Justice : Le Premier ministre accuse un journaliste de le mettre en danger
Le Premier ministre affirme qu'Uri Misgav rêve de donner à l'Iran sa position en temps réel et assure être transparent sur son état de santé
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Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé qu’un journaliste ayant publié à plusieurs reprise des détails en temps réel sur ses déplacements mettait délibérément sa vie et celle de ses proches en danger en l’exposant à de potentielles attaques iraniennes.
Netanyahu a fait ces déclarations lors d’une audience au tribunal de district de Tel Aviv dans le cadre d’un procès en diffamation intenté par ses soins à l’encontre de deux journalistes et d’un militant politique auxquels il reproche d’avoir, en 2024, affirmé qu’il souffrait de maladies graves.
En 2024, Netanyahu avait intenté une action en justice contre les journalistes Ben Caspit et Uri Misgav, ainsi que contre le militant Gonen Ben Yitzhak, au motif que ces trois personnes avaient, semble-t-il, propagé des mensonges au sujet de son état de santé. Le Premier ministre leur réclame des dommages et interêts pouvant aller jusqu’à 500 000 NIS.
Netanyahu a déclaré à propos de Misgav : « Il est obsédé, il ne se contrôle plus. »
« Misgav révèle ma position en temps réel. Il semble qu’il ait une sorte d’obsession », a-t-il dit. « Pour nous exposer à un danger mortel direct. »
Lors du contre-interrogatoire qui a été mené par l’avocate de Misgav, Tali Lieblich, le Premier ministre a accusé le journaliste de Haaretz, farouchement anti-Netanyahu, d’être « très radical. Il diffuse la position de mon fils et de mon épouse. Il y a des entités et des intermédiaires qui cherchent ces informations et qui les utilisent pour tenter de les tuer. C’est radical, à mon avis. »
Le Premier ministre a également défendu le fait de garder secrets certains de ses rendez-vous à l’hôpital, expliquant que c’était pour des raisons de sécurité. Il a précisé qu’il n’avait pas poursuivi d’autres personnes ayant rapporté ces visites, contrairement à Misgav, car leurs articles ne contenaient pas de propos diffamatoires.
Lieblich s’est concentrée sur la nature de la plainte, faisant remarquer au Premier ministre que son client n’avait jamais écrit qu’il souffrait d’un cancer du pancréas ou qu’il était en phase terminale, et elle a accusé Netanyahu de méconnaître les détails du procès qu’il a lui-même intenté.
Netanyahu a insisté sur le fait que Misgav avait formulé ces affirmations, tout en reconnaissant qu’il ne pouvait pas indiquer exactement où cela était mentionné dans les documents judiciaires.
Lieblich a également posé des questions sur l’affirmation qui avait été faite par Netanyahu lors d’une audience en mai dernier, selon laquelle sa santé se situait dans les 10 % supérieurs par rapport à ses pairs.
En réponse, Netanyahu a cité un examen réalisé au centre hospitalier Hadassah et il a assuré que la conclusion « était tout sauf inventée ».
« L’hôpital Hadassah n’a pas fabriqué cela. Trois médecins et trois infirmières n’ont pas été complices des délires qui caractérisent les écrits de M. Misgav », a-t-il déclaré, avant d’accuser les médias de propager des rumeurs sur son état de santé dès qu’il « n’a pas dormi quelques heures ».
« Aucun Premier ministre n’a donné d’informations plus précises et complètes sur son état de santé », a-t-il affirmé.
Netanyahu a également été interrogé par l’avocat Raz Ben Dor, qui représente Caspit : ce dernier a rappelé qu’à l’issue de la précédente audience, ils s’étaient accordés sur un cadre pour mettre fin aux poursuites contre son client.
Ben Dor a fait remarquer à Netanyahu que les articles de Caspit ne disaient en aucun cas que le Premier ministre était en phase terminale.
Netanyahu a répondu que Caspit avait affirmé qu’il n’était « pas apte et représentait un danger ».
Lorsqu’on lui a fait remarquer que le danger était d’ordre politique, Netanyahu a répondu : « Il faisait allusion à des problèmes de fonctionnement. »
Lors de ce procès, Netanyahu a affirmé que les défendeurs ont « propagé des informations fausses et malveillantes à l’encontre du Premier ministre »dans des articles parus en mai 2024.
A l’époque, Ben Yitzhak avait affirmé avoir eu l’information que Netanyahu était soigné pour un cancer du pancréas, Misgav avait soulevé des questions au sujet de son état de santé à l’issue d’une visite non déclarée à l’hôpital Hadassah Ein Kerem et Caspit avait rapporté que le général de l’armée israélienne en retraite Amiram Levin, après avoir vu Netanyahu, avait eu l’impression que le Premier ministre était « inapte [à exercer ses fonctions] et dangereux pour le pays ».
En mars 2024, le Premier ministre avait subi une anesthésie générale pour opérer une hernie. Le même mois, il avait manqué plusieurs jours de travail après avoir attrapé la grippe. En 2023, on l’avait opéré pour lui poser un stimulateur cardiaque, après un accident cardiaque. L’opération avait eu lieu une semaine après son hospitalisation pour ce qu’il avait qualifié à l’époque de déshydratation.
L’incident avait alimenté les rumeurs sur l’état de santé du Premier ministre et les secrets qui l’entouraient.
En avril de cette année, Netanyahu a fait savoir qu’il avait suivi avec succès un traitement pour un cancer de la prostate. Lors d’une précédente audience dans son procès en diffamation, le Premier ministre avait déclaré avoir été diagnostiqué de cette maladie fin 2025 et avoir subi cinq sessions de radiothérapie en janvier et février de cette année, lesquelles avaient éradiqué le cancer.
Jusqu’au document partagé en avril dernier, le dernier bulletin de santé de Netanyahu remontait à décembre 2023 et avant cela, en 2016, selon le Mouvement pour la liberté de l’information.
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