Katz: on se souviendra de Nasrallah comme du « destructeur du Liban » s’il attaque
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Katz: on se souviendra de Nasrallah comme du « destructeur du Liban » s’il attaque

Dans un discours télévisé diffusé samedi, le chef du Hezbollah a dit que la riposte du groupe avait été "décidée" ; Gantz a aussi répondu au chef du Hezbollah

Israel Katz participe à une réunion de cabinet au Bureau du premier ministre à Jérusalem le 17 février 2019. (Sebastian Scheiner/Pool/AFP)
Israel Katz participe à une réunion de cabinet au Bureau du premier ministre à Jérusalem le 17 février 2019. (Sebastian Scheiner/Pool/AFP)

Dimanche, Israël Katz, le ministre des Affaires étrangères, a formulé une menace à peine voilée selon laquelle Israël détruirait le Liban si le groupe terroriste chiite mettait en pratique son projet annoncé d’attaquer l’Etat juif en représailles à l’attaque de drone israélienne présumée contre un bastion du Hezbollah à Beyrouth, la semaine dernière.

Dans un discours télévisé diffusé samedi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a dit que la réponse du groupe avait été « décidée ». Israël doit « payer le prix » de cette attaque et il s’agit pour le Hezbollah d’ « établir des règles d’engagement et (…) une logique de protection pour le pays », a affirmé M. Nasrallah dans un discours retransmis à la télévision.

Il a promis de riposter « à tout prix » et de viser les drones israéliens.

Le commentaires de Nasrallah sont intervenus lors d’un discours prononcé auprès de ses militants samedi soir, une semaine après qu’un drone israélien se serait écrasé sur le toit du bureau de la propagande du Hezbollah dans le sud de Beyrouth, alors qu’un autre a explosé avant de s’écraser à proximité.

Quasiment au même moment, une frappe sur des cibles liées à l’Iran en Syrie, qu’Israël a revendiquée, a été menée pour déjouer un projet d’attaque à l’aide de drones iraniens contre l’État hébreu.

« Nasrallah est un pantin iranien, qui s’est accaparé l’attaque iranienne préparée depuis la Syrie, et dont il n’était probablement pas au courant. Un pantin qui vend des histoires au peuple libanais sur la défense du Liban », a déclaré Katz sur Twitter dans un message également publié en arabe.

« S’il continue sur cette voie, on se souviendra de lui comme du destructeur du Liban », a-t-il ajouté.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz a aussi répondu à Nasrallah dans un communiqué paru samedi soir : « Nasrallah, aie pitié du Liban et ne pousse pas Tsahal à le renvoyer à l’Âge de pierre. L’Etat du Liban sera tenu pour responsable de toute attaque terroriste commise depuis son territoire ».

Israël qui se prépare à une riposte du mouvement chiite libanais, a déployé samedi des blindés et des soldats près de sa frontière avec le Liban, a constaté un photographe de l’AFP.

L’armée israélienne qui a annoncé dans un communiqué samedi le report d’un exercice militaire prévu cette semaine a indiqué « qu’elle se préparait à plusieurs scénarios dans le commandement nord « .

Un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah est retransmis sur un écran géant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, le 31 août 2019. (Photo par ANWAR AMRO / AFP)

Nasrallah a menacé que la réponse aux événements de la semaine dernière viendrait du Liban et qu’il pourrait frapper n’importe où le long de la frontière, y compris les fermes de Chebaa [mont Dov], le site de l’attaque de riposte du Hezbollah en 2015 après que plusieurs membres du groupe avaient été tués dans une frappe aérienne attribuée à Israël. Deux soldats israéliens avaient été tués dans la frappe de riposte et sept autres blessés.

Le mont Dov et les collines adjacentes de Kfar Chouba sont de petits bouts de terre saisis par Israël à la Syrie après la guerre des Six Jours en 1967 et qu’Israël contrôle depuis lors. Le Liban maintient que ces terres lui appartiennent, même si elle était sous contrôle syrien depuis 1950 jusqu’à ce qu’elle soit capturée en 1967 avec le Plateau du Golan.

Tsahal pense que le Hezbollah a l’intention d’attaquer des soldats israéliens ou une installation militaire sur la frontière, et pas des civils.

Dans son discours, Nasrallah a clairement démenti les affirmations israéliennes selon lesquelles son groupe disposerait d’usines de production de missiles guidés de précision au Liban.

Nasrallah a dit que les accusations du Premier ministre Benjamin Netanyahu étaient un « mensonge » et un « prétexte » pour justifier l’agression israélienne contre le Liban.

« Nous n’avons pas d’usines pour produire des missiles guidés de précision au Liban », a déclaré Nasrallah.

Des soldats israéliens se trouvent à côté d’une canon d’artillerie à proximité de la frontière avec le Liban autour de la ville israélienne du nord de Kiryat Shemona, le 31 août 2019. (Photo par JALAA MAREY / AFP)

Jeudi, l’armée israélienne a révélé les identités de quatre officiels iraniens et du Hezbollah impliqués dans un projet commun pour produire des missiles guidés de précision pour le groupe terroriste libanais. L’armée a prévenu que le projet mené par l’Iran allait « mettre en danger la stabilité du Liban ».

L’armée israélienne a dit avoir pris la décision très inhabituelle de publier des informations sur des membres actifs d’un complot terroriste afin de faire pression sur le gouvernement libanais et la communauté internationale pour prendre des mesures afin de bloquer le projet.

Netanyahu a dit que dévoiler les détails du programme était un signal envoyé aux ennemis d’Israël.

« Nous ne resterons pas à attendre sans rien faire et laisser nos ennemis obtenir des armes mortelles pour les utiliser contre nous. Cette semaine, j’ai dit à nos ennemis d’être prudents dans leurs actions. Maintenant, je leur dis : Dir balak », a déclaré Netanyahu, en utilisant une expression arabe qui signifie « Faites attention ».

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