La Cour suprême ne sera pas représentée à la cérémonie des 50 ans des implantations
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La Cour suprême ne sera pas représentée à la cérémonie des 50 ans des implantations

La première magistrate a indiqué qu'il serait “inapproprié” d'envoyer un représentant à la cérémonie d'Etat organisée au Gush Etzion, suscitant la fureur de la droite

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Miriam Naor, présidente de la Cour suprême, à Jérusalem, le 26 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miriam Naor, présidente de la Cour suprême, à Jérusalem, le 26 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les magistrats de la Cour suprême ont annoncé mardi qu’ils ne se rendraient pas à la cérémonie d’Etat organisée à l’occasion des 50 ans d’implantation en Cisjordanie et sur le plateau du Golan.

La cérémonie officielle, qui aura lieu mercredi au parc industriel du Gush Etzion, a été financée par les ministères de la Culture et de l’Education à hauteur de 10 millions de shekels, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu y prononcera un discours.

Suite à un appel lancé au tribunal par le député du Meretz Issawi Frej, la présidente Miriam Naor a indiqué que les juges estimaient que l’envoi d’un représentant à cet événement était « inapproprié ».

« Il y a quelques semaines […] le juge Neal Hendel a été sollicité par la présidente pour représenter la Cour lors de cet événement », a écrit Naor dans un courrier adressé à Freij. « Il y a quelques jours, une invitation détaillée a été reçue. A la suite de cela, après nous être penchés une nouvelle fois sur le sujet, il a été décidé qu’il serait inapproprié qu’un représentant de la Cour se rende à cet événement. En conséquence, le juge Hendel n’y participera pas. »

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La Cour suprême a indiqué que Hendel avait personnellement téléphoné aux organisateurs pour présenter ses excuses pour son absence.

Freij a partagé la lettre et a remercié les juges de leur décision.

« Il s’agit d’un événement public controversé et la participation du juge Hendel aurait sapé la confiance d’une grande partie de la population israélienne dans la Cour suprême, a-t-il estimé. Le tribunal doit s’occuper de la loi, et non de politique. C’est ce qu’il a fait jusqu’à maintenant – et c’est une bonne chose qu’il continue à le faire. »

Après l’annonce de sa décision par la Cour, la ministre de la Justice Ayelet Shaked s’est entretenue avec Naor et lui a demandé de changer d’avis, a annoncé la Première chaîne. Shaked a dit à Naor qu’il s’agissait d’une cérémonie gouvernementale officielle et non d’une déclaration politique.

Neal Hendel, juge de la Cour suprême, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Neal Hendel, juge de la Cour suprême, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Cette décision du tribunal a été condamné par les politiciens de droite et par les dirigeants des communautés de Cisjordanie, qui accusent depuis longtemps les magistrats d’adopter une politique de gauche.

Le ministre du Tourisme Yariv Levin, du Likud, a jugé cette décision « honteuse ».

« Les positionnements politiques des responsables du système judiciaire ont été clairement affichés aujourd’hui avec la décision honteuse et sans précédent qui a été prise par les juges de la Cour suprême, a-t-il dit dans un communiqué. Il est clair, une fois encore, que les magistrats de la Cour suprême font entrer un agenda politique de gauche dans la salle du tribunal, agenda qui se reflète dans leurs jugements, qui nuisent de manière répétée aux entreprises d’implantations et à leurs habitants. »

Levin a également appelé le gouvernement à ne plus transmettre d’invitations aux juges pour de futurs événements officiels.

Shlomo Neeman, chef du conseil régional du Gush Etzion, a indiqué ne pas être surpris par la décision de la Cour.

« A chaque fois, je suis sidéré de voir des personnalités publiques montrer de la surprise face aux positionnements adoptés par la présidente Naor », a-t-il fait déclaré. Il a accusé les juges « d’utiliser le rôle élevé de magistrat à la Cour suprême pour promouvoir un agenda idéologique. »

Moti Yogev, député du parti HaBayit HaYehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Moti Yogev, député du parti HaBayit HaYehudi. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Moti Yogev, député de HaBayit HaYehudi, a dénoncé la décision de Naor dans une série de tweets, affirmant qu’elle reflétait la politisation de la Cour.

« Les implantations en Judée et Samarie ont été établies sur décision des gouvernements israéliens [successifs], légalement et démocratiquement, a-t-il tweeté. Des citoyens qui respectent la loi y habitent et ils font partie d’Israël pour toujours. »

Il a appelé le Premier ministre et la ministre de la Justice à effectuer les démarches nécessaires pour prouver au tribunal le caractère erroné de sa décision.

Lundi, la Première chaîne avait annoncé que Yesh Atid et l’Union sioniste avaient décidé non seulement de ne pas se rendre à l’événement mais d’interdire à leurs élus d’y assister. Quelques heures après, les deux partis ont démenti qu’un tel « boycott », comme le reportage l’a qualifié, ait été mis en place.

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