La justice militaire israélienne commence à juger un activiste palestinien
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La justice militaire israélienne commence à juger un activiste palestinien

Issa Amro, fondateur de Youth Against Settlements, est accusé d'incitation à la violence ; Amnesty International affirme que les accusations sont “sans fondement”

Issa Amro, militant palestinien, avant le début de son procès à la cour de justice militaire d'Ofer, à Betunia, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 juillet 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Issa Amro, militant palestinien, avant le début de son procès à la cour de justice militaire d'Ofer, à Betunia, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 juillet 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le procès devant un tribunal militaire israélien du militant palestinien et fondateur d’une ONG de défense des droits de l’Homme Issa Amro, accusé d’incitations à la violence, a débuté dimanche, a constaté une journaliste de l’AFP.

Amnesty International avait qualifié en novembre de « sans fondement » les accusations portées contre Issa Amro, fondateur de l’ONG « Youth against Settlements » à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.

Les audiences de son procès ont débuté devant le tribunal militaire israélien d’Ofer, en Cisjordanie, avec la comparution de deux soldats. Mais le tribunal a décidé de reporter la suite de la procédure au 22 octobre.

En juin 2016, les autorités israéliennes avaient présenté 18 chefs d’accusation contre lui, selon Amnesty.

Comparaissant libre, ce militant de 37 ans a affirmé aux journalistes que ce procès était une « farce » et qu’il n’avait aucune confiance dans la justice militaire israélienne.

Issa Amro, qui dirige l'association 'Youth Against Settlements' dans la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie, le 5 novembre 2015. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)
Issa Amro, qui dirige l’association ‘Youth Against Settlements’ dans la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie, le 5 novembre 2015. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)

Son avocate Gaby Lasky a déclaré que « les militaires israéliens ne vont pas arrêter les manifestations non-violentes avec des armes, c’est pourquoi ils criminalisent la liberté de parole et de manifestation. »

Un porte-parole de l’armée israélienne a pour sa part précisé que l’accusation disposait de preuves sur la participation de Issa Amro à « des émeutes, des attaques contre des soldats, des appels à la violence et à empêcher les forces de sécurité de faire leur travail. »

Deux soldats ont présenté leur témoignage sur des manifestions ayant eu lieu le 26 février 2016.

Issa Amro et Farid Al Atrash, un autre militant palestinien, sont accusé d’avoir « incité à la violence » lors de cette manifestation.

« Nous avons prouvé qu’il ne s’agissait pas d’une manifestation illégale et violente et on ne peut pas considérer que des slogans contre l’occupation israélienne constituent des incitations » à la violence, a affirmé Me Lasky.

« Si Issa Amro est déclaré coupable, nous le considérerons comme un prisonnier de conscience », avait pour sa part annoncé il y a quelques mois une responsable d’Amnesty, Magdalena Mughrabi.

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