La femme rapatriée de Syrie est interrogée par le Shin Bet
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La femme rapatriée de Syrie est interrogée par le Shin Bet

L'interrogatoire devrait durer tout le week-end; la femme dit avoir des "problèmes personnels"; TV: La censure d'un aspect de l'accord est due à une demande russe

La femme israélienne qui est entrée en Syrie et qui a été renvoyée dans le cadre d'un accord négocié par la Russie, sur une photo montrée par la Douzième chaîne, le 20 février 2021. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)
La femme israélienne qui est entrée en Syrie et qui a été renvoyée dans le cadre d'un accord négocié par la Russie, sur une photo montrée par la Douzième chaîne, le 20 février 2021. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)

La femme israélienne libérée par la Syrie dans le cadre d’un échange de prisonniers a été débriefée par l’agence de sécurité Shin Bet vendredi, selon un reportage télévisé, quelque 24 heures après son retour dans l’État juif via la Russie.

Selon un reportage de la Treizième chaîne, la femme, une résidente de Modiin Illit qui souffre de « problèmes personnels », a été traitée avec douceur et n’a pas été interrogée de manière agressive lors de son passage à la frontière au début de ce mois.

Le débriefing de la femme, dont le nom n’a pas été rendu public, devrait se poursuivre tout le week-end, indique le reportage.

Le 2 février, l’Israélienne a traversé la frontière syrienne dans les contreforts du mont Hermon, une zone où les clôtures sont peu nombreuses et où la couverture des caméras de surveillance est irrégulière. On ne sait pas encore très bien comment cette femme de 25 ans, qui parlerait couramment l’arabe, a su que cet endroit était un bon point de passage. L’armée a déclaré qu’elle enquêtait sur l’incident.

Cette photo prise depuis le plateau du Golan le 15 février 2021, montre la barrière frontalière entre Israël et le gouvernorat syrien de Quneitra. (JALAA MAREY / AFP)

Après avoir réussi à entrer en Syrie dans la nuit du 2 au 3 février, elle est entrée dans le village druze de Khader, où elle a été capturée, soupçonnée d’être une espionne et remise aux services de renseignements syriens. Cependant, selon la Treizième chaîne, les autorités ont rapidement réalisé qu’elle n’était pas une espionne, mais simplement une civile avec des problèmes personnels.

Damas a informé la Russie de l’affaire, et Moscou a transmis l’information à Israël, ce qui a déclenché des négociations pour la récupérer.

Israël a finalement libéré un prisonnier de sécurité de nationalité syrienne et deux bergers pour garantir la libération de la femme. Il a également accepté une autre mesure centrale qui a été interdite de publication par la censure militaire, malgré le fait que la question serait considérée comme controversée par les citoyens israéliens.

Une route enneigée est bloquée près du poste frontière de Quneitra entre la Syrie et Israël dans le Golan, le 17 février 2021. (AP Photo/Ariel Schalit)

Selon la Douzième chaîne, la censure de cette affaire est le résultat direct d’une demande russe dans le cadre de l’accord qu’elle a négocié. La chaîne a déclaré qu’Israël avait tenté vendredi de convaincre Moscou de lever le voile du secret sur cette affaire, mais que cela avait été refusé.

Les reporters de la Douzième et de la Treizième Chaîne ont déclaré vendredi que le secret qui entoure cette mesure l’amène à prendre une importance publique bien plus grande que ce qui est vraiment justifié.

Le membre de la Knesset Ahmad Tibi a répondu à la controverse depuis son compte Twitter. Les politiciens ne sont pas liés par la censure militaire.

« La semaine dernière, j’ai soulevé à la Knesset une demande pour permettre l’entrée de milliers de vaccins à Gaza et pour fournir des vaccins aux Palestiniens de Cisjordanie à partir du vaste stock dont dispose Israël (qui est la responsabilité d’une force d’occupation). Dois-je attendre qu’une femme/homme juif entre dans la bande de Gaza pour que les Palestiniens puissent être vaccinés ? a écrit Tibi.

Ce n’était pas la première fois que cette femme tentait de traverser les frontières d’Israël. Selon les autorités israéliennes, elle avait tenté à deux reprises d’entrer dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas – une fois par voie terrestre et une fois sur un radeau de fortune – et une fois de passer en Jordanie. Les trois fois, elle a été capturée par l’armée ou la police.

Un poste d’observation israélien à la frontière Gaza-Israël, à l’est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 20 octobre 2020. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Vendredi après-midi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec la mère de la jeune femme, qui l’a remercié des efforts déployés pour la libérer de sa captivité, selon une déclaration du bureau du Premier ministre.

Netanyahu lui a adressé ses bons vœux et a déclaré qu’Israël agirait toujours pour ramener les citoyens captifs.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a indiqué dans une déclaration vidéo vendredi, après le retour de la femme : « Il y a environ deux semaines, nous avons reçu des informations sur une femme civile israélienne détenue par les forces de sécurité syriennes. Elle est passée du côté syrien de sa propre volonté et par ses propres moyens – un incident sur lequel nous allons enquêter. »

« Nous avons immédiatement commencé à travailler pour la ramener. Nous avons précisé à l’autre partie qu’elle était une civile et qu’il s’agissait d’une question humanitaire et non sécuritaire. Nous avons eu des conversations avec les plus hauts responsables russes, nos homologues. J’ai parlé personnellement avec le ministre russe de la Défense, que je voudrais remercier pour son implication et pour l’aide du gouvernement russe dans l’effort de la ramener chez elle », a déclaré M. Gantz.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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