La Knesset s’apprête à élire le ou la onzième président(e) d’Israël
Rechercher

La Knesset s’apprête à élire le ou la onzième président(e) d’Israël

Miriam Peretz, une mère qui a tout donné, fait face à Isaac Herzog, un politicien qui suit la trace de son père

Les candidats à la présidence Miriam Peretz et Isaac Herzog (Crédit : Meir Elifor)
Les candidats à la présidence Miriam Peretz et Isaac Herzog (Crédit : Meir Elifor)

Les 120 membres de la Knesset voteront mercredi pour désigner le prochain président du pays, dans une course qui oppose Isaac Herzog à Miriam Peretz.

La personne qui sera élue remplacera le très apprécié président Reuven Rivlin, dont le mandat de sept ans s’achève le 9 juillet.

Herzog, 60 ans – président de l’Agence juive, ancien chef du parti travailliste, fils du sixième président d’Israël, Chaim Herzog, et petit-fils du premier grand rabbin d’Israël, dont il porte le nom – est considéré comme le favori. Cependant, la nature secrète du processus de vote pourrait bien laisser une ouverture à Peretz pour devenir la première femme jamais élue à ce poste.

Une émission de mardi a mis en évidence le contraste frappant entre Peretz, qui a chaleureusement embrassé et posé pour des photos avec des membres du personnel parlementaire, et Herzog, un politicien chevronné avec de nombreuses relations, mais très peu de charisme.

Peretz s’est fait connaître dans des circonstances tragiques, après que son fils aîné Uriel a été tué au combat au Liban en 1998 et que son frère cadet Eliraz a été tué dans une opération près de Gaza en 2010. Mais la native de Casablanca est ensuite devenue une conférencière motivée sur les questions entourant le sionisme et l’adaptation à la perte. En 2018, elle a remporté le prix Israël pour l’ensemble de son œuvre, la plus haute distinction culturelle du pays.

L’ancien ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, avec la lauréate du Prix Israël Miriam Peretz lors de la cérémonie au Centre international de conférences (ICC) à Jérusalem le 19 avril 2018. (Hadas Parush / Flash90)

En 2019, plusieurs partis politiques ont courtisé Peretz pour qu’elle les rejoigne avant la première des quatre élections organisées au cours des deux dernières années. Les listes intéressées étaient notamment HaYamin HaHadash, Koulanou et Yesh Atid – des partis de droite, de centre-droit et du centre. Peretz a décliné les offres, expliquant qu’elle souhaitait poursuivre son travail public en dehors du cadre de la politique, où elle pensait avoir une plus grande influence.

Bien que Peretz soit considérée comme une figure populaire et unificatrice, la majeure partie de son soutien viendra probablement de la droite, étant donné ses liens avec le camp nationaliste religieux et le fait qu’elle se présente contre un ancien président du Parti travailliste de gauche.

Peretz serait la première femme élue présidente, mais elle ne serait pas la première femme à occuper ce poste. En 2007, Dalia Itzik, alors présidente de la Knesset, a occupé le poste de président par intérim pendant plusieurs mois après la démission de Moshe Katsav à la suite d’allégations de viol pour lesquelles il a finalement été condamné.

Herzog, quant à lui, semble s’appuyer sur ses nombreuses relations personnelles avec les législateurs de l’ensemble de l’échiquier politique, la plupart d’entre eux l’appelant par son surnom d’enfance, « Bougie ».

Isaac Herzog aux abords de la Knesset (Autorisation)

Pour entrer dans la course à la présidentielle, les candidats doivent obtenir un minimum de 10 signatures de législateurs.

Herzog a déposé 27 signatures, tandis que Peretz n’en a déposé que 11.

Herzog a notamment obtenu les signatures des députés du Likud Gadi Yevarkan et Keti Shitrit ; des députés de Yahadout HaTorah Yaakov Asher, Yitzhak Pindrus et Ya’akov Tessler ; de Simcha Rotman, député du Parti sioniste religieux ; d’Idit Silman et Abir Kara, députés de Yamina ; de Merav Ben Ari, députée de Yesh Atid ; d’Oded Forer et Hamad Amar, députés de Yisrael Beytenu ; et d’Omer Barlev, Efrat Rayten et Ram Shefa, députés travaillistes.

Le président israélien a un rôle essentiellement cérémoniel, mais il joue un rôle clé en décidant qui obtiendra le mandat de former un gouvernement à l’issue des élections. Le chef d’État a également le pouvoir d’accorder la grâce présidentielle, ce qui pourrait devenir une question clé si le Premier ministre Benjamin Netanyahu était condamné dans son procès pour corruption.

Les deux candidats ont refusé de dire s’ils envisageraient de gracier Netanyahu et Peretz a déclaré que la question n’avait pas été soulevée lors de ses entretiens avec les députés.

Netanyahu n’a soutenu officiellement aucun des deux candidats.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...