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Une campagne du mouvement pro-implantations veut renverser le gouvernement

Les dirigeants du Conseil de Yesha reprochent à la coalition d'avoir "gelé" les constructions et "détruit" des habitations en Cisjordanie

Travaux de construction dans l'implantation israélienne de Givat Zeev, près de la ville palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 octobre 2021 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP).
Travaux de construction dans l'implantation israélienne de Givat Zeev, près de la ville palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 octobre 2021 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP).

Les responsables du mouvement pro-implantation veulent lancer une campagne dont l’objectif est de renverser la coalition au pouvoir et d’obliger le pays à organiser de nouvelles élections, selon un reportage qui a été diffusé sur une chaîne de télévision, samedi.

Le Conseil de Yesha, l’organisation-cadre des maires des implantations, annoncera sa campagne dimanche, a noté la Douzième chaîne.

Le Conseil a précisé lancer son initiative en raison de la politique gouvernementale « sans précédent » de « gel » des constructions dans les implantations et de « destruction » d’habitations installées dans ces dernières.

Le slogan de cette campagne sera : « Il y a un gel. Il n’y a pas de gouvernement ».

« Le gouvernement actuel a été établi sur la base du maintien du statu quo diplomatique et sur la continuation des constructions en Judée-Samarie, comme c’était le cas avec le précédent gouvernement », dit la campagne qui a fait référence à la Cisjordanie en utilisant son nom biblique. Le gouvernement précédent, qui était placé sous l’autorité de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, est considéré comme ayant été plus bienveillant à l’égard du mouvement pro-implantation et il bénéficiait également de plus de soutien de la part de la Maison Blanche, alors occupée par Donald Trump.

« Ces derniers mois, le gouvernement actuel a gelé les constructions, il a détruit des habitations juives et il a permis un contrôle arabe illégal sur la Zone C, ouvrant la voie à l’établissement d’un État palestinien », dit encore la campagne. « Le gouvernement du gel n’a pas le droit d’exister. »

Le gouvernement n’a pas officiellement gelé les constructions dans les implantations, mais il n’a pas approuvé de nouvelles implantations par ailleurs.

Le gouvernement actuel est une coalition qui réunit des formations de tout le spectre politique, intégrant des députés de droite, centristes, de gauche et arabes. Lorsqu’elle avait pris le pouvoir le pouvoir, l’année dernière, la coalition avait décidé de ne pas prendre en charge des problématiques politiques litigieuses comme le statut de la Cisjordanie et elle avait préféré se concentrer sur des besoins quotidiens plus pressants, notamment la nécessité de gérer la pandémie qui faisait rage à ce moment-là.

Le Premier ministre Naftali Bennett connaît très bien le mouvement pro-implantations. Il avait été lui-même à la tête du Conseil de Yesha de 2010 à 2012, avant d’entrer dans la politique et il dirige le parti de droite Yamina, qui est soutenu par le mouvement.

Le Premier ministre Naftali Bennett dirige une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 14 mars 2022. (Crédit: Marc Israel Sellem/POOLFlash90)

Il s’est efforcé d’apaiser à la fois les États-Unis et les leaders du mouvement pro-implantation depuis qu’il a pris ses fonctions. L’année dernière, les États-Unis auraient demandé à Bennett de faire preuve de retenue dans les constructions faites dans les implantations, mais il aurait aussi indiqué aux responsables du Conseil de Yesha qu’il avait repoussé les recommandations de la Maison Blanche dans ce dossier.

Netanyahu avait conclu un accord à ce sujet avec l’ancien président Donald Trump, dont l’administration avait permis à Israël de continuer à développer les implantations israéliennes dans toute la Cisjordanie tant que les constructions réalisées ne s’élargissaient pas « au-delà de la présence israélienne existante ».

Cette nouvelle campagne visant à renverser le gouvernement survient alors que les forces de sécurité ont détruit plusieurs bâtiments qui se trouvaient dans deux avants-postes illégaux de la Cisjordanie, la semaine dernière.

Plusieurs centaines d’agents de la police des frontières, des soldats de l’armée israélienne et des responsables de l’Administration civile ont ainsi démoli une vingtaine de structures à Maoz Esther et à Givat Habaladim, deux avants-postes situés aux abords de l’implantation de Kochav Hashahar et qui accueillaient huit familles au total.

Ces démolitions ont eu lieu dans un contexte de tensions croissantes qui ont exacerbé les violences, ces derniers mois, entre les militaires israéliens et les Palestiniens.

La dernière campagne de ce type lancée par le Conseil de Yesha date d’il y à quinze ans, a souligné la Douzième chaîne.

Le chef du Conseil de Yesha, David Elhayani, est affilié au parti Tikva Hadasha qui est membre de la coalition de Bennett.

Elhayani s’était opposé au plan d’annexion de certains secteurs de la Cisjordanie qui avait été envisagé par Netanyahu en estimant qu’il pouvait ouvrir la voie à un état palestinien.

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