La liste noire de la loi sur les ONG : 23 des 25 organisations sont de gauche
Rechercher

La liste noire de la loi sur les ONG : 23 des 25 organisations sont de gauche

On ne trouve aucune groupe de droite sur la liste des organisations qui reçoivent des fonds d'un État étranger, laquelle inclut B'Tselem, Breaking the Silence, Yesh Din

Une volontaire palestinienne de l'organisation des droits de l'homme B'Tselem apprend comment utiliser une caméra vidéo pour documenter les actions de Tsahal et des résidents des implantations de Cisjordanie, en 2014 (Crédit : B'Tselem/CC BY 4.0)
Une volontaire palestinienne de l'organisation des droits de l'homme B'Tselem apprend comment utiliser une caméra vidéo pour documenter les actions de Tsahal et des résidents des implantations de Cisjordanie, en 2014 (Crédit : B'Tselem/CC BY 4.0)

Sur les 25 organisations non gouvernementales actuellement visées par le projet de loi surnommé « des ONG » qui fait son chemin à travers le processus législatif, 23 sont des organisations de gauche et 2 sont non-affiliées.

La liste comprend des groupes connus comme militant en faveur de droits de l’Homme tels B’Tselem, Breaking the Silence, Ir Amim, Yesh Din, et le Comité public contre la torture. Aucune organisation de droite ne figure sur cette liste.

Selon le projet de loi, parrainé par la ministre de la Justice Ayelet Shaked (HaBayit HaYehudi) et qui a déjà été adopté en première lecture, toute ONG recevant plus de 50 % de son financement d’un gouvernement étranger doit faire figurer les détails de son financement dans tous ses documents officiels et promotionnels, notamment en ligne. La loi exige également que les membres de ces groupes portent des badges lorsqu’ils sont dans l’enceinte de la Knesset.

Ses détracteurs disent que le projet de loi vise spécialement les organisations de gauche, étant donné que celles de droite sont principalement financées par des donateurs privés, et est de ce fait une tentative voilée pour faire taire les organisations qui critiquent souvent la politique du gouvernement israélien. La publication de la liste, dans laquelle 92 % sont des ONG de gauche, confirme ce soupçon.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked pendant la session plénière de la Knesset, avant le vote sur son projet de loi controversé sur les ONG, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked pendant la session plénière de la Knesset, avant le vote sur son projet de loi controversé sur les ONG, le 8 février 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mais les partisans du projet de loi disent qu’il augmente simplement la transparence, et que bien qu’exigeant de la part des organisations qu’elles divulguent leur financement, il ne limite pas leurs activités.

Un récent rapport du conseiller juridique de la commission de la Constitution, des Lois et de la Justice a critiqué certains aspects clés du projet de loi, avertissant qu’ils ne concernent directement qu’un seul côté de la carte politique.

Le président de la commission de la Constitution, des Lois et de la Justice, le député Nissan Slomiansky du parti de droite HaBayit HaYehudi, a déclaré en réponse que le projet de loi était sensé, et serait adopté à la Knesset.

Le texte, qui a également été critiqué par des responsables européens et américains, a été adopté en première lecture en février.

Le député Miki Rosenthal (Union sioniste) a déclaré jeudi que la liste « dévoile l’hypocrisie laide des initiateurs du projet de loi ».

« D’abord, ils se sont fixé un objectif – l’élimination des organisations de droits de l’Homme », a déclaré Rosenthal ajoutant que la loi a été rédigée spécifiquement avec les ONG de gauche – « et uniquement elles » – à l’esprit.

« Avec la promotion de ce projet de loi, le gouvernement israélien déclare que les droits de l’Homme sont une valeur haïssable à ses yeux, » a-t-il ajouté.

Talia Sasson (photo credit: CC-BY-ND Ralph Alswang/Flickr)
Talia Sasson (Crédit photo: CC-BY-ND Ralph Alswang/Flickr)

La présidente du New Israel Fund, l’avocate Talia Sasson, a déclaré que le projet de loi était « nuisible et [alors] qu’il est censé faire avancer la transparence, il fait le contraire – délégitimant les organisations de gauche. »

La chef de file du Meretz Zahava Gal-On a déclaré mercredi que le projet de loi était juste un autre « outil de persécution politique pour reduire les critiques au silence ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...