Kiev renomme une avenue en l’honneur d’un chef nationaliste controversé
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Kiev renomme une avenue en l’honneur d’un chef nationaliste controversé

Stepan Bandera a été dénoncé comme collaborateur nazi par Moscou et les rebelles prorusses de l'est de l'Ukraine.

Stepan Bandera, personnage controversé en Ukraine où beaucoup le considèrent comme un héros national et symbole de la lutte pour l'indépendance de cette ex-république soviétique alors que d'autres l'accusent d'avoir collaboré avec les nazis.  (Crédit : capture d'écran YouTube/Pravda Report)
Stepan Bandera, personnage controversé en Ukraine où beaucoup le considèrent comme un héros national et symbole de la lutte pour l'indépendance de cette ex-république soviétique alors que d'autres l'accusent d'avoir collaboré avec les nazis. (Crédit : capture d'écran YouTube/Pravda Report)

Le conseil municipal de Kiev a annoncé jeudi que « l’avenue de Moscou » serait renommée en l’honneur du chef de file des nationalistes ukrainiens Stepan Bandera, dénoncé comme collaborateur nazi par Moscou et les rebelles prorusses de l’est de l’Ukraine.

Les députés du conseil municipal ont décidé de renommer cinq rues de la capitale lors de leur session jeudi, dans le cadre des lois sur la « désoviétisation » du pays.

L’avenue de Moscou, située en dehors du centre-ville, devient ainsi l’avenue Stepan Bandera, du nom d’un des dirigeants des nationalistes ukrainiens dans les années 1930-1950.

Ce dernier reste un personnage controversé en Ukraine où beaucoup le considèrent comme un héros national et symbole de la lutte pour l’indépendance de cette ex-république soviétique tandis que d’autres l’accusent d’avoir collaboré avec les nazis.

Il était le chef idéologique des combattants antisoviétiques qui ont affronté l’Armée rouge et massacré des dizaines de milliers de Polonais dans l’ouest de l’Ukraine. Une partie du mouvement nationaliste ukrainien avait collaboré avec les nazis avant de les combattre.

Empoisonné par un agent du KGB en 1959 à Munich, il est abhorré en Russie.

Le président ukrainien Petro Porochenko a promulgué en mai 2015 de nouvelles lois interdisant toute « propagande communiste » dans le pays, au grand dam de la Russie.

Le président ukrainien Petro Porochenko (Crédit : AFP/Sergei Supinsky)
Le président ukrainien Petro Porochenko (Crédit : AFP/Sergei Supinsky)

Ces lois visent à rompre définitivement avec le passé soviétique de l’Ukraine au moment où les autorités combattent des séparatistes prorusses, pour beaucoup nostalgiques de l’URSS, dans l’Est rebelle où le conflit a fait plus de 9 400 morts depuis avril 2014.

Les lois interdisent entre autres les symboles soviétiques et nazis, condamnent ces deux régimes tout en glorifiant les combattants nationalistes ayant un temps lutté aux côtés des nazis contre les forces soviétiques.

Les monuments à la gloire de responsables soviétiques, dont les nombreuses statues de Lénine, doivent être démontés de même que doivent être rebaptisées les localités, rues ou entreprises faisant référence au communisme, très nombreuses en Ukraine.

Plusieurs villes ont déjà été renommées, à l’instar d’Artemivsk, une ville de l’est de l’Ukraine portant le nom d’un partisan de Staline, qui a repris son ancien nom de Bakhmout.

Dnipropetrovsk est de son côté devenue Dnipro. La ville devait son nom, depuis l’époque soviétique, à Grigori Petrovski (1878-1958), un des leaders bolchéviques en Ukraine après la révolution de 1917 et son dirigeant de facto de 1922 à 1938. En 1922, il signa l’accord formel sur l’intégration de l’Ukraine à l’URSS.

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