Israël en guerre - Jour 290

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La Leumi gèle le compte de l’activiste pro-implantation Yinon Levi, sanctionné par Washington

Hapoalim a aussi indiqué qu'elle se conformera aux sanctions américaines ; Smotrich tenterait d'empêcher les banques de suivre le mouvement en dénonçant une initiative "ridicule"

Photo d'illustration : Une agence de la banque Leumi, à Jérusalem, le 16 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Photo d'illustration : Une agence de la banque Leumi, à Jérusalem, le 16 novembre 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yinon Levi, un activiste du mouvement pro-implantation qui a été récemment sanctionné par les États-Unis pour actes présumés de violence en Cisjordanie, a été informé du gel de ses comptes bancaires israéliens.

La banque Leumi lui a ainsi fait savoir que ses comptes privé et professionnel étaient dorénavant suspendus – une décision qui a été prise conformément aux sanctions déterminant que l’accès au système financier américain ou à ses logiciels, de la part d’individus ayant écopé de sanctions, était un délit pénal, selon des informations qui sont parues dimanche dans les médias israéliens.

Dans l’annonce de ses sanctions à l’encontre de Levi, le département d’État américain a indiqué que l’homme avait été régulièrement à la tête d’un groupe formé de membres du mouvement pro-implantation de l’avant-poste de la Ferme de Meitarim qui s’est rendu coupable d’agressions à l’encontre de civils palestiniens et bédouins, les menaçant de nouvelles violences s’ils ne quittaient pas le secteur, incendiant leurs champs et détruisant leurs biens.

Des accusations qui ont été rejetées par Levi qui a dit dans une déclaration que ces sanctions étaient le résultat « des appels lancés par les anarchistes, par les antisionistes, par tous ceux qui haïssent les Juifs à la gauche du président américain Joe Biden ». Il a dénoncé « des histoires à dormir debout ».

Trois autres membres du mouvement pro-implantation ont été sanctionnés jeudi par Washington.

La banque Hapoalim a indiqué dimanche à Haaretz qu’elle passerait à l’acte contre deux autres de ses clients qui ont été sanctionnés, précisant qu’elle ne l’avait pas encore fait.

« La banque Hapoalim respecte les sanctions internationales et elle mettra en œuvre les ordonnances juridiques émises. Pour des raisons de confidentialité bancaire, il nous est impossible de commenter ces cas spécifiques », a-t-elle dit.

De son côté, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, chercherait à empêcher les banques israéliennes de se conformer aux sanctions américaines.

La Douzième chaîne a affirmé, dimanche, que Smotrich avait contacté la Banque d’Israël et qu’il avait demandé aux superviseurs des établissements bancaires de clarifier clairement que la loi israélienne n’oblige pas les banques à geler les comptes des individus qui ont été sanctionnés.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich dirigeant une réunion de faction à la Knesset, à Jérusalem, le 29 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich aurait estimé qu’il était « impensable » qu’une banque israélienne s’en prenne à un citoyen israélien en raison d’une décision émise depuis les États-Unis.

« Je vais agir et je vais faire ce que j’ai à faire en tant que ministre des Finances », aurait-il dit, ajoutant que « si besoin est, nous présenterons une loi sur le sujet ».

Une source proche du milieu bancaire a pour sa part confié à la chaîne que les Américains étaient en mesure de sanctionner les banques qui continuent à offrir leurs services aux mis en cause.

Zvi Sukkot, députés du parti d’extrême-droite Hatzionout HaDatit de Smotrich, a rendu une visite de solidarité à Levi, dimanche, disant que les sanctions « sont l’une des choses les plus ridicules qui aient pu arriver ». Il a déclaré que les accusations lancées à son encontre étaient nées d’un « complot » de la gauche.

« La police israélienne a enquêté sur le dossier. Il n’y aucune preuve qui a été apportée dans le cadre de ce complot de la gauche ; il n’a pas été mis en examen ; il n’a pas de casier judiciaire ; il n’a pas de casier au Shin Bet. Les gauchistes  (sic) n’apprécient tout simplement pas le fait que des Juifs établissent des exploitations agricoles », a-t-il dit.

