Israël en guerre - Jour 229

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Reportage

La méfiance des Juifs libyens, hantés par la « cruauté » de leur ancienne patrie

Des exilés confient leur difficulté à nouer des liens en Israël, d’autres revendiquent l'accès au patrimoine juif abandonné et un homme révèle son propre rôle dans des années d’interaction de haut niveau

Le psychologue italo-libyen David Gerbi (à gauche) lors d’une visite à Tripoli, en Libye, en 2011 (Autorisation)
Le psychologue italo-libyen David Gerbi (à gauche) lors d’une visite à Tripoli, en Libye, en 2011 (Autorisation)

Dans la ville côtière de Bat Yam, en Israël où il vit, Pedatzur Ben-Attiya se souvient de l’époque où il était chargé de recruter des « espions » à envoyer en Libye.

« C’était dans les années 2000 et au début des années 2010 – quand le colonel Kadhafi était encore au pouvoir », raconte Ben Attiya, 62 ans, à la tête de la congrégation juive libyenne de la ville, Or Shalom. « Je cherchais des étrangers sur les forums en ligne – c’était avant les réseaux sociaux – qui s’apprêtaient à partir en Libye pour le travail et je leur demandais de se rendre spécifiquement sur des sites juifs, sans éveiller les soupçons, et de prendre des photos pour moi et pour notre communauté. »

Si cette tâche peut sembler largement anodine de prime abord, se rendre dans les cimetières, dans les synagogues et autres sites juifs n’était pas sans réel danger.

« Certains de nos ‘espions’ quittaient la Libye facilement ; d’autres étaient arrêtés et interrogés par les services de sécurité de Kadhafi ; certains ont même été arrêtés et ils ont disparu, comme Rafram Haddad, qui s’est fait attraper et qui a subi cinq mois de tortures dans les prisons de Kadhafi, » se rappelle Ben-Attiya qui, pour sa part, n’est jamais allé dans le pays que ses parents avaient laissé derrière eux, il y a des décennies.

Dimanche, la nature tendue des relations entretenues par la Libye avec, à la fois, sa communauté juive et Israël s’est brutalement retrouvée sous les feux des projecteurs quand le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen a annoncé qu’il avait rencontré son homologue libyenne, Najla Mangoush, à Rome, au cours d’un entretien d’environ deux heures – suscitant l’indignation de la population libyenne, révoltée face à ce contact sans précédent avec un pays ennemi, et un torrent de critiques, au sein de l’État juif, qui ont dénoncé cette indiscrétion.

Pedatzur Ben-Attiya dans la synagogue Or Shalom de Bat Yam, en Israël, en 2018. (Autorisation)

L’information de cette rencontre qui, selon Israël, a été l’occasion d’une discussion sur « l’importance de préserver le patrimoine des Juifs libyens, qui comprend la rénovation des synagogues et des cimetières juifs dans le pays », a par ailleurs provoqué des sentiments mitigés au sein de la diaspora juive libyenne.

Pour certains, cette rencontre est le prélude à des relations plus chaleureuses entre les deux pays, faisant naître l’espoir qu’un jour, ils seront enfin en mesure de fouler le sol de leur foyer ancestral. Mais d’autres rejettent jusqu’à l’éventualité de revivre les traumatismes familiaux du passé, disant que le lien qui les relie à la Libye est, à leurs yeux, définitivement rompu.

« Je ne hais pas les Libyens. Ils nous ont fait beaucoup de mal mais nous, les Juifs de Libye, nous avons vécu réussi en Israël », dit Daniel Mimum, un habitant de Netanya âgé de 77 ans, qui avait fui la Libye en 1967 avec sa famille avant de s’installer plus tard en Israël. « Pour moi, la Libye est un mauvais souvenir, c’est tout, un mauvais souvenir dont je ne parviens pas à me débarrasser. »

La fin abrupte d’une histoire vieille de 2000 ans

La présence juive en Libye est vieille de 2000 ans – avec les premières implantations juives qui avaient précédé de plusieurs siècles l’arrivée des conquérants arabes et musulmans.

