La dernière usine de recyclage de bouteilles fermera faute d’aide du gouvernement
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La dernière usine de recyclage de bouteilles fermera faute d’aide du gouvernement

Aviv Recyclage perd des millions de shekels par an alors que les bas prix du pétrole font baisser ceux du plastique

Une benne de recyclage pour bouteilles dans un quartier (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une benne de recyclage pour bouteilles dans un quartier (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La dernière usine de recyclage de bouteilles en plastique d’Israël, qui a remporté un prix de l’industrie, devra fermer ses portes parce qu’elle ne parvient pas à être compétitive avec les coûts de production plus bas à l’étranger.

Les récentes années ont vu une augmentation du nombre de bouteilles recyclées et du nombre de bouteilles envoyées à l’étranger, particulièrement en Turquie, pour être traitées.

Les Industries Aviv Recyclage, une industrie familiale privée qui fonctionne depuis 25 ans dans le Negev, au sud d’Israël, devront bientôt fermer, mais des efforts sont en cours pour continuer à la faire fonctionner, a annoncé le quotidien financier Marker mardi.

L’usine a déjà licencié 30 de ses 70 employés et les journées de travail ont été diminuées, a récemment déclaré le directeur de l’usine, Yaron Mizrahi, à la radio militaire.

Il a déclaré que contrairement à Israël, certains états subventionnent les opérations de recyclage. Les prix bas du pétrole – un matériel brut dans la production de plastique – ont entraîné une baisse du prix du plastique.

Aviv transforme les bouteilles en plastique en flocons de plastique, qui sont ensuite vendus pour créer des produits comme des sacs jetables que l’on utilise pour les fruits et les légumes.

L’entreprise Ela Recyclage Corporation, qui collecte les bouteilles et les canettes usagées, a fait chuter le prix des bouteilles qu’il vend à Aviv.

Mizrahi a déclaré que la réduction du prix ne permet pas à l’usine de continuer à fonctionner trois jours par semaine.

Le ministère des Finances a dit qu’il avait offert de l’aide pour investir dans la modernisation de la chaîne de production, mais que l’usine avait refusé son offre.

Un homme âgé recherche une poubelle de recyclage pour prendre des bouteilles en plastique qu'il pourra faire rembourser à Jérusalem, le 23 juillet 2017 (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)
Un homme âgé recherche une poubelle de recyclage pour prendre des bouteilles en plastique qu’il pourra faire rembourser à Jérusalem, le 23 juillet 2017 (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Mizrahi a expliqué que l’entreprise était en pourparlers avec les ministères du gouvernement depuis deux ans mais que maintenant, « c’est terminé, nous avons atteint ce stade où nous nous trouvons aux limites de nos capacités ».

L’entreprise perdait des millions de shekels par an.

Mais la crise pourrait s’achever si les prix du pétrole s’élevaient, a-t-il ajouté. De plus, il coûterait probablement plus cher au gouvernement de payer aux employés licenciés des indemnités de chômage plutôt que de conserver l’usine en fonctionnement jusqu’à la fin de la crise.

L’entreprise a besoin d’environ 2,5 millions de shekels par an pour traverser l’orage.

Nehama Ronen, ancienne directrice-générale au ministère de la Protection environnementale et qui préside dorénavant Ela, a indiqué à la radio militaire qu’en raison de la chute des prix du pétrole, les coûts du plastique recyclé sont virtuellement les mêmes – ou un peu plus élevés – que ceux des objets fabriqués à partir de nouvelles matières premières. Les supermarchés israéliens peuvent donc acheter des sacs à fruits et à légumes d’Italie au quart du prix des sacs recyclés fabriqués par Aviv.

« Il s’agit de créer une industrie du recyclage en Israël et pour cela, on a besoin de soutien. On ne peut pas adopter des lois [qui encouragent les gens à faire du recyclage] puis ne pas soutenir l’industrie locale du recyclage », a-t-elle déclaré.

« Si Israël veut sauver les usines – et le père de Yaron était un véritable pionnier de l’industrie et il avait reçu un prix industriel pour son usine – alors il faut cesser de donner des prix et offrir plutôt un soutien à la place. Le fonds d’assainissement du ministère de la Protection environnementale a suffisamment d’argent et le ministère devrait se montrer suffisamment créatif pour trouver un moyen d’offrir du soutien ».

Mizrahi a expliqué qu’il y avait une « opposition politique » à la délivrance de l’argent issu du fonds d’assainissement.

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