Kan retire tous les épisodes de son docusérie après l’incident de l’arme cachée
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Kan retire tous les épisodes de son docusérie après l’incident de l’arme cachée

La décision de la chaîne publique survient après que la société produisant "Jerusalem District" a fait savoir que trois autres passages de l'épisode ont été mis en scène

Le docusérie de la chaîne Kan, "Jerusalem District". (Capture écran/YouTube)
Le docusérie de la chaîne Kan, "Jerusalem District". (Capture écran/YouTube)

La chaîne publique Kan a retiré mercredi tous les épisodes d’un docusérie sur les forces de police de Jérusalem après les révélations selon lesquelles des agents ont placé une arme chez un résident de Jérusalem-Est.

Lors du tournage de l’épisode de « Jerusalem District », la police a placé un M-16 chez Samer Sleiman, habitant du quartier d’Issawiya, faisant croire qu’il avait été retrouvé sur place.

Après la révélation de cet incident survenu en novembre 2018 mardi par le quotidien Haaretz, la police a publié des excuses, et la chaîne a retiré l’épisode de ses plateformes en ligne. Quant à Samer Sleiman, il a déposé plainte mercredi.

Mercredi soir, tous les épisodes de « Jerusalem District » n’étaient plus disponibles sur le site internet et la chaîne YouTube de Kan. Ils ne seront pas non plus rediffusés sur la chaîne ou proposés sur son service de vidéos à la demande.

« Depuis les premières récriminations contre [la société de production] Koda et la police, Kan a ouvert une enquête minutieuse avec la société de production et examinera les méthodes et le montage de la série », a fait savoir Kan dans un communiqué.

La chaîne a indiqué considérer l’incident comme « grave », allant à l’encontre de la charte éthique signée avec Koda.

« Tant que l’enquête est en cours, nous avons décidé de retirer tous les épisodes de la série », a assuré Kan.

Elle a également déclaré qu’elle organiserait une réunion « urgente ».

La décision de la chaîne a été prise après que Koda a fait savoir qu’elle examinait trois autres des 145 scènes dans lesquelles la découverte de preuves semble avoir été mise en scène.

Dans une lettre adressée à Kan citée par les médias en hébreu, Koda a souligné qu’à part les deux réalisateurs de l’épisode chargés du tournage, personne dans la société de production ne savait que l’arme avait été placée intentionnellement. Elle a également précisé que l’un des réalisateurs ne travaillait plus pour elle et que l’autre serait convoqué à son retour de l’étranger.

Koda a ajouté que « les deux réalisateurs n’ont pas compris que des fautes avaient été commises lors du tournage, en sachant que la maison et ses occupants sont consciencieusement floutés ».

Mercredi, Haaretz a rapporté que Samer Sleiman avait reçu un appel menaçant d’un homme se présentant comme un agent de police, le menaçant de ne pas parler aux médias au sujet de l’incident.

Samer Sleiman, un résident du quartier d’Issawiya à Jérusalem-Est, arrive au service d’enquêtes internes de la police à Jérusalem, le 7 août 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

D’après le quotidien, les officiels des forces de l’ordre ont assuré que l’idée de placer volontairement une arme chez Sleiman était celle d’un membre de l’équipe de production, les agents n’ayant pas réussi à en trouver lors de la fouille de la maison. La suggestion a ensuite été approuvée par le commandant présent.

Sleiman se plaint aujourd’hui que depuis la diffusion du neuvième épisode le 23 juin dernier, des voisins et des amis ont reconnu sa voix malgré le floutage de son visage. Il a maintenant peur que certains pensent qu’il est un criminel ou le soupçonnent de coopérer avec les autorités israéliennes puisqu’il n’a pas été inculpé ou interrogé après la découverte de l’arme chez lui.

La police a présenté des excuses mardi « pour le tort causé à ce civil en conséquence de la diffusion de ce passage ». Elle a ajouté que l’affaire faisait l’objet d’une enquête et que les conclusions nécessaires en seraient tirées.

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