A la veille de la Seconde guerre mondiale, il y avait environ 40 000 membres de la communauté dans le pays et 25 % de la population de Tripoli était juive. Si les Juifs étaient persécutés, faisant l’objet de lois antisémites lorsque le dictateur Benito Mussolini était au pouvoir – la Libye était une colonie italienne – et qu’environ 700 Juifs étaient morts, pendant la guerre, dans les camps de travail forcé, le réel déclin de la communauté n’avait commencé qu’au lendemain de la guerre.

En 1945, après la libération de l’Afrique du nord, les Juifs avaient été victimes de pogroms lancés par la population locale. 140 membres de la communauté avaient trouvé la mort et la majorité des synagogues avait été pillée et détruite à Tripoli. Des violences antijuives avaient éclaté une nouvelle fois en 1948, quand l’État d’Israël avait été établi.

Ces violences avaient entraîné une importante vague d’immigration et ils avaient été des milliers à partir sans se retourner pour l’Italie ou pour Israël au début des années 1950. Les 2500 Juifs environ qui étaient restés derrière eux avaient été dans l’obligation de prendre la fuite en 1967, pendant les émeutes qui avaient éclaté en réponse à la guerre des Six jours.

Dans des entretiens accordés lundi par téléphone ou par courriel au Times of Israel, plusieurs Juifs de Libye se souviennent du traumatisme laissé par les persécutions de la population locale. Ils ont raconté comment ils ont dû « sauver leur peau et ne plus jamais regarder en arrière », comme le relate une femme qui vit dorénavant aux États-Unis.

« On nous traitait comme des parias. Notre religion juive était inscrite dans nos passeports. Mon père avait une entreprise mais tous nos biens ont été saisis par les autorités libyennes. Mon frère a survécu de peu aux tentatives de lynchage des autres ouvriers dans l’usine de mon père et nous avons dû fuir », se souvient Mimun.

La Libye a été plongée dans le chaos après qu’un soulèvement soutenu par l’OTAN a renversé le dictateur de longue date, Mouammar Kadhafi, en 2011. Kadhafi était hostile à Israël et il soutenait la cause palestinienne avec ferveur, notamment les groupes terroristes.

Ce pays riche en pétrole a été divisé depuis entre un gouvernement soutenu par les Occidentaux dans l’Ouest du pays, un gouvernement dont le siège est à Tripoli, et une administration rivale dans l’Est du territoire. Chaque partie est soutenue par des groupes armés et par des gouvernements étrangers.

Retourner en Libye, oui, mais pas pour y vivre

Malgré leurs souvenirs douloureux, certains juifs libyens se disent intéressés à l’idée de tisser des liens avec Tripoli – en particulier parce que cela permettrait à la communauté de préserver ses sites du patrimoine.

« Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir envoyé ces gens prendre des photos en Libye parce que certains de ces sites religieux juifs n’existent plus », déclare Ben-Attiya. « Les autorités libyennes n’ont rien fait pour les préserver, et je sais qu’au moins une synagogue dont nous avions reçu des photos s’est écroulée depuis ».

Commentant la possibilité d’une normalisation des liens diplomatiques entre Israël et la Libye, Ben-Attiya indique qu’il adorerait se rendre là-bas, un jour, et voir de ses propres yeux ce pays dont ses parents étaient originaires. Il souligne toutefois qu’il ne voudrait pas y vivre. Il dit espérer que la seule synagogue de Tripoli encore debout sera, un jour, transformée en musée du patrimoine juif.

En Israël, l’identité juive libyenne s’exprime majoritairement à travers les liens communautaires, la cuisine et les traditions religieuses – comme le Bibsa, un rituel accompli par les femmes à l’occasion de Rosh Hodesh Nissan, le premier jour du mois juif de Nissan. Il y a également un dialecte juif arabe qui est parlé par les Juifs libyens et qui est utilisé dans un magazine édité par la communauté Or Shalom.

