Israël en guerre - Jour 143

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Jean-Luc Mélenchon provoque un nouveau tollé après ses attaques contre Ruth Elkrief

Laurent Wauquiez accuse le chef des Insoumis "d’incarner politiquement le nouvel antisémitisme" ; Eric Ciotti l'a taxé de "sombre et vulgaire lanceur de fatwas"

Le chef de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à Paris, le 6 juin 2023. (Crédit : Archambault/AFP)
Le chef de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à Paris, le 6 juin 2023. (Crédit : Archambault/AFP)

Jean-Luc Mélenchon se retrouve sous le feu des critiques après s’être attaqué à la journaliste Ruth Elkrief, désormais sous protection policière. Le leader Insoumis est une nouvelle fois accusé d’enflammer les tensions sur fond de conflit au Proche-Orient et de montée des actes antisémites.

A la suite d’échanges tendus dimanche sur LCI entre Ruth Elkrief et le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur le Proche-Orient, Jean-Luc Mélenchon a accusé la présentatrice d’être une « manipulatrice » et une « fanatique » qui méprisait les musulmans.

Le groupe TF1 a apporté son soutien à la journaliste, déplorant des « invectives odieuses et insinuations déplacées ».

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin l’a placée sous protection policière, jugeant que le tribun LFI lui avait mis « une cible dans le dos », alors que se sont multipliés les actes antisémites en France depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Les réactions sont vives dans la classe politique.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a dénoncé une « attaque ignoble » du leader LFI.

La journaliste française Ruth Elkrief à Paris, le 16 février 2022. (Crédit : JOEL SAGET / AFP)

A droite, Eric Ciotti l’a taxé de « sombre et vulgaire lanceur de fatwas » et de « collabo des islamistes », Laurent Wauquiez l’accusant « d’incarner politiquement le nouvel antisémitisme », « probablement par pur cynisme électoral ».

A gauche, la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier lui a demandé sur X « d’effacer » ses déclarations contre Ruth Elkrief.

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon crée la polémique depuis l’attaque du 7 octobre du groupe terroriste palestinien du Hamas et la riposte israélienne.

Après son refus de qualifier le Hamas de terroriste, une attitude qui a entraîné la fin de l’union de gauche Nupes avec ses partenaires, il a multiplié les critiques contre le Crif, principale organisation juive de France, avec qui il a un long contentieux.

Il a aussi été accusé d’avoir utilisé des propos empruntant à la rhétorique antisémite pour s’en prendre à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

La présidente de l’Assemblée nationale française, Yael Braun-Pivet, s’adresse à la presse à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv le 22 octobre 2023, à son arrivée dans le cadre des combats entre Israël et le groupe palestinien Hamas. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

« Rayon paralysant »

Ses détracteurs l’accusent de manier l’ambiguïté et de multiplier les tensions pour cultiver le vote musulman, et notamment des jeunes de quartiers populaires.

« Jean-Luc Mélenchon, régulièrement, envoie des signaux à un électorat des banlieues (…) sur le fait qu’ils sont systématiquement discriminés, victimes de racisme systémique », souligne Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop.

Chez les Insoumis, on ne cache pas viser le vote des banlieues, ainsi que le vote abstentionniste, pour tenter de s’imposer en 2027. Le mouvement a d’ailleurs développé 4 000 référents d’immeubles dans les quartiers populaires.

A la présidentielle de 2022, selon un sondage, « 69 % des électeurs de confession musulmane et ayant voté, ont choisi Mélenchon au premier tour », précise M. Dabi. « Est-ce que ça va payer à court terme électoralement aux européennes ou à la présidentielle? Personne ne peut le dire ».

Mais son image « s’est complètement détériorée » : il est devenu l’homme politique le plus impopulaire derrière Eric Zemmour selon un baromètre Paris Match, relève le politologue.

Et, selon lui, « une majorité » de son électorat se déclare « mécontente de ses prises de parole sur le conflit entre Israël et le Hamas ».

« Je ne pense pas qu’il soit antisémite », relève de son côté à l’AFP Alexis Lévrier, historien du journalisme. Mais « il utilise ce discours-là avec la volonté de cliver, de dresser les communautés les unes contre les autres ».

Le tribun voit, lui, dans les critiques dont il fait l’objet les attaques de « ceux qui manient le réseau paralysant qui est d’accuser d’antisémite tout ce qui bouge et qui n’est pas de leur avis ».

Le député LFI Antoine Léaument dénonce aussi sur X dans les réactions outrées « de la caste médiatico-politique », celles « d’un monde auto-centré, en cercle fermé, et dont le nombrilisme n’a d’égal que la déconnexion ».

« Fort heureusement, comme en témoignent les échanges quotidiens avec les gens, ils ne sont pas dupes de ces manipulations », assure le LFI Adriens Quatennens sur le même réseau social. « Si la vague dégagiste se lève, elle les emportera sur son passage ».

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