A Washington, le nouveau conseiller à la sécurité nationale discute de l’Iran
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A Washington, le nouveau conseiller à la sécurité nationale discute de l’Iran

Eyal Hulata et Jake Sullivan se rencontrent pour la première fois, discutent également des mesures envers les Palestiniens et du prochain voyage du Premier ministre à Washington

Eyal Hulata sur une photo non datée. (Crédit : courtoisie)
Eyal Hulata sur une photo non datée. (Crédit : courtoisie)

Le nouveau président du Conseil national de sécurité israélien, Eyal Hulata, a rencontré son homologue américain à la Maison Blanche, Jake Sullivan, lundi à Washington, lors de discussions axées sur l’Iran et les Palestiniens. 

Cette rencontre a marqué la première réunion en personne entre les conseillers des nouveaux dirigeants des deux pays, les contacts s’étant jusqu’à présent déroulés virtuellement. Les discussions ont eu lieu avant la prochaine visite du Premier ministre Naftali Bennett à Washington. 

« M. Sullivan et le Dr Hulata ont discuté des défis stratégiques dans la région, y compris la menace posée par l’Iran, et ont convenu de se consulter étroitement sur ces questions », selon un compte rendu américain de la réunion. 

La discussion a eu lieu quelques jours après l’attaque d’un pétrolier exploité par Israël au large des côtes d’Oman, qu’Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni ont imputée à l’Iran. Deux personnes, un ressortissant britannique et un ressortissant roumain, ont été tuées dans l’attaque au drone. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a promis qu’il y aurait une « réponse collective » à l’Iran. 

« Ils ont également échangé leurs points de vue sur les opportunités dans la région, y compris l’avancement de la normalisation des relations entre Israël et les pays du monde arabe et musulman et les récents développements positifs dans les relations d’Israël avec la Jordanie », indique le communiqué. 

« M. Sullivan a également souligné l’importance de poursuivre les mesures positives liées aux Palestiniens, qui sont essentielles pour la paix, la sécurité et la prospérité. »

Le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan s’exprime lors d’un point de presse à la Maison Blanche, jeudi 4 février 2021,à Washington. Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Avant le voyage de M. Bennett à Washington, le ministère israélien du Logement cherche à faire avancer un projet de logement controversé à Jérusalem-Est, qui devrait susciter la colère des Palestiniens. Le ministère a mis à l’ordre du jour d’une réunion de décembre du Comité de planification et de construction du district de Jérusalem un projet de 9 000 logements pour agrandir le quartier d’Atarot, a rapporté lundi le site d’information Walla. Le nouveau quartier serait situé sur le site de l’aéroport d’Atarot, qui est inactif depuis l’éclatement de la seconde Intifada en 2000. 

Un responsable israélien a confirmé au Times of Israel que le projet avait bien été inscrit au registre, mais a précisé que le bureau du Premier ministre n’avait pas été informé à l’avance de cette décision.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le président américain Joe Biden. (Crédit : image composite : AP, Flash 90)

Suite à un désaccord diplomatique avec l’administration Obama en 2010, lorsque le ministère du logement – à l’insu du Premier ministre de l’époque Benjamin Netanyahu – avait avancé un autre projet controversé à Jérusalem-Est alors que le vice-président américain de l’époque Joe Biden était en visite en Israël, le gouvernement Netanyahu avait cherché à créer un mécanisme par lequel le bureau du Premier ministre serait tenu au courant de l’approbation de tels projets de logement diplomatiquement sensibles à Jérusalem-Est. 

Selon la Maison Blanche, M. Sullivan et M. Hulata ont également « discuté de la prochaine visite à Washington du Premier ministre israélien Bennett, et M. Sullivan a fait savoir que le président Biden était impatient d’accueillir chaleureusement le Premier ministre Bennett à la Maison Blanche prochainement. » 

Le mois dernier, le président américain Joe Biden a invité M. Bennett à se rendre à la Maison Blanche. L’invitation avait été relayée au président de l’époque, Reuven Rivlin, lors d’une visite, ce dernier ayant déclaré que Biden souhaitait que sa première rencontre avec Bennett ait lieu « dès que possible ».

Mais le Premier ministre aura du mal à quitter le pays avant le début des vacances d’été de la Knesset, le 8 août, étant donné la faible majorité de la coalition au Parlement (61-59). Prendre l’avion en août compliquerait toutefois les réunions au Capitole, car le Congrès américain sera également en vacances ce mois-là. 

Un responsable du parti Yamina de Bennett a déclaré que le Premier ministre souhaite également que le prochain ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis soit déjà en poste à Washington à son arrivée, bien que le bureau du Premier ministre soit toujours en train de rechercher des candidats pour ce poste. Dans l’intervalle, Gilad Erdan est resté en poste en tant qu’émissaire. Erdan doit rester aux États-Unis pour continuer à occuper son deuxième poste d’ambassadeur auprès de l’ONU. 

S’il n’est pas en mesure de se rendre à Washington en août et que la visite est reportée à septembre, M. Bennett pourrait essayer d’élargir son itinéraire pour inclure un arrêt à New York pour s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies, a déclaré le responsable de Yamina, reconnaissant que le Premier ministre devra également s’adapter au calendrier serré de la Maison Blanche. 

Le mois dernier, un responsable israélien a confirmé que l’administration Biden avait accepté de retarder le projet de réouverture du consulat américain à Jérusalem pour les Palestiniens jusqu’à ce que le nouveau gouvernement israélien ait adopté un budget, maximum début novembre.
 
Les États-Unis se méfient des mesures qui pourraient déstabiliser la coalition naissante de Bennett et provoquer le retour de l’ancien Premier ministre Netanyahu, a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat.

Cette photo du lundi 4 mars 2019 montre le bâtiment du consulat des États-Unis à Jérusalem. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le consulat, qui desservait principalement la population palestinienne de Jérusalem-Est et de Cisjordanie, a été officiellement fermé en 2019 par l’ancien président américain Donald Trump dans le cadre du transfert de l’ambassade à Jérusalem par l’administration. Une grande partie du personnel de la mission historique de la rue Agron a conservé les mêmes emplois au même endroit, mais sous une unité des affaires palestiniennes nouvellement nommée, formée sous l’égide plus large des relations américaines avec Israël, considérée comme une dégradation de facto des liens que Biden tient à inverser. 

Le gouvernement de Bennett a demandé ce délai, expliquant que les membres de l’opposition utiliseraient la réouverture d’une mission de facto auprès des Palestiniens à Jérusalem pour enfoncer un coin dans la coalition encore verte, a déclaré le fonctionnaire. 

Le nouveau gouvernement, composé d’un ensemble de partis issus de l’ensemble de l’échiquier politique, doit encore se mettre d’accord sur l’adoption d’un budget avant de pouvoir être considéré comme suffisamment stable pour résister aux critiques de l’opposition. Il a jusqu’au 4 novembre, sinon des élections seront convoquées. Lundi, le budget a été approuvé par le cabinet. Il nécessite encore trois votes de la Knesset pour être adopté.

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