La coalition rejette le projet de loi sur l’immigration au vote préliminaire
Le député du Parti sioniste religieux Simcha Rotman avait négocié avec la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked sur le projet de loi, mais ils n'ont pas réussi à trouver un accord

Un projet de loi présenté par le député du Parti sioniste religieux Simcha Rotman visant à amender la loi du retour et à réviser les politiques d’immigration israéliennes n’a pas réussi à obtenir le soutien du Parlement lors d’un vote préliminaire mercredi.
Le projet de loi sur l’immigration soumis par le député de l’opposition faisait l’objet de négociations avec la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked ces derniers jours, dans le but de le faire passer sans le soutien des partis de la coalition de gauche.
Mais mardi, les discussions entre Rotman et Shaked auraient échoué, et le projet de loi a été soumis au vote sans le soutien du parti Yamina, membre de la coalition.
La législation, qui a été introduite mais abandonnée dans le passé, vise à limiter et à restreindre l’immigration en Israël, à donner à l’État de plus grandes capacités pour expulser ceux qui sont dans le pays illégalement, ainsi qu’à limiter l’éligibilité pour la résidence temporaire, la résidence permanente et la citoyenneté.
Il donnerait également à la Knesset le pouvoir de révoquer les titres de résidence ou la citoyenneté et donnerait à l’État la possibilité de saisir les fonds apporté par ceux qui entrent illégalement dans le pays.
Le projet de loi a échoué à 45 voix pour et et 57 contre, les députés de la coalition, dont Yamina, ayant voté contre le texte de loi.
Le député Yamina Nir Orbach a déclaré que le Parti sioniste religieux « jouait de petits [jeux] politiques pour leur campagne, au lieu de s’occuper des intérêts sécuritaires d’Israël », faisant référence aux partis d’opposition de droite eux-mêmes torpillant un projet de loi précédemment proposé par la coalition pour renouveler les mesures interdisant aux Palestiniens qui épousent des citoyens israéliens de recevoir la citoyenneté.
Les partis d’opposition de droite ont vivement recommandé cette disposition, qui était en vigueur depuis des années et était régulièrement renouvelée, mais ont voté contre sa reconduction afin d’embarrasser Yamina et la coalition.
Alors que le projet de loi était débattu mercredi, le chef du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich a traité les législateurs arabes d' »ennemis » dans un accès de colère au plénum de la Knesset.
« Je ne m’adresse pas à vous, antisionistes, partisans du terrorisme, ennemis », a-t-il dit. « Vous êtes ici par erreur, c’est une erreur que Ben-Gurion n’ait pas fini le travail et ne vous ait pas jeté dehors en 1948. »
La députée de la Liste arabe unie Aida Touma-Sliman a réagi en fustigeant les remarques « fascistes » de Smotrich.
« Nous sommes soumis à cette saleté fasciste presque tous les jours à la Knesset », a déclaré Touma-Sliman. « Mais ne pensez pas à nous. Pensez à ce que ressent chaque citoyen arabe lorsqu’une déclaration comme celle-ci est faite avec désinvolture au Parlement. Pensez à ce que ressentent tous les jeunes [arabes] lorsque la droite les menace d’une seconde Nakba », a-t-elle ajouté, en utilisant le mot arabe signifiant « catastrophe », que les Palestiniens utilisent pour faire référence à la fondation de l’État d’Israël.







