La Cour suprême reporte l’audience sur les expulsions de Sheikh Jarrah
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La Cour suprême reporte l’audience sur les expulsions de Sheikh Jarrah

Ecoutant Mandelblit, la Cour suprême a annulé une audience prévue lundi qui aurait pu déterminer si quatre familles palestiniennes de Sheikh Jarrah allaient être expulsées

Une scène devant la maison d'une famille juive lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 3 mai 2021. (Jamal Awad/FLASH90)
Une scène devant la maison d'une famille juive lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 3 mai 2021. (Jamal Awad/FLASH90)

La décision d’annulation a été prise après que le bureau du procureur général Avichai Mandelblit a demandé à la Cour suprême de lui accorder deux semaines pour envisager de devenir partie à l’affaire. La Cour a donné à M. Mandelblit jusqu’au 8 juin pour examiner la question, ce qui signifie que les expulsions prévues – déjà approuvées par les tribunaux inférieurs – ne seront pas réalisées dans l’intervalle.

Plus de soixante-dix Palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah vont être expulsés dans les semaines à venir, au profit d’Israéliens juifs de droite. Les Palestiniens vivent illégalement dans des maisons construites sur des terrains que les tribunaux ont jugé appartenir à des associations religieuses juives avant la création d’Israël en 1948.

Les familles palestiniennes avaient fait appel de la décision auprès de la Cour suprême d’Israël, qui avait décidé de tenir une audience pour discuter de l’appel demain lundi, qui est aussi le jour de Jérusalem, Yom Yeroushalayim, un jour férié commémorant la conquête de la ville par Israël en 1967 contre la Jordanie.

Les Palestiniens accusent une loi israélienne de 1970 – qui n’est pas discriminatoire à première vue – de ne permettre en pratique qu’aux Juifs de réclamer des biens perdus à Jérusalem-Est. Il n’existe aucune loi similaire qui permettrait aux Palestiniens de réclamer leurs biens perdus pendant la guerre d’indépendance.

Ces expulsions ont provoqué un tollé tant parmi les Palestiniens qu’au niveau international, les alliés arabes d’Israël et les États-Unis ayant exprimé leur inquiétude à ce sujet. Les Palestiniens et leurs défenseurs accusent la législation et la politique israéliennes de chercher à « judaïser » Jérusalem-Est.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié la lutte de « litige immobilier entre parties privées ».

L’armée israélienne a annoncé le déploiement dimanche de trois bataillons supplémentaires en Cisjordanie pour tenter d’endiguer la violence croissante dans la région, a fait savoir l’armée.

Ces renforts – des unités qui devaient initialement être en formation – s’ajoutent aux quatre bataillons supplémentaires déjà envoyés en Cisjordanie depuis le début du mois de ramadan en avril.

L’armée affirme que les troupes supplémentaires sont spécifiquement destinées à être déployées le long de la frontière entre la Cisjordanie et Israël.

La décision a été prise par le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, après sa visite en Cisjordanie ce matin, où il a rencontré des commandants locaux et des officiers de la police des frontières qui ont décrit une récente attaque par balles contre eux en Cisjordanie, au cours de laquelle trois Palestiniens armés, qui avaient été arrêtés alors qu’ils tentaient d’entrer illégalement en Israël, ont ouvert le feu sur eux avec des mitraillettes de fortune. Les gardes-frontières et les soldats de Tsahal ont riposté, tuant deux des hommes et blessant grièvement le troisième.

« Grâce aux soldats présents sur place, et en particulier aux agents de la police des frontières, une attaque terroriste a pu être évitée. Le doigt des soldats qui a pressé la gâchette a empêché une attaque terroriste qui aurait pu avoir un impact sur la situation dans tout le pays », a déclaré M. Kohavi.

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