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Italie : Les propos anti-Israël de candidats troublent la campagne électorale

Le candidat du Parti démocrate de gauche a démissionné pour un post, en 2014, remettant en cause l'existence de l'État juif ; le chef de la faction réitère son soutien à Israël

Les Unes des journaux annonçant l'effondrement du gouvernement à Rome, le 22 juillet 2022. (Crédit : Andrew Medichini/AP)
Les Unes des journaux annonçant l'effondrement du gouvernement à Rome, le 22 juillet 2022. (Crédit : Andrew Medichini/AP)

Des accusations d’antisémitisme et d’attitudes anti-Israël parmi plusieurs membres du Parti démocrate de gauche, en Italie, ont été lancées ces dernières semaines, ébranlant certains candidats en amont des élections parlementaires qui auront lieu le mois prochain dans le pays.

Une série de posts anciens publiés sur les réseaux sociaux par les membres les plus jeunes du Parti démocrate ont récemment refait surface et ont été fustigés par les adversaires politiques de la formation. Un post en particulier accusait les Israéliens de se conduire comme Hitler, et un autre niait l’existence de l’État juif.

L’agence de presse ANSA a fait savoir, lundi, que Youness Tahiri, conseiller du Parti démocrate à Lavis, dans le nord de l’Italie, avait écrit une publication sur Twitter affirmant que les Israéliens « devraient être les premiers à comprendre ce que signifie se faire massacrer dans la mesure où un certain Hitler les avait exterminés, et ils font pourtant subir la même chose » aux Palestiniens.

Alessandro Bertoldi, président de l’Alliance pour Israël, a expliqué dans une déclaration faite à l’agence de presse qu’avec la publication de Tahiri, c’était le troisième jour consécutif « d’affirmations délirantes, de haine pour Israël et pour ses citoyens de la part d’un représentant politique institutionnel ».

La semaine dernière, Raffaele La Regina, autre candidat du même parti et dirigeant de sa division Basilicata dans le sud du pays, avait présenté sa démission pour avoir déclaré, dans le passé, qu’Israël n’existait pas, des propos qui avaient, eux aussi, refait surface.

Ainsi, dans une publication sur les réseaux sociaux, il y a neuf ans, il avait comparé Israël aux extra-terrestres, écrivant « qu’aucun d’entre eux n’existe ».

La Regina a présenté ses excuses lors d’une conférence de presse, ce week-end, affirmant n’avoir jamais remis en cause le droit à l’existence d’Israël.

Dans un post publié samedi sur Twitter, il a écrit que « quand vous avez vingt ans, vous dites et vous pensez beaucoup de choses. Ensuite, vous mûrissez, vous étudiez, vous changez d’avis ».

Il a expliqué qu’il renonçait à sa candidature « parce que le Parti démocrate passe en premier et parce que cette campagne électorale est trop importante pour être polluée de cette façon ».

Le leader du parti de la Ligue de droite, Matteo Salvini, a indiqué que de telles attitudes anti-Israël de la part de la gauche étaient « honteuses », les comparant aux sentiments antisémites qui auraient été affichés par les membres du Parti travailliste britannique lorsque son ancien leader, Jeremy Corbyn, était à sa tête, a fait savoir l’ANSA.

Le politicien italien Matteo Salvini visite le centre d’accueil italien de migrants de Lampedusa, le 4 août 2022. (Crédit : AP Photo/David Lohmueller)

Pour sa part, le leader du Parti démocrate, Enrico Letta, a répété le soutien apporté à l’État juif et au processus de paix au Moyen-Orient par sa formation.

Trois jours auparavant, Rachele Scarpa, 25 ans, candidate du Parti démocrate pour la région de Veneto, dans le nord-est de l’Italie, s’était trouvée sur la sellette après des critiques émises au sujet d’un post publié en 2021 où elle attirait l’attention sur une évaluation faite par Human Rights Watch qui affirmait qu’Israël avait mis en place un régime d’apartheid, a noté le site d’information News Italy 24.

Se défendant contre les déclarations des députés de droite qui fustigeaient ses propos, elle avait écrit qu’il était légitime de critiquer les politiques israéliennes quand, par le passé, l’État juif avait pu frapper les populations civiles pour assurer sa défense.

Scarpa a depuis indiqué qu’elle soutenait la solution à deux États au conflit israélo-palestinien. Elle a ensuite fait remarquer qu’elle s’était rendue sur le site du camp de concentration d’Auschwitz et qu’elle estimait qu’il était « absolument prioritaire » de combattre l’antisémitisme.

Les membres du Parti démocrate ont répondu aux critiques émises par les factions de droite dans un communiqué : « Nous ne nous soumettrons pas aux provocations et à des leçons d’antisémitisme de la part des héritiers politiques du parti fasciste qui avait imaginé, mis sur papier et mis en œuvre les lois raciales, et qui avait envoyé des milliers de Juifs italiens dans les camps de concentration et dans les camps d’extermination », a rapporté la Douzième chaîne israélienne.

Les élections italiennes, dont la tenue s’est imposée le mois dernier, sont prévues en date du 25 septembre. Le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (FDI) est actuellement en tête dans les sondages.

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