La droite américaine pro-israélienne commence à être mal à l’aise face à Trump
Rechercher

La droite américaine pro-israélienne commence à être mal à l’aise face à Trump

La ZOA fustige l’absence de déplacement de l’ambassade et la nomination d’un ancien de l’administration Obama au poste de conseiller Israël

Le président de la Zionist Organization of America (ZOA), Morton A. Klein (Joseph Savetsky/Avec l'aimable autorisation de la ZOA)
Le président de la Zionist Organization of America (ZOA), Morton A. Klein (Joseph Savetsky/Avec l'aimable autorisation de la ZOA)

WASHINGTON (JTA) – L’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) a lancé deux campagnes contre l’administration Trump qu’elle a ardemment défendue, signalant un malaise croissant au sein de la droite pro-israélienne face aux politiques israéliennes du président.

La ZOA, emblème de la communauté pro-israélienne conservatrice, a fustigé le président américain Donald Trump, qui n’a pas tenu sa promesse électorale de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Elle a également critiqué la nomination de Kris Bauman, ancien négociateur de l’administration Obama, au poste de conseiller Israël au Conseil de sécurité nationale.

Les critiques de Trump par la droite juive, bien que croissante, sont presque toujours accompagnées d’une mise en garde indiquant que ses politiques israéliennes sont meilleures que celles de son prédécesseur, Barack Obama, et de louanges pour certaines de ses nominations.

Les communiqués de la ZOA ont été publiés mercredi, le jour même où plusieurs associations juives ont organisé au Capitale une célébration du 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem.

Lee Zeldin, élu répubicain à la Chambre des représentants pour l'Etat de New-York (Autorisation: JTA)
Lee Zeldin, élu répubicain à la Chambre des représentants pour l’Etat de New-York (Autorisation: JTA)

Pendant la fête, les élus républicains ont critiqué, sans citer l’administration Trump, l’absence de déplacement de l’ambassade à Jérusalem. L’un des présents, le représentant de New York Lee Zeldin, l’un des deux Juifs républicains du Congrès, a ensuite publié un communiqué critiquant explicitement Trump et demandant qu’il tienne sa promesse électorale.

Le candidat Trump avait promis de déplacer l’ambassade des ses premiers jours au pouvoir, mais depuis son élection, il est revenu sur cette promesse. La semaine dernière, un responsable américain anonyme a dit à Bloomberg News que le déplacement n’était plus d’actualité.

L’article a déclenché des manifestations de préoccupations d’intensité différente au sein de la droite juive.

Morton Klein, le président de la ZOA, a déclaré dans un communiqué que la lenteur du déplacement de l’ambassade « envoie un message de faiblesse » et ajouté qu’elle était « douloureuse ».

Zeldin, l’un des partisans juifs les plus importants de Trump pendant la campagne présidentielle, a déclaré dans son communiqué que l’information de Bloomberg état « une erreur inopportune de la part de l’administration, de prendre cette décision et de faire cette annonce. »

Nathan Diament, directeur pour Washington de l’Union orthodoxe, une association dont les électeurs ont, selon les sondages, soutenu disproportionnellement Trump l’année dernière, a déclaré dans une interview que ces électeurs étaient probablement « déçus » de ce retard.

Klein a cependant indiqué dans une interview jeudi qu’il était toujours reconnaissant que Trump ait gagné l’élection.

« Ce type, dans son cœur et dans son âme, est très pro-Israël, de manière sérieuse », a-t-il dit, citant entre autres nominations celles de Nikki Haley, l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies. « Beaucoup d’entre nous avions de très grandes attentes, qu’il serait 100 % pour Israël, c’était peut-être une attente trop importante. Il est tellement meilleur qu’Obama, ou que [la candidate démocrate, Hillary] Clinton ne l’aurait été. »

Matt Brooks, directeur de la Coalition juive républicaine. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Matt Brooks, directeur de la Coalition juive républicaine. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Matt Brooks, qui dirige la Coalition juive républicaine, a lui déclaré que les détracteurs juifs de Trump devraient garder en tête l’image globale : pour sa première visite à l’étranger, cette semaine, Trump se rend en Israël et au mur Occidental.

