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La droite fustige Bennett pour avoir utilisé le terme « Cisjordanie » avec Blinken

Le Conseil de Yesha a qualifié l'expression de signe de « déclin moral » ; le bureau du Premier ministre déclare que la déclaration était « accidentelle »

Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 mars 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a été fustigé dimanche par des dirigeants des implantations et des députés de droite après avoir utilisé le terme « Cisjordanie » lors d’une réunion avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, plutôt que le nom biblique de la région, « Judée et Samarie ».

Lors d’une conférence de presse avec Blinken avant le sommet du Neguev, Bennett a déclaré que son gouvernement « travaillait très dur pour améliorer la vie des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza ».

Le prédécesseur de Bennett, Benjamin Netanyahu, a lui-même utilisé ce terme à plusieurs reprises lors d’interventions en anglais .

« Une autre faute morale du gouvernement », a déclaré Yigal Dilmoni, PDG du groupe de coordination des implantations du Conseil de Yesha, que Bennett lui-même a présidé de 2010 à 2012 avant de se présenter aux élections.

« Une telle expression est un autre signe du déclin moral de ce gouvernement. Cela s’ajoute au gel de la construction des implantations et au fait de tourner le dos aux implantations. Un gouvernement comme celui-ci devrait rentrer chez lui », a-t-il déclaré.

Le président du Conseil local de Beit El, Shai Alon, a qualifié Bennett de « danger pour Israël ».

Le député Ofir Sofer du parti d’extrême droite Sionisme religieux a déclaré « qu’il n’est pas surprenant qu’une telle expression soit formulée par une personne qui s’aligne sur les partisans du terrorisme et les antisionistes ».

Il faisait apparemment référence au parti islamiste Raam, qui fait partie du gouvernement de Bennett.

Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à gauche, assistent à une session plénière de la Knesset le 31 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député Amichai Chikli, un membre renégat du propre parti Yamina de Bennett, a déclaré qu’il « n’est pas surprenant qu’une telle terminologie soit utilisée par un homme qui a formé un gouvernement de gauche avec le Meretz et le mouvement islamiste », faisant également référence à à Raam.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, également de Yamina, a défendu les commentaires de Bennett, qu’elle a qualifiés d’ « erreur ».

« Le Premier ministre a toujours veillé à dire ‘Judée et Samarie’. Je pense que quand vous le dites en anglais (Cisjordanie), cela n’a pas la même intention », a-t-elle déclaré à la radio 103FM.

En 2018, Bennett lui-même a critiqué son désormais partenaire au sein du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, lorsque ce dernier a utilisé le terme « Cisjordanie ».

« C’est une phrase qui n’a pas été inventée par les sionistes », a alors déclaré Bennett. « La vallée du Jourdain est-elle une ramification de [la capitale jordanienne] Amman ? C’est la Judée et la Samarie, c’est la Terre d’Israël. Nous continuerons à dire la vérité, nous ne nous déguiserons jamais. »

Le bureau de Bennett a minimisé son utilisation du terme, déclarant dans un communiqué que « généralement, le Premier ministre utilise le terme « Judée et Samarie » à la fois en hébreu et en anglais. C’était une remarque accidentelle et aucune signification particulière ne devrait lui être attachée. »

La droite a également critiqué Blinken pour les commentaires qu’il a faits lors de la conférence de presse, au cours de laquelle il a cité la nécessité  « d’empêcher les actions de tous les côtés qui pourraient augmenter les tensions, y compris « l’expansion des implantations » et la violence de la part des résidents d’implantations ».

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