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Israël s’inspire de la taxonomie de l’UE pour guérir la planète

Le ministère de l'Environnement veut promouvoir un étiquetage écologique des produits et des entreprises et aider les sociétés à élaborer des plans pour atteindre des émissions nettes nulles

Un panneau met en garde contre l'eau polluée à l'extérieur de la ville de Haïfa, dans le nord du pays, le 18 mai 2013. (Crédit : Shay Levy/Flash 90)
Un panneau met en garde contre l'eau polluée à l'extérieur de la ville de Haïfa, dans le nord du pays, le 18 mai 2013. (Crédit : Shay Levy/Flash 90)

Le ministère de l’Environnement a présenté mercredi deux initiatives visant à inciter les secteurs financier et commercial à renoncer aux activités qui exacerbent le dérèglement climatique et à adopter des mesures qui pourraient aider la planète à guérir.

La plus importante des deux initiatives est une taxonomie « verte » – un ensemble détaillé de définitions expliquant comment une entreprise, un investissement ou un produit financier, tel qu’un fonds, peut être respectueux de l’environnement ou vert. Elle est le précurseur de l’étiquetage écologique des produits et des entreprises.

Le projet de taxonomie, qui a été soumis aux avis de la population et dévoilé plus tard dans la journée de mercredi lors du Climate Solutions Festival dans le centre d’Israël, est basé sur la taxonomie de l’Union européenne (UE), un élément clé des efforts déployés par l’UE pour devenir le premier continent à ne produire aucune émission d’ici 2050.

Les sociétés, ainsi que les organismes financiers qui les financent, tels que les banques, les caisses de retraite et d’épargne et les compagnies d’assurance, sont soumises à des pressions plus ou moins importantes à travers le monde pour rendre publics les risques climatiques liés à ladite société. Cela implique, dans le meilleur des cas, le risque que le changement climatique fait peser sur leurs activités ou leurs investissements. Dans d’autres cas, cela peut impliquer la transparence sur les dangers que leurs activités ou leurs investissements représentent pour le climat et l’environnement.

L’une des plateformes les plus courantes pour divulguer ces risques est appelée ESG – Environment, Social and Governance (Environnement, Social et Gouvernance) – qui combine des données sur un large éventail de questions pour classer la durabilité des entreprises et des produits.

Mais en l’absence de normes strictes et uniformes pour l’établissement de ces classements, les scores ESG sont difficiles à comparer et ont été utilisés pour éco-blanchir à la fois des activités commerciales et des produits financiers tels que des fonds d’investissement.

Poissons de la rivière Alexander, dans le centre d’Israël, tués par des toxines industrielles. (Crédit : Dr. Ran Farhi)

La taxonomie européenne – et maintenant israélienne – entend mettre fin à cette situation.

Dans les deux cas, une organisation devra montrer que ses activités contribuent à au moins un des six objectifs environnementaux, sans enfreindre les cinq autres. Ces objectifs sont l’atténuation (réduction) du changement climatique ; l’adaptation aux effets du changement climatique ; l’utilisation durable et la protection des ressources en eau et des ressources marines ; la transition vers une économie circulaire (dans laquelle les matériaux sont recyclés ou réutilisés) ; la prévention et le contrôle de la pollution ; et la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

La taxonomie israélienne, qui sera dans un premier temps volontaire, se divise en plusieurs domaines : industrie manufacturière ; énergie ; eau, égouts et déchets ; transports ; bâtiment et immobilier ; données et communications ; et activités professionnelles, scientifiques et techniques.

Chaque chapitre se décompose en sous-chapitres. Par exemple, le chapitre « Bâtiment et immobilier » contient des sous-rubriques sur les nouveaux bâtiments, la rénovation des bâtiments existants, les équipements pour l’efficacité énergétique, la recharge des voitures électriques et les énergies renouvelables telles que les panneaux solaires.

Déchets de démolition. (Crédit : Petr K/CC BY 2.5/Wikimedia Commons)

Chaque sous-rubrique est ensuite décomposée en fonction de la manière dont elle peut répondre à chacun des six objectifs environnementaux. Pour qu’un nouveau bâtiment soit classé comme vert, par exemple, il pourrait juste répondre aux critères de l’économie circulaire, qui incluent la réutilisation d’au moins 70 % des déchets de construction non toxiques générés par la construction.

Le projet de taxonomie israélienne peut être consulté en hébreu uniquement et les commentaires peuvent être envoyés à taxonomy@sviva.gov.il avant le 31 janvier 2023.

Le deuxième projet lancé mercredi par le ministère de l’Environnement s’intitule « Zero Hour » et vise à aider les sociétés à élaborer des plans pour atteindre des émissions nettes nulles. Les personnes intéressées peuvent contacter zerohour@sviva.gov.il.

L’expression « Net Zéro » désigne une situation dans laquelle un pays ou une entreprise réduit ses émissions de carbone au maximum et compense ce qu’il lui reste à émettre. Cela peut se faire en investissant dans des projets qui réduisent les émissions ou qui séquestrent (absorbent) le dioxyde de carbone de l’air et l’utilisent dans l’industrie ou le convertissent en une forme qui peut être enfouie pendant longtemps.

Toutes les entreprises israéliennes d’une certaine taille communiquent leurs émissions, et ils vont continuer à le faire. Le nouveau plan vise à les aider à créer une stratégie et des plans d’action pour réduire progressivement leurs émissions et les ramener à zéro d’ici 2050.

Dans un communiqué de presse publié cette semaine, le ministère a déclaré : « Une organisation qui adhère à l’initiative bénéficiera de nombreux avantages, parmi lesquels : l’efficacité dans la consommation des ressources et la réduction des coûts grâce à l’utilisation de technologies et de méthodes de production plus propres et plus efficaces ; une exposition réduite aux risques liés à la crise du climat et une attractivité accrue en matière de levée de capitaux ; un avantage concurrentiel dans un monde qui évolue vers des achats à faible teneur en carbone ; la preuve de leadership climatique et de responsabilité corporative ; et la création d’un impact environnemental et social. »

Sur cette photo non datée, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett est assis avec la ministre de l’Énergie Karine Elharrar lors de la conférence COP26 à Glasgow, en Écosse, en novembre 2021. (Crédit : Autorisation)

Lundi, le ministère de l’Environnement a déclaré qu’il n’avait pas réussi à concrétiser une promesse verbale faite il y a un an par le Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett, selon laquelle Israël atteindrait des émissions nettes de carbone nulles d’ici 2050.

Bennett avait fait cette promesse juste avant la conférence sur le climat de l’ONU COP26 à Glasgow en 2021, aux côtés de la ministre de l’Énergie Karine Elharrar. Il avait alors déclaré à son entourage que cet engagement devrait de toute façon être pris tôt ou tard.

La ministre de l’Environnement, Tamar Zandberg, a déclaré lors d’un point de presse lundi que le ministère de la Justice s’était prononcé contre l’adoption d’une telle mesure par le gouvernement, à l’approche des élections de la semaine prochaine.

Les tentatives faites plus tôt dans l’année pour inclure l’engagement zéro net dans le projet de loi sur le climat ont également échoué, principalement en raison de l’opposition du ministère des Finances. Ce projet de loi a été adopté en première lecture en mai, mais il n’engage Israël qu’à réduire ses émissions de 85 % d’ici 2050, par rapport à une référence de 2015.

La COP27 se tiendra dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh du 6 au 18 novembre.

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