Abbas: si l’AP ne récupère pas Gaza, le Hamas en endossera la responsabilité
Rechercher

Abbas: si l’AP ne récupère pas Gaza, le Hamas en endossera la responsabilité

Le chef palestinien a déclaré que les Territoires doivent être "sous le régime d'un état, d'une loi" et demande à l'Assemblée générale de condamner la loi sur l'État-nation

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours le 15 août 2018. (Crédit : WAFA)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours le 15 août 2018. (Crédit : WAFA)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a prévenu samedi qu’en l’absence de réconciliation palestinienne, le Hamas serait tenu pour responsable de ce qui se déroule dans la bande de Gaza, si l’AP ne récupère pas le contrôle de l’enclave.

« Soit nous prenons la responsabilité de la Cisjordanie et de la bande de Gaza sous le régime d’un État, d’une loi et d’une arme, soit le [Hamas] en prendra la responsabilité », a-t-il dit durant un discours lors de la fermeture du Conseil central palestinien, le second organe décideur de l’OLP.

Bien que les propos d’Abbas auraient pu être interprétés comme si le Hamas pouvait prendre contrôle de la Cisjordanie – et c’est ainsi que des médias israéliens ont rapporté ce discours – il semble avoir voulu plutôt dire que le Hamas ne sera plus en mesure de se laisser porter par l’AP dans la bande de Gaza. Un membre de la commission exécutive de l’OLP, présent lors de ce meeting, a confirmé au Times of Israël qu’Abbas ne parlait que de l’entière responsabilité du Hamas à Gaza.

La réconciliation avec le Hamas, a déclaré Abbas, « n’est pas synonyme de trêve, de cessez-le-feu, d’assistance humanitaire. La réconciliation signifie la restauration de l’unité. Il n’y a pas d’État à Gaza, et une autonomie en Cisjordanie n’acceptera pas cela. Nous n’accepterons jamais la séparation entre Gaza [et la Cisjordanie]. »

Abbas a également déclaré que l’AP demanderait à l’Assemblée générale de condamner la loi sur l’Etat-nation, lorsqu’elle se réunira à nouveau en septembre.

La loi sur l’État-nation, que la Knesset a adoptée par 62 voix contre 55 le 19 juillet, a consacré Israël en tant que « foyer national du peuple juif » et a déclaré que « le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif ». Elle a également reconnu les fêtes juives, les journées de commémoration, et l’hébreu comme langue nationale de l’État et s’est engagée à encourager l’implantation juive.

Abbas l’a qualifiée de loi « raciste et fasciste ».

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon a répondu aux menaces d’Abbas à la radio militaire : « chaque année, avant l’Assemblée générale, les Palestiniens préparent une action propagandiste. C’est une démarche ridicule. » Il s’est engagé à réagir à toute action de ce type.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon durant une brève conférence de presse avant une réunion du conseil de sécurité au siège de l’ONU, à New York, le 24 juillet 2018 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le dirigeant palestinien a accusé Israël d’avoir « violé tous les accords, y compris ceux d’Oslo, que j’ai signés. Nous en avons bénéficié, mais ils ont commencé à le détruire. Et ils l’ont détruit. C’est pourquoi, Oslo ne perdurera pas si la situation reste telle quelle. »

Il a également réaffirmé qu’aucun lien avec les Etats-Unis ne sera restauré si Washington ne revient pas sur sa reconnaissance de Jérusalem.

« Nous devons garder l’espoir que l’État palestinien finira par venir, un qu’un drapeau palestinien flottera sur Jérusalem », a-t-il dit.

Le président de l’AP a également soutenu « la résistance populaire ».

« Nous ne devons pas sous-estimer la résistance populaire et la terre doit rester enflammée par la résistance populaire. »

Les termes « résistance populaire » font généralement référence aux manifestations non-violentes et à la confrontation avec Israël.

Vendredi, les responsables du Hamas ont annoncé que des pourparlers sur un cessez-le-feu à long terme ont été suspendus jusqu’à la fin d’une fête musulmane à la fin du mois.

Quelques heures plus tôt, un responsable du Hamas avait déclaré que les négociations au sujet d’un cessez-le-feu à long terme en étaient « au stade final ».

La chaîne télévisée libanaise a cité Kahlil al-Hayya, qui expliquait que l’accord se baserait sur des accords conclus à la fin de la guerre de 2014. Il n’a pas donné davantage de détails.

Le leader politique du Hamas Khalil al-Hayya durant une conférence de presse à la fin de deux jours de négociations à huis-clos sur au Caire le 22 novembre 2017. (Crédit : AFP/ MOHAMED EL-SHAHED)

Il s’exprimait depuis Le Caire, où une délégation du Hamas a été dépêchée pour négocier un accord avec la médiation de l’Egypte et des Nations unies.;

Jeudi, Nadav Argaman, chef de l’agence de sécurité du Shin Bet, a prévenu les ministres a averti les ministres du cabinet que le fait d’exclure l’Autorité palestinienne (AP) d’un accord de cessez-le-feu à long terme entre Israël et le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza enverra le message que le terrorisme est récompensé, a rapporté la télévision israélienne.

Selon le reportage de Hadashot TV, Nadav Argaman a également déclaré aux membres du cabinet de sécurité qu’une trêve qui ignore le président de l’AP Mahmoud Abbas renforcerait le Hamas en Cisjordanie, où l’AP qui est internationalement reconnue est basée.

Le Hamas et l’AP sont en profond désaccord depuis que le groupe terroriste a pris violemment le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Un certain nombre d’accords de réconciliation n’ont pas réussi à aplanir leurs divergences, le dernier en date étant un accord parrainé par l’Égypte signé en octobre.

Le jeudi, Abbas a refusé de rencontrer le chef du renseignement égyptien Abbas Kamel, a rapporté la Dixième chaîne israélienne. Kamel a participé aux efforts de réconciliation entre le Hamas et le Fatah d’Abbas, ainsi qu’aux pourparlers de cessez-le-feu à la frontière de Gaza.

Kamel est arrivé en Israël mercredi, où il a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et le chef du Shin Bet Nadav Argaman pour discuter du cessez-le-feu avec le Hamas.

Plus tôt jeudi, une chaîne de télévision libanaise a rapporté que l’accord à long terme durera un an et verra l’établissement d’une liaison maritime entre Gaza et Chypre. Israël contrôlera la sécurité du trafic maritime entre l’enclave côtière palestinienne et Chypre, selon le rapport de la chaîne de télévision al-Mayadeen.

Israël a imposé un blocus à Gaza depuis que le Hamas, qui a prêté serment de destruction d’Israël, s’est emparé du territoire de l’Autorité palestinienne. Israël dit que le blocus est en place afin d’empêcher les armes et autres équipements militaires d’entrer dans la bande de Gaza.

Le Hamas a mené trois guerres avec Israël au cours de la dernière décennie.

L’Égypte, elle aussi, a en grande partie maintenu le passage de la frontière de Gaza fermé, pendant des années, suite à ses mauvaises relations avec le groupe islamiste au pouvoir à Gaza.

Deux civils israéliens apparemment malades mentalement – Avera Mengistu et Hisham al-Sayed – qui sont entrés de leur propre gré à Gaza en 2014 et 2015, respectivement, sont actuellement détenus par le Hamas, ainsi que les dépouilles de deux soldats de l’armée israélienne tués, Hadar Goldin et Oron Shaul.

Leurs familles ont mis le gouvernement en garde contre un accord qui ne prévoirait pas leur retour.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...