La femme qui poursuit Sara Netanyahu en justice entendue par le tribunal
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La femme qui poursuit Sara Netanyahu en justice entendue par le tribunal

L'avocat de la femme du Premier ministre conteste les accusations de la plaignante qu'elle aurait été soumise à des conditions inacceptables de travail

Shira Raban, une ancienne femme de ménage à la Résidence du Premier ministre, au tribunal des prud'hommes de Jérusalem, le 11 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90
Shira Raban, une ancienne femme de ménage à la Résidence du Premier ministre, au tribunal des prud'hommes de Jérusalem, le 11 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90

La femme qui poursuit en justice la femme du Premier ministre pour mauvais traitement sur le lieu de travail lorsqu’elle était employée comme femme de ménage à la Résidence du Premier ministre, a témoigné mardi devant le tribunal pour la première fois. La défense de Sara Netanyahu l’a accusée de mentir afin d’obtenir de l’argent.

Shira Raban, âgée de 24 ans à l’époque de faits et mère orthodoxe de 3 enfants, a travaillé comme femme de ménage à la Résidence officielle des Netanyahu pendant un mois en 2017. Elle a déposé plainte peu après avoir quitté son poste, réclamant 225 000 shekels (55 000 euros) de dédommagement. Shira Raban affirme que la femme du Premier ministre l’a insultée à de nombreuses reprises pendant sa courte période d’emploi.

La victime présumée a témoigné devant le tribunal des prud’hommes de Jérusalem, où elle a répété ses accusations sur les conditions inacceptables infligées par les Netanyahu quand elle travaillait au deuxième étage de la Résidence.

« Le premier jour de travail, j’ai été choquée », a-t-elle dit. « Le comportement à adopter à la Résidence est inhabituel. Le premier jour, il était important pour Mme Netanyahu que je reçoive les bonnes instructions, que je comprenne les règles du deuxième étage et que je m’assure de me laver les mains avant et après chaque chose que je faisais ».

« C’est n’est pas une journée de travail, c’est une journée d’abus », a-t-elle dit au sujet des conditions de travail qui lui étaient imposées. « Ça fait mal au corps dès la première seconde. »

L’avocat de Sara et Benjamin Netanyahu Yossi Cohen, lors d’une audience au tribunal sur une plainte déposée par Shira Raban au tribunal du travail de Jérusalem, le 8 novembre, 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yossi Cohen, l’avocat de Netanyahu, a rejeté les accusations de la plaignante selon lesquelles sa cliente était avec elle presque toutes les heures de sa première journée à la résidence. A cette date précise, a-t-il assuré, Sara Netanyahu était à Tel Aviv dans l’après-midi.

« Vous mentez », a-t-il accusé en demandant à Shira Raban d’expliquer comment, si elle était forcée de travailler sans arrêt comme elle l’a affirmé, elle avait aussi trouvé le temps d’envoyer des « centaines de messages » à sa sœur pendant ses heures de travail.

Tout en reconnaissant qu’elle avait envoyé « beaucoup » de messages, Shira Raban a affirmé qu’elle l’avait uniquement fait pendant les nombreuses fois où elle devait changer de vêtements, comme Sara Netanyahu l’exigeait.

Elle a aussi expliqué qu’elle n’avait rien dit à son mari sur les conditions de travail à la Résidence, ou à ses employés, parce qu’elle se sentait honorée de travailler dans un endroit aussi important et parce qu’elle ne voulait pas perdre son salaire, qui permettait de faire vivre la famille.

« J’étais très honorée de servir le Premier ministre et sa femme », a-t-elle assuré. « J’avais honte de dire à mon mari ce qui m’arrivait là-bas, j’avais tout simplement honte. En tant que femme qui doit subvenir aux besoins de ses trois enfants, je n’ai pas la liberté ni le choix de quitter un emploi. »

« Quand j’ai été embauchée, [le directeur général du Bureau du Premier ministre Yoav] Horowitz et d’autres m’ont dit que je devais répondre à toutes les volontés de Mme Netanyahu », a-t-elle relaté. « Eux-mêmes ne savaient pas ce qui se passait au deuxième étage. Je n’ai pas trouvé le courage de dire à mon employeur ce qu’il s’y passait. »

Parmi les griefs de l’ancienne employée : le fait de ne pas être autorisée à prendre un jour de congé quand un de ses enfants était malade, ou d’être contrainte à utiliser les toilettes en dehors du bâtiment principal.

Elle a aussi affirmé que le fils aîné du Premier ministre Yair Netanyahu menait des inspections pour vérifier le niveau de propreté.

Sara, la femme du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, est assise au tribunal à Jérusalem, le 7 octobre 2018.(Amit Shabi, Yedioth Ahronoth, Pool via AP)

Sara Netanyahu aurait interdit à l’ancienne employée de manger, de boire ou de se reposer, et elle devait changer ses vêtements des dizaines de fois par jour. Elle devait aussi se laver les mains environ 100 fois par jour à l’eau chaude et les sécher avec une serviette différente de celle utilisée par le famille Netanyahu, selon la plainte déposée au tribunal.

Les Netanyahu nient toute faute, en rejetant ces accusations comme une chasse aux sorcières menée par des médias hostiles.

Le mois dernier, Shira Raban a déposé des documents au tribunal pour faire témoigner un certain nombre de responsables, dont le directeur-général du Bureau du Premier ministre Horowitz, le manager de la résidence officielle Effie Azoulay, et la conseillère du Premier ministre sur les affaires ultra-orthodoxes, Rivka Paluch, avait annoncé le site d’information Walla à l’époque.

Plusieurs anciens employés avaient auparavant affirmé avoir été maltraités par la femme du Premier ministre. L’ancien traiteur de la résidence a gagné un procès pour insultes verbale et émotionnelle.

Sara Netanyahu est aussi impliquée dans une affaire criminelle en cours dans laquelle elle et Ezra Saidoff, ancien concierge de la résidence du Premier ministre, ont été accusés d’avoir dépensé à mauvais escient 100 000 dollars de fonds publics pour des plats préparés alors qu’il y avait un chef à temps plein dans l’équipe. Elle envisage de plaider coupable dans cette affaire.

Le procès de Sara Netanyahu est distinct des déboires judiciaires de son mari, soupçonné d’avoir accepté des cadeaux illégaux, des pots-de-vin et essayé d’accorder des faveurs à des magnats de la presse en échange d’une couverture favorable dans la presse.

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