôpital est calculée sur la base du nombre de lits d’hôpital fixé par service dans le règlement de l’hôpital », peut-on lire dans le rapport. « Les salles de coronavirus n’ont pas de lits assignés – elles sont ouvertes selon les besoins et en fonction de diverses considérations… Certains lits de coronavirus sont de nouveaux lits (supplémentaires) et certains lits ont été convertis en provenance d’autres services. »

Selon les chiffres du ministère de la Santé, trois grands hôpitaux sont à plus de 100 % de leur capacité dans leurs services de traitement du coronavirus, tandis que deux autres sont à 94 %.

Deux des hôpitaux surchargés, le centre médical Hadassah Ein Kerem de Jérusalem et l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, également appelé Sourasky, sont également à plus de 100 % de leur capacité au total, tandis que le troisième, le centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, est à plus de 90 % au total.

Il y a 783 patients hospitalisés atteints de coronavirus en Israël, selon les chiffres du ministère de la Santé publiés lundi matin, dont 334 personnes dans un état grave, parmi lesquelles 100 sont sous respirateur.

Des employés du Magen David Adom dans des vêtements de protection contre le coronavirus évacuent un malade aux abords d’une unité de prise en charge COVID-19 de l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 20 avril 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le directeur général de Shaare Zedek, le professeur Ofer Marin, a déclaré à la commission que son hôpital était en crise et refusait des patients.

« Les départements de médecine interne sont occupés et nous n’avons pas [assez] de personnel. Hier, nous avons annulé des opérations et renvoyé des patients chez eux parce que les soins intensifs sont pleins. C’est une honte et un déshonneur. Les services sont complètement pleins », a déclaré Marin.

« Je dois payer des salaires mais je n’ai pas d’argent. Non pas parce que nous ne sommes pas gérés correctement, mais parce que tous les hôpitaux sont en déficit », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas survivre. Au lieu de nous occuper du coronavirus, nous nous occupons de payer les salaires et les fournisseurs. »

Le PDG du centre médical Hadassah a brossé un tableau similaire.

Zeev Rotstein, directeur de l’hôpital Hadassah Ein Karem, à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Hadas Parush/Flash90)

« Le préjudice économique subi par l’hôpital est estimé à plus de 200 millions de NIS, en partie à cause de la fermeture du tourisme médical. Les ministères de la Santé et des Finances devraient comprendre que si nous ne recevons pas 60 millions de NIS pour payer les salaires du mois d’août, nos fournisseurs et nos employés partiront », a déclaré le professeur Zeev Rotstein.

Le gouvernement a été critiqué pour avoir gaspillé tout avantage possible après le recul de la première vague de contaminations, perdant ainsi du temps qui aurait pu être utilisé pour augmenter la capacité du système de santé ainsi que pour améliorer les tests de dépistage du virus et la recherche épidémiologique des contacts.

En 2018, Israël a dépensé 2 780 dollars par habitant pour les dépenses de santé, ce qui est bien inférieur à la moyenne de l’OCDE. On compte en moyenne trois lits d’hôpital pour mille habitants.

Du personnel médical dans une unité de soin du coronavirus à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, le 4 mai 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)

En mai, le quotidien financier Calcalist a rapporté que le ministère de la Santé souhaitait commander 2 000 lits d’hôpital supplémentaires et stocker et moderniser de manière significative les unités de soins intensifs israéliennes pour un montant de 1,5 milliard de NIS.

« Nous devons nous préparer pour la prochaine vague et profiter de manière proactive du temps dont nous disposons pour mettre les choses en place autant que possible », déclarait le directeur général du ministère de la Santé de l’époque, Moshe Bar Siman-Tov, cité par le journal, dans une lettre adressée au conseiller à la sécurité nationale Meir Ben Shabbat.

Les efforts d’acquisition d’Israël pendant la pandémie avaient déjà soulevé des questions après l’opération menée par le Mossad, qui avait acheminé par avion quelque 100 000 kits de test de coronavirus en Israël, bien que le directeur général adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a par la suite déclaré aux médias que l’agence avait apporté le mauvais matériel, précisant que les écouvillons étaient manquants.

Une équipe de secours du Magen David Adom portant des vêtements de protection après avoir transporté un homme suspecté d’être infecté par le coronavirus au centre médical Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, le 20 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Un rapport du contrôleur de l’État rédigé avant la crise du coronavirus a révélé un manque de planification stratégique, de financement, d’équipement et de préparation générale du service de santé.

Le rapport met en garde contre un manque de lits d’hôpitaux et de chambres d’isolement, des unités de soins intensifs mal équipées et un manque de coopération entre les ministères de la Santé et de la Défense.

Basé sur un audit de différents ministères réalisé entre février et octobre 2019, le rapport, intitulé « L’état de préparation du système de santé pour faire face aux pandémies », traite de la possibilité d’une épidémie de type COVID-19, mais examine également l’état de préparation du gouvernement pour d’autres épidémies survenues plus récemment, telles que la rougeole et la leishmaniose.

Le rapport a révélé que le ministère de la Santé n’avait pas de plan pour fournir à ses hôpitaux suffisamment de lits et de personnel pour de tels scénarios.

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