« Cela devrait être réconfortant, et ceux qui critiquent devraient noter le symbolisme des actes du président à ce moment », a-t-il dit, soulignant le 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem. « Cela envoie un message symbolique, qui devrait résonner dans toute la communauté juive et la communauté internationale. »

La majorité de la droite pro-israélienne constitue toujours une grande partie du soutien à la politique étrangère de Trump. Breitbart News, dont plusieurs anciens occupent des postes clés au sein de l’administration, n’a pas critiqué sévèrement la politique israélienne du président, mais a cependant critiqué Trump sur des sujets de politique intérieure.

Les groupes conservateurs qui ont détesté l’accord nucléaire conclu entre l’administration Obama et l’Iran, dont le premier d’entre eux, Foundation for Defense of Democracies, sont ravis des politiques de Trump. Même si le président n’a pas annulé l’accord, il a musclé sa rhétorique contre le régime et ajouté des sanctions pour le programme balistique de Téhéran.

Les voix conservatrices pro-Israël, dont Klein, ont également défendu ouvertement les conseillers de Trump provenant de la « droite alternative », un mouvement aux contours vagues de conservateurs anti-establishment, qui compte des antisémites mais aussi de fervents défenseurs d’Israël.

Et pourtant, il existe des signes que le malaise face aux choix de Trump liés à Israël va croissant à droite. La tendance pendant les premiers mois de la présidence Trump a été de critiquer chaque décision que la droite israélienne trouve peu attirante sur les responsables que Trump n’a pas nommés, comme les fonctionnaires qui ont pris leur poste sous les administration d’Obama ou de George W. Bush, ou même avant.

H. R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, dément que le président Donald Trump a partagé des informations sensibles avec Moscou, devant la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
H. R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, dément que le président Donald Trump a partagé des informations sensibles avec Moscou, devant la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Mais maintenant, certaines des critiques visent directement les nominés de Trump. H.R. McMaster, le conseiller à la sécurité nationale de Trump, a été critiqué par la droite pro-israélienne pour sa tentative d’écarter Ezra Cohen-Watnick, jeune employé du Conseil de sécurité nationale connu pour ses positions dures sur l’Iran. Trump a annulé la décision de McMaster de muter Cohen-Watnick vers une autre agence.

A présent, c’est Bauman qui est la cible des critiques. Il a récemment été nommé par McMaster conseiller responsable des questions israélo-palestiniennes. Dans un communiqué, Klein a affirmé que Bauman, qui appartenait à l’équipe de négociations américaines pendant les négociations de paix de 2013 – 2014, était « pro-Hamas ».

Klein a fondé son évaluation sur un laïus contre Bauman publié ce mois-ci dans FrontPageMag, qui a dévoilé des travaux académiques de Bauman de 2009, où sont citées les opinions recommandant de s’accommoder du Hamas, un mal nécessaire, dans les négociations pour un accord sur le statut final. Bauman a également décrit sans réserve la brutalité et le terrorisme du Hamas dans ces travaux.

Daniel Shapiro, qui était jusqu’en janvier l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, a jugé la semaine dernière que les attaques de Klein étaient « les plus bas des coups bas », soulignant que l’article de Bauman portait sur l’amélioration de la sécurité en Israël et en Cisjordanie avant un accord de statut final.

La chaleur de Trump pour les dirigeants de l’Autorité palestinienne (AP), en particulier son président Mahmoud Abbas, que Trump a reçue à la Maison Blanche au début du mois et qu’il verra mardi à Bethléem, a également troublé la droite pro-israélienne.

« Je suis déçu qu’il a fait venir un type qui récompense les terroristes qui assassinent des Juifs à la Maison Blanche », a déclaré Klein, faisait référence aux salaires versés par l’AP aux terroristes emprisonnés et aux familles des terroristes tués.

Le Maison Blanche a précisé dans son communiqué sur la rencontre entre Trump et Abbas que le président américain avait abordé le sujet de ces paiements et exhorté Abbas à les interrompre.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...