Israël s’intéresse à un projet de logements à Jérusalem-Est
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Israël s’intéresse à un projet de logements à Jérusalem-Est

Le bureau de Bennett dit qu'il n'a pas été informé avant que le ministère du Logement n'inscrive le projet de construction controversé au registre des approbations préliminaires

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

La zone industrielle d'Atarot, avec la banlieue de Ramallah, Kafr Aqab, en arrière-plan. (Miriam Alster/Flash90)
La zone industrielle d'Atarot, avec la banlieue de Ramallah, Kafr Aqab, en arrière-plan. (Miriam Alster/Flash90)

Le ministère du Logement cherche à faire avancer un projet de logements controversé à Jérusalem-Est dans les semaines qui précèdent la visite attendue du Premier ministre Naftali Bennett à Washington.

Le ministère a mis à l’ordre du jour d’une réunion du Comité de planification et de construction du district de Jérusalem, qui aura lieu en décembre, un projet de 9 000 logements pour agrandir le quartier d’Atarot, a rapporté lundi le site d’information Walla. Le nouveau quartier serait situé sur le site de l’aéroport d’Atarot, qui est inactif depuis l’éclatement de la Seconde Intifada en 2000.

Un responsable israélien a confirmé au Times of Israel que le projet avait bien été inscrit, mais a précisé que le bureau du Premier ministre n’avait pas été informé à l’avance de cette initiative.

La semaine dernière, une source de la coalition proche de Bennett a déclaré que le bureau du Premier ministre envisageait d’agir pour retarder un verdict à venir dans une affaire controversée d’expulsion de Jérusalem qui a été entendue par la Cour suprême lundi, en raison de la crainte qu’un jugement contre les familles palestiniennes ne tende les relations avec les États-Unis avant le voyage de Bennett.

Le projet Atarot ne recevrait qu’une approbation initiale de planification s’il reste à l’ordre du jour de décembre et nécessitera encore plusieurs autorisations ultérieures avant que les travaux ne puissent commencer. Mais toute avancée du plan, qui est au point mort depuis plusieurs années en raison de la pression internationale, serait significative.

À la suite d’une rupture diplomatique avec l’administration Obama en 2010, lorsque le ministère du Logement – à l’insu du Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu – avait avancé un autre projet controversé à Jérusalem-Est, alors que le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, était en visite en Israël, le gouvernement Netanyahu a cherché à créer un mécanisme par lequel le cabinet du Premier ministre serait tenu au courant de l’approbation de tels projets de logement diplomatiquement sensibles à Jérusalem-Est.

Le premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, à gauche, serre la main de son successeur, le nouveau premier ministre Naftali Bennett, après une session spéciale pour voter sur un nouveau gouvernement à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Emmanuel Dunand / AFP)

Mais la coordination intra-ministérielle n’a apparemment pas été maintenue par le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett.

Israël a annexé Jérusalem-Est après avoir capturé le territoire lors de la guerre des Six Jours en 1967, une décision non reconnue par une grande partie de la communauté internationale. Les Palestiniens considèrent la zone comme faisant partie de leur future capitale et se sont donc farouchement opposés à la construction dans des quartiers tels qu’Atarot, qui couperait en deux un continuum de zones palestiniennes s’étendant de Ramallah aux quartiers de Jérusalem-Est de Kafr Aqab et Qalandiya.

Bien que le ministère du Logement soit dirigé par Zeev Elkin, du parti de droite Tikva Hadasha, le bureau du ministre a déclaré à Walla qu’il n’avait pas donné la directive d’avancer le projet Atarot. Cependant, Elkin ne s’oppose pas non plus à la construction sur le principe, a déclaré le ministère du Logement.

Le plan de logement Atarot a été formulé pour la première fois sous le gouvernement Netanyahu en février 2020. Toutefois, il a rapidement été mis au placard en raison de l’opposition de l’administration Trump, qui avait réservé les zones prévues à des constructions pour les Palestiniens dans son plan de paix. En novembre dernier, Netanyahu a soulevé la question auprès de l’équipe de l’ancien président, mais n’a pas réussi à obtenir son approbation, et la construction a continué à stagner.

Le checkpoint de Qalandiya près de la zone industrielle d’Atarot, entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie, vu le 7 avril 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Si Netanyahu, durant son mandat, s’est plié aux pressions américaines contre la construction d’implantations, il a maintenu que la construction à Jérusalem-Est était unique par rapport à la Cisjordanie et qu’Israël ne demanderait pas l’approbation des États-Unis pour construire dans sa propre capitale. Dans le même temps, il avait finalement accepté d’éviter de surprendre les États-Unis avec de telles annonces et cette politique est restée en place sous les administrations Obama et Trump. On s’attend à ce que M. Bennett garde cette stratégie intacte alors qu’il cherche à renforcer les relations avec les États-Unis.

Deux hauts collaborateurs de Bennett – le président du Conseil de sécurité nationale Eyal Hulata et le conseiller diplomatique Shimrit Meir – étaient à Washington lundi pour des réunions avec leurs homologues américains avant la visite de Bennett.

Aucune date n’a été fixée pour cette visite, mais le bureau de M. Bennett espère qu’il pourra prendre l’avion dans les semaines à venir, après la pause estivale de la Knesset, dimanche.

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