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La fille de Pachet réagit après l’étoile jaune taguée sur la plaque de son père

Le lien du professeur d'université avec son judaïsme ? Ni caché ni brandi, "pacifié", comme son rapport avec le monde

L'universitaire Pierre Pachet est décédé le 21 juin 2016 à Paris (Crédit: capture d'écran Jean-Paul Hirsh/Youtube)
L'universitaire Pierre Pachet est décédé le 21 juin 2016 à Paris (Crédit: capture d'écran Jean-Paul Hirsh/Youtube)

Yaël Pachet a réagit dans les colonnes de Libération suite à l’inscription d’une étoile jaune sur la plaque commémorative placée sur l’immeuble parisien où vécurent son père, Pierre Pachet, et sa famille.

Ironiquement, ce professeur d’université spécialiste de littérature, membre du magazine la Quinzaine littéraire, n’a pas été déclaré comme juif en 1940 lorsque l’Allemagne envahit la France. L’étoile, après une décision de son père, juif originaire d’Odessa, il ne l’a pas portée.

Sans acrimonie, une légère d’inquiétude peut-être, sa fille Yaël retrace le rapport de son père avec son judaïsme ni caché ni brandi, « pacifié », dit-elle, comme son rapport avec le monde.

Et puisque des personnes, sans doute par antisémitisme, ont inscrit cette étoile jaune à côté de son nom, elle a décidé de faire remonter à la surface quelques souvenirs « juifs ».

Elle se souvient que « s’il le fallait, il lisait sans difficulté la haggadah en hébreu et dirigeait avec assurance le Seder à la fête de Pessah ».

« Dans l’église où nous nous sommes rassemblés pour l’enterrement de notre mère, continue-t-elle, il s’est excusé de nous tourner le dos, et sortant une kippa de sa poche, il a lu le kaddish, tourné vers Jérusalem. C’est peut-être la seule fois de sa vie où il a fait un happening juif, où il a imposé quelque chose de cet ordre-là. Et c’était sublime ».

Sa « conscience d’être juif, elle, n’est venue qu’après la guerre, mais elle n’a jamais résolu cette question : pourquoi être juif signifiait être en danger de mort. Et pourquoi aujourd’hui, être juif, c’est encore une fois, courir un danger de mort. L’identité juive n’explique pas l’antisémitisme ».

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