Ben-Attiya explique que les membres de sa communauté sont traditionnels – ces Juifs qui ne rateraient sous aucun prétexte un service à la synagogue à Shabbat, mais qui pourraient bien se rendre à la plage à la sortie du lieu de culte.

David Gerbi, un psychologue basé à Rome qui avait tenté de restaurer une synagogue de Tripoli il y a une décennie – des efforts qui se sont avérés vains – évoque « un modèle proche de la diaspora des Juifs tunisiens » en référence à ces Juifs, en particulier originaires de la ville de Djerba, qui se sont installés en France tout en conservant une habitation sur l’île et qui y reviennent à l’occasion des fêtes familiales et religieuses comme Lag BaOmer.

« Toute personne saine d’esprit ne songera jamais à retourner vivre en Libye aujourd’hui mais évidemment, ce serait bien de pouvoir y aller plus souvent », dit-il.

La synagogue abandonnée Dar Bishi dans la capitale libyenne de Tripoli, le 12 avril 2015. (Crédit : Mahmud Turkia/AFP via Getty Images)

« Nous ne pouvons pas oublier leur cruauté »

D’autres Juifs de Libye réagissent avec moins d’enthousiasme à la nouvelle de ces contacts de haut-rang entre Israël et la Libye – certains font d’ailleurs preuve d’un rejet total.

Ever Cohen a fui le pays en 1967, à l’âge de 27 ans, laissant derrière lui un commerce prospère de concession automobile. Il affirme que les Juifs et les musulmans, dans le pays, étaient incompatibles en raison « de différences religieuses et culturelles ».

Alors qu’il garde le souvenir ébloui des merveilles archéologiques et naturelles de la Libye, cet habitant de Herzliya Pituah ne voit pas l’intérêt de chercher un accord de normalisation avec le gouvernement libyen actuel, ou de demander des indemnisations pour tous les biens perdus.

Felice Guetta, 62 ans, qui a aussi quitté la Libye pour l’Italie en 1967, déclare ne pas comprendre ceux qui éprouvent de la nostalgie en pensant au pays qu’ils ont laissé derrière eux, ajoutant que « la cruauté et la férocité des locaux est inoubliable ».

D’autres estiment que l’État juif n’a rien à gagner de relations avec le pays maghrébin et que ses dirigeants, des maîtres de guerre, ne sont pas dignes de confiance.

« Les piliers du développement économique, en Libye, étaient les colons italiens et les Juifs. Quand le colonel Kadhafi est arrivé au pouvoir, il a laissé la population locale dans son improductivité, dans son indolence et dans son ignorance en distribuant des pétrodollars au lieu de chercher à développer l’économie du pays », explique Mimun.

Un éminent membre de la communauté, qui partage son temps entre l’Italie et Israël et qui demande à ne pas être identifié, critique, pour sa part, la révélation de la tenue de la réunion entre les deux chefs de la diplomatie par Cohen, indiquant que cette annonce a été irréfléchie et sans autre objectif, probablement, que celui de gagner les votes de la communauté libyenne qui réside au sein de l’État juif.

Les inconvénients de cette annonce pourraient largement l’emporter sur ses bénéfices, ajoute-t-il, alors que les Libyens se réclamant de l’Islam radical pourraient bien s’en prendre à des sites juifs en Europe ou dans leur pays.

Il déclare que s’il y a eu, à un moment, l’opportunité de signer un accord de paix avec la Libye, l’indiscrétion de Cohen « nous a fait revenir en arrière de trente ans ».

Des Libyens tiennent des panneaux pendant une manifestation contre la présence des Juifs en Libye et contre l’ouverture de la synagogue Dar Bishi à Tripoli, le 7 octobre 2011. (Crédit : Marco LONGARI / AFP)

Préserver le patrimoine matériel

Mais Gerbi affirme, pour sa part, que l’annonce faite dimanche par Cohen de son entretien, la semaine dernière, avec son homologue libyenne n’a pas été un faux-pas diplomatique, mais plutôt une initiative coordonnée et délibérée entre Israël et la Libye. Il déclare que la communauté internationale, et en particulier les États-Unis, ont exercé des pressions sur le Premier ministre Abdul Hamid al-Dbeibeh pour qu’il organise des élections dans les prochains mois et que Dbeibeh a voulu s’assurer qu’il bénéficierait du soutien américain à sa candidature en faisant un geste à l’égard du plus grand allié américain dans la région, Israël.

