La police accusée d’avoir placé une arme chez un Arabe pour un tournage télé
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La police accusée d’avoir placé une arme chez un Arabe pour un tournage télé

Samer Sleiman a déposé plainte clamant que les officiers ayant fait une descente dans son domicile de Jérusalem-Est à 3h30 "trouvent" un M16 dans sa cave dans un docu-série de Kan

Le quartier d'Issawiya, à Jérusalem-Est. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le quartier d'Issawiya, à Jérusalem-Est. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Des officiers de police ont placé une arme au domicile d’un résident de Jérusalem-Est avant de le « trouver » dans le cadre d’un documentaire de la chaîne publique israélienne, d’après des informations parues mardi, citant la plainte déposée par l’homme.

La police s’est excusée mardi après que l’affaire a été largement relayée dans les médias et a indiqué qu’elle enquêtait sur l’incident.

L’émission de télé « Jerusalem District » de la chaîne Kan a présenté l’arme comme ayant été retrouvée au domicile de Samer Sleiman dans le quartier d’Issawiya.

Cependant, les officiers lui avaient dit — et affirmé dans le rapport officiel qu’ils lui ont remis — que rien de suspect n’avait été retrouvé chez lui lors de la fouille, d’après le quotidien Haaretz.

Ils ne l’avaient pas informé que cette descente avait été organisée pour une émission de télé et lui avaient expliqué que les caméras étaient là pour empêcher toute plainte de dégradation, a rapporté Haaretz. Officiellement, la fouille relevait d’une opération de renseignements.

« Jerusalem District » est un docusérie en neuf épisodes qui a pour ambition de « donner un rare aperçu des activités du renseignement, de la police et des agents de la police des frontières dans le district de Jérusalem ».

Sleiman se plaint aujourd’hui que depuis la diffusion du neuvième épisode — filmé en novembre 2018 — le 23 juin dernier, des voisins et des amis ont reconnu sa voix malgré le floutage de son visage. Il a maintenant peur que certains pensent qu’il est un criminel ou le soupçonnent de coopérer avec les autorités israéliennes puisqu’il n’a pas été inculpé ou interrogé après la découverte de l’arme chez lui.

« Mes clients n’arrivaient pas à croire que cela leur arrivait à eux », a écrit l’avocat de la famille, Itay Mack. « En un instant ils sont devenus, pour le public, des criminels, des utilisateurs et des trafiquants d’armes illégales. En outre, aucune poursuite n’ayant été engagée contre eux, des rumeurs ont commencé à circuler selon lesquelles ils coopéraient avec la police ».

Après la plainte déposée dimanche, Kan a décidé de retirer l’épisode de ses plateformes en ligne jusqu’à ce que le problème soit éclairci.

Dans l’épisode, on peut voir les officiers fouiller le domicile de Sleiman à 3h30 et trouver l’arme dans une cave décrite par l’un des agents comme similaire, en taille, à un tunnel d’attaque transfrontalier creusé par l’organisation terroriste du Hamas à Gaza.

Sleiman a expliqué qu’un gros trou avait été creusé dans les murs de la cave quand le serpent de son frère s’était échappé dans un petit trou. Ils voulaient le récupérer sans lui faire de mal. Il a ajouté que s’il avait possédé un fusil onéreux, il ne l’aurait pas rangé dans un trou humide.

Il s’est également plaint que les agents avaient laissé le bazar dans son appartement et que des chiens avaient participé à la fouille, l’un d’eux ayant abîmé ses médicaments.

Kan a fait savoir qu’elle vérifiait ces affirmations auprès de la société de production, Koda Communications, et que si ces allégations « graves » revêtaient ne serait-ce qu’un « fragment de vérité », le problème serait traité en conséquence. La société de production a refusé de commenter les faits.

La police israélienne n’a pas réfuté ces affirmations et a indiqué qu’elle répondrait au plaignant plutôt qu’aux médias. Cependant, le lendemain, elle a publié des excuses « pour le tort causé à ce civil en conséquence de la diffusion de ce passage ». Elle a ajouté que l’affaire faisait l’objet d’une enquête et que les conclusions nécessaires en seraient tirées.

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