Israël « paiera le prix » si les pressions d’Abbas à Gaza continuent, dit le Hamas
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Israël « paiera le prix » si les pressions d’Abbas à Gaza continuent, dit le Hamas

Le groupe terroriste a clamé que Jérusalem "a la responsabilité de mettre fin" aux sanctions de l'Autorité palestinienne contre l'enclave

Des manifestants palestiniens portent des pneus à brûler lors d'un rassemblement le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l'est de la ville de Gaza, le 17 août 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Des manifestants palestiniens portent des pneus à brûler lors d'un rassemblement le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l'est de la ville de Gaza, le 17 août 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le Hamas a averti vendredi qu’Israël « paiera le prix » du maintien éventuel par l’Autorité palestinienne de ses pressions économique et politique sur la bande de Gaza.

« C’est Israël qui paiera le prix si les sanctions du [président de l’Autorité palestinienne] continuent ou s’intensifient », a dit le groupe. « C’est Israël qui a la responsabilité de mettre fin à la situation actuelle coordonnée et encouragée [par Abbas] ».

Le parti du Fatah d’Abbas, qui domine l’AP, et le Hamas sont profondément divisés depuis plus d’une décennie. Le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire Israël, a pris le contrôle de Gaza des mains de l’Autorité palestinienne et plusieurs tentatives de réconciliation ont échoué.

Le gouvernement de l’AP a mis la pression sur le Hamas pour trouver un accord de réconciliation et il a, au début de l’année, commencé par ne plus payer les factures d’électricité, mettant également un terme à d’autres soutiens financiers, pour obliger le Hamas à céder du terrain à Gaza.

Abbas demande à ce que le Hamas remette le contrôle total de Gaza à l’AP et que la transition s’effectue en une seule fois plutôt que par étapes.

Il a mis en garde contre un accord présumé qui prendrait forme entre Israël et le Hamas concernant un cessez-le-feu à long-terme avec Gaza s’il devait ne pas inclure l’Autorité palestinienne.

Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’exprime au cours d’une réunion avec le comité central palestinien dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 août 2018 (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Selon un article publié cette semaine dans le quotidien Al-Hayat, basé à Londres, Abbas a insisté sur le fait que les efforts égyptiens visant à négocier un accord accordaient la priorité à une réconciliation entre le Fatah et le Hamas et que l’Organisation de Libération de la Palestine, qu’il préside, jouait un rôle central pour la mise en place d’un cessez-le-feu.

Samedi dernier, Abbas a averti qu’il ne pourrait y avoir deux entités gouvernant les terres palestiniennes, déclarant que si l’AP n’obtenait pas le contrôle complet de la bande de Gaza, le Hamas devrait assumer la pleine responsabilité du territoire. Il a tenu ces propos lors d’une rencontre du conseil central palestinien, second organe décisionnaire le plus important de l’OLP.

Et la semaine dernière, Abbas aurait refusé de rencontrer le chef des renseignements égyptiens Abbas Kamel pour montrer son mécontentement d’être tenu à l’écart des négociations d’une trêve. Kamel a été impliqué dans les efforts de réconciliation entre le Hamas et le parti du Fatah d’Abbas, ainsi que dans les pourparlers de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël.

Mardi, le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a clamé que la fin du blocus exercé par Israël sur la bande de Gaza – qui dure depuis plus d’une décennie – était « à portée de main ».

Des négociations indirectes entre le Hamas et Israël incluraient des discussions sur un allègement du blocus mais aucunement sur une levée totale de ce dernier. Selon Israël, le blocus est en en place pour empêcher les armes et autres équipements militaires de pénétrer au sein de l’enclave côtière.

Ces derniers mois, il y a eu des séries répétés de violences intenses entre l’Etat juif et le Hamas, ainsi que des manifestations hebdomadaires organisées sur la frontière avec Gaza qui ont été l’occasion d’émeutes, d’attaques lancées contre les soldats israéliens et de tentatives d’infiltration et de sabotage de la clôture frontalière.

Environ 170 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début du mouvement de protestation hebdomadaire, a fait savoir un ministère du Hamas. Le groupe terroriste a reconnu que des dizaines de morts appartenaient à ses rangs.

Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien.

En plus des affrontements à la frontière, le sud d’Israël a été en proie à des centaines de feux en résultat de cerfs-volants et de ballons incendiaires lancés par-delà la frontière avec Gaza. Plusieurs milliers d’hectares de terre ont été anéantis, causant des dégâts estimés à plusieurs millions de shekels, selon les autorités israéliennes.

L’AFP a contribué à cet article.

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