Journée de l’Holocauste : une cérémonie pour fêter l’ex-allié hongrois de Hitler
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Journée de l’Holocauste : une cérémonie pour fêter l’ex-allié hongrois de Hitler

Le vice-président du Parlement prononce un discours à l'issue d'une messe pour les 150 ans de la naissance de Horthy - le jour où l'on commémore les victimes de la Shoah

Le Régent de Hongrie Miklós Horthy de Nagybánya avec Adolf Hitler, année non précisée. (Crédit : Wikimedia Commons)
Le Régent de Hongrie Miklós Horthy de Nagybánya avec Adolf Hitler, année non précisée. (Crédit : Wikimedia Commons)

La principale organisation juive hongroise a dénoncé mercredi la participation annoncée d’un cadre du parti du Premier ministre Viktor Orban à une cérémonie d’hommage à l’ancien dirigeant pro-nazi Miklos Horthy, organisée le jour même de la commémoration de l’Holocauste, samedi.

Sandor Lezsak, vice-président du Parlement, doit tenir un discours à l’issue d’une messe qui sera dite à Budapest pour les 150 ans de la naissance de Horthy, régent hongrois allié de Hitler qui avait signé plusieurs lois anti-juives et avait été associé à la déportation des juifs de Hongrie en 1944.

La tenue de cette cérémonie d’anniversaire le 27 janvier, Jour international à la mémoire des victimes de l’Holocauste, et la participation de M. Lezsak sont « un outrage à la mémoire de toutes les victimes hongroises », d’autant plus caractérisé que Horthy était né en juin, estime l’organisation juive Mazsihisz.

« Cela participe à la falsification de l’Histoire », s’indigne dans un communiqué le dirigeant de cette organisation, Andras Heisler, soulignant qu' »aucun responsable de l’Etat ne doit contribuer à la mise en oeuvre d’un culte de Horthy ».

Le président de la fédération des communautés juives de Hongrie, Andras Heisler, lors de la conférence sur la vie juive et l’antisémitisme à l’institut Tom Lantos, en octobre 2013 (Crédit : capture d’écran Youtube/Tom Lantos Institute)

Quelque 600 000 juifs hongrois ont péri sous le Troisième Reich, dont plus de la moitié à Auschwitz, qui avait été libéré le 27 janvier 1945, rappelle Mazsihisz.

Démis et emprisonné par les nazis à l’automne 1944 après avoir tenté in extremis un changement d’alliance avec les Alliés, Horthy avait été autorisé après la guerre à s’exiler au Portugal, où il est mort en 1957.

Il reste une figure respectée d’une partie de la droite et de l’extrême droite hongroise, notamment pour sa répression d’une révolution communiste en 1919 et pour son opposition au traité de Trianon, qui avait réduit l’emprise territoriale de la Hongrie en 1920. L’an dernier, M. Orban avait qualifié Horthy d' »homme d’Etat exceptionnel ».

Fin 2015, il avait cependant souligné que son gouvernement s’opposerait à l’érection de statues dédiées à Horthy.

Recevant son homologue israélien Benjamin Netanyahu à Budapest l’été dernier, M. Orban avait assuré que son gouvernement menait « une politique de tolérance zéro envers l’antisémitisme ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son homologue hongrois Viktor Orban, à Budapest, le 18 juillet 2017. (Crédit : GPO)
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