« Ce n’est pas logique qu’une banque israélienne bloque le compte bancaire d’une personne qui est le sel de la Terre en raison d’un complot gauchiste qui est parvenu à remonter jusqu’aux Américains », a continué Sukkot. « C’est illégal. Personne ne détient l’autorité nécessaire pour se saisir du compte d’un citoyen et, si les choses ne changent pas rapidement, alors nous demanderons un débat urgent à la Knesset dans ce dossier ».

Jeudi, Biden a signé un ordre exécutif déclarant l’urgence nationale – lui permettant de mettre en vigueur de nouvelles mesures de lutte contre les violences des membres du mouvement pro-implantation et notamment les sanctions qui ont été annoncées contre les quatre extrémistes.

Une action sans précédent entreprise par une administration américaine pour s’attaquer au phénomène, qui continue malgré les mises en garde répétées des États-Unis qui ont demandé à Israël de le combattre et après une série de restrictions de visas qui avait été annoncée au mois de décembre. L’annonce survient également alors que Biden subit les pressions exercées par les progressistes du parti démocrate qui s’insurgent face au soutien continu apporté par le président à l’État juif dans la guerre contre le Hamas, et face à son opposition à un cessez-le-feu permanent.

Dimanche, Melanie Joly, ministre canadienne des Affaires étrangères, a fait savoir que le Canada, lui aussi, imposera des sanctions aux partisans du mouvement pro-implantation qui se livrent à des incitations à la violence en Cisjordanie – en plus de nouvelles sanctions contre les chefs du Hamas.

La ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly s’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, à Kiev, le 2 février 2024. (Crédit : Sergei Supinsky/AFP)

Dans un entretien qui a été accordé à la Canadian Broadcasting Corp, dimanche, Joly a indiqué que certains membres du mouvement pro-implantation « seront sanctionnés » et que « nous imposerons aussi de nouvelles sanctions à l’encontre des dirigeants du Hamas ».

« Nous travaillons activement là-dessus », a continué Joly qui s’exprimait depuis l’Ukraine. « Je m’assure du fait que pendant ce déplacement en Ukraine, le travail dans ce sens est effectué à Ottawa et j’espère pouvoir faire rapidement une annonce ».

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué, vendredi, qu’il réfléchissait à imposer des sanctions aux partisans « extrémistes » du mouvement pro-implantation en Cisjordanie.

Bon nombre d’informations et de données sur une recrudescence des violences de la part des partisans du mouvement pro-implantation ont émergé ces derniers mois depuis l’attaque commise par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre. Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, aurait mis en garde le cabinet sur les conséquences de ce phénomène.

Les attaques ont souvent pris pour cible des biens. Il y a eu aussi des jets de pierre sur des voitures, des agressions et même des meurtres présumés. Aucune poursuite judiciaire n’a eu lieu dans la majorité des cas, ont déploré les organisations de défense des droits humains.

Des soldats israéliens se confrontant à des résidents de l’implantation d’Einav qui tentent d’attaquer la ville de Deir Sharaf, dans le gouvernorat de Naplouse, suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Les responsables israéliens ont indiqué, le mois dernier, au Times of Israel que les responsables de la Défense avaient pris un certain nombre de mesures pour réprimer le phénomène dans le contexte des avertissements répétés qui ont été lancés par les États-Unis, notant que les incidents de violence étaient en diminution en Cisjordanie.

Les sanctions de Washington empêchent les individus concernés d’accéder au système financier américain, leur interdisent d’acquérir des biens, quels qu’ils soient, aux États-Unis, et gèlent ceux dont ils peuvent d’ores et déjà être les propriétaires. L’entrée aux États-Unis leur est aussi interdite.

Dans les 18 mois qui avaient précédé l’attaque meurtrière commise par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre – des milliers de terroristes avaient assassiné environ 1200 personnes et enlevé 250 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza – la Cisjordanie avait été en proie à des agitations sans précédent depuis plusieurs décennies. Les affrontements, là-bas, ont augmenté de manière significative depuis qu’Israël a lancé une campagne militaire de représailles à Gaza dont l’objectif est de détruire le Hamas et de garantir la remise en liberté des otages.

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