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Israël rejoint le plan US visant à ce que les gouvernements n’émettent plus de CO2

Plus de 50 pays prépareront des plans de travail en vue de la conférence sur le climat de l'ONU COP28, qui se tiendra à Dubaï l'année prochaine

L'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, John Kerry, la ministre sortante de l'Environnement, Tamar Zandberg, à sa droite, dans un costume vert, et Dekel Cohen, du bureau du comptable général du ministère des Finances, à l'extrême gauche, au milieu des dirigeants et fonctionnaires qui se sont engagés à faire en sorte que leurs gouvernements atteignent un bilan carbone neutre d'ici 2050, au pavillon des États-Unis, lors de la conférence sur le climat COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte. (Crédit : Ministère de l’Environnement)
L'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, John Kerry, la ministre sortante de l'Environnement, Tamar Zandberg, à sa droite, dans un costume vert, et Dekel Cohen, du bureau du comptable général du ministère des Finances, à l'extrême gauche, au milieu des dirigeants et fonctionnaires qui se sont engagés à faire en sorte que leurs gouvernements atteignent un bilan carbone neutre d'ici 2050, au pavillon des États-Unis, lors de la conférence sur le climat COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte. (Crédit : Ministère de l’Environnement)

Les ministères des Finances et de l’Environnement ont annoncé jeudi qu’Israël se joignait à une initiative de la Maison Blanche visant à atteindre un bilan carbone neutre d’ici 2050 dans toutes les activités gouvernementales, dans le but de réduire les émissions liées au dérèglement climatique et de donner l’exemple.

Un communiqué du ministère de l’Environnement explique qu’en tant que plus gros employeurs – tous secteurs confondus – les gouvernements possèdent de grandes quantités de biens immobiliers et de véhicules, et achètent des biens et des services en grande quantité. Ce faisant, ils contribuent également de manière significative aux émissions, d’origine humaine, qui alimentent le dérèglement climatique.

Le concept de « zéro émission nette » se réfère à une situation dans laquelle un pays réduit ses émissions autant que possible et compense ce qu’il est encore amené à émettre. Cela peut être réalisé en investissant dans des projets de réduction ou de séquestration (absorption) du dioxyde de carbone dans l’air, soit en l’utilisant dans l’industrie, soit en le convertissant sous une forme susceptible d’être enfouie pendant longtemps.

Jeudi, lors de la conférence sur le climat de l’ONU COP27, qui se tient à Charm el-Cheikh, Dekel Cohen, un haut fonctionnaire du bureau du comptable-général du ministère israélien des Finances, et la ministre sortante de l’Environnement, Tamar Zandberg, se sont joints aux représentants de plus de 50 gouvernements lors d’un événement auquel assistait également l’envoyé américain pour le climat, John Kerry, pour célébrer leur participation au projet de la Maison Blanche et du gouvernement canadien, la Green Governments Initiative (l’Initiative des gouvernements verts). L’objectif est de partager les connaissances et d’agir conjointement pour promouvoir l’activité environnementale au niveau des États.

Cohen, qui est responsable des biens et de la logistique du gouvernement, a déclaré que dans le cadre de l’initiative américaine, son bureau formulerait un plan de travail pour 2050 qui comprendrait également des objectifs intermédiaires.

Les plans de travail de tous les gouvernements participants doivent être prêts pour la COP28, qui se tiendra à Dubaï l’année prochaine.

Israël sera à la tête d’un groupe sur les flottes de véhicules verts, ayant rejoint d’autres pays il y a environ un mois en s’engageant à ce que la flotte de véhicules gouvernementaux d’Israël soit à zéro émission d’ici 2035.

« Le gouvernement d’Israël rejoint aujourd’hui un ensemble de gouvernements qui s’engagent à servir d’exemple et à mener le marché vers des objectifs de zéro émission nette d’ici 2050 », a déclaré Zandberg.

Toujours en collaboration avec le ministère de l’Environnement, ainsi qu’avec d’autres ministères, le bureau du comptable-général a publié un cadre pour les obligations vertes. Celles-ci visent à fournir des fonds pour des projets nouveaux, ou déjà existants, qui sont durables et bénéfiques pour la planète. Ce cadre ouvre la voie à l’émission future de tels fonds par le gouvernement dans le cadre de sa stratégie de gestion de la dette.

Le comptable-général, Yali Rothenberg, a déclaré que son département « attache une grande importance à la lutte contre la crise climatique et à la réduction des émissions créées par les activités du gouvernement dans le cadre de la réalisation des objectifs climatiques et de l’engagement défini par le gouvernement ».

Il a déclaré vouloir promouvoir des projets dans des domaines tels que la production d’énergie solaire (y compris l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments gouvernementaux), le dessalement des eaux, le compostage, la construction de bâtiments à faible émission et la garantie que les politiques et les performances environnementales, sociales et de gouvernance seront transparentes.

Yuli Edelstein, l’ancien président de la Knesset, à gauche, et Ronen Flut, l’ancien directeur-général de la Knesset, dans un champ solaire en dehors de la Knesset, le 29 mars 2015. (Crédit : Knesset)

La participation du ministère des Finances aux politiques liées au climat est essentielle.

Juste avant la conférence des Nations unies sur le climat COP26, qui s’était tenue à Glasgow l’année dernière, le Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett, et la ministre de l’Énergie, Karine Elharrar, s’étaient engagés verbalement à ce qu’Israël soit neutre en carbone d’ici 2050.

Mais cette promesse n’a jamais été ancrée dans un document officiel – ni dans une loi, ni même dans une décision gouvernementale. Cela s’explique d’abord par l’opposition du ministère des Finances, puis, après la convocation de nouvelles élections, par celle du ministère de la Justice, qui avait déclaré qu’une telle politique ne pouvait être décidée par un gouvernement de transition.

Le ministère des Finances n’a cessé d’entraver les efforts du ministère de l’Environnement visant à engager formellement le gouvernement à atteindre divers objectifs. En juin, un projet de loi sur le climat avait été présenté devant la Knesset sous une forme très légère ; il était passé en première lecture.

Cependant, début 2020, un forum des régulateurs de la finance verte a été créé sous la présidence de l’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Karnit Flug, avec une représentation volontaire des régulateurs financiers, de la Banque d’Israël, du comptable-général du ministère des Finances, du Conseil économique national au sein du bureau du Premier ministre, des ministères de l’Environnement et de la Justice, et de Daphna Aviram-Nitzan et Erez Sommer de l’Institut israélien de la démocratie.

Le forum se réunit tous les deux à trois mois pour échanger des informations et s’informer des développements encours à l’international.

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