« Ce qui explique le moment choisi pour l’annonce faite par Eli Cohen », dit-il. « La Libye voulait probablement prendre la température et voir ce que serait la réaction de la population. Quelques extrémistes sont descendus dans les rues, ils ont brûlé des drapeaux israéliens. Tout ne s’est clairement pas déroulé comme prévu ».

L’histoire de Gerbi avec la Libye remonte à l’année 2002 – quand il était entré dans le pays pour sauver sa tante qui, pensait-il jusque-là, était décédée.

« Elle était la dernière Juive du pays. Toute notre famille avait fui en 1967 mais elle était restée là-bas, avec ses frères et sœurs parce qu’ils se sentaient tous profondément libyens. Ensuite, tous ses frères et sœurs étaient morts et elle avait fini dans une institution », raconte-t-il.

« De mon côté, j’ai découvert qu’elle était encore en vie et je suis entré en contact avec elle. Elle m’a supplié de l’aider à quitter la Libye après avoir vu ce qui était arrivé à notre cimetière juif. Il avait été complètement détruit ; les stèles avaient été volées et utilisées pour des travaux de construction. Il y avait des ossements des défunts au sol », continue-t-il.

Le psychologue affirme qu’il a finalement facilité les contacts entre Kadhafi et le gouvernement américain par le biais d’une médiation du grand rabbin d’Italie de l’époque, Elio Toaff. En échange du départ de sa tante, dit-il, il est parvenu à convaincre les responsables du département d’État américain d’adoucir la politique américaine à l’égard de Kadhafi qui, à ce stade, abandonnait sa rhétorique anti-occidentale féroce.

Gerbi a été invité à se rendre en Libye, une fois encore, en 2007 et il a rencontré Kadhafi en 2009. Gerbi a utilisé son influence sur le régime pour tenter de le persuader de préserver le patrimoine juif du pays, en commençant par la dernière synagogue encore debout à Tripoli, sa ville de naissance.

Une rencontre entre le dirigeant libyen, le Colonel Kadhafi, à droite, et le psychologue juif italien David Gerbi, d’origine libyenne, à gauche, pendant la visite réalisée par Gerbi en Italie, au mois de juin 2009. (Autorisation)

Contacts diplomatiques

En 2011, pendant le Printemps arabe, dans les derniers mois du régime de Kadhafi, Gerbi a été invité à travailler comme thérapeute communautaire dans la ville de Jadu, au Nord-Ouest du pays, une région majoritairement habitées par les Amazighs – ou Berbères – ces anciennes tribus juives qui s’étaient converties à l’Islam tout en préservant certains rites juifs. Il y avait eu également un camp de concentration dirigé par les fascistes italiens à Jadu, un camp où les Juifs avaient été confinés entre 1941 et 1942? Plus de 560 déportés y trouveront la mort.

Après la chute de Kadhafi, à la fin de la même année, Gerbi avait transmis une lettre au nouveau gouvernement au nom de l’Organisation mondiale des communautés juives libyennes qui exprimait le soutien à la liberté et à la démocratie des exilés.

Finalement, grâce à des pressions diplomatiques, Gerbi a réussi à entrer plus fréquemment dans le pays et il a pu réaliser son rêve de lancer des travaux de restauration dans la plus grande synagogue de Tripoli – une initiative qui a été couverte, à l’époque, par la presse internationale.

“ »Il y avait des impacts de balle sur le mur extérieur », se souvient Gerbi. « C’est Kadhadi lui-même qui avait tiré sur le bâtiment. Il avait affirmé que les Juifs avaient fait entrer des démons dans la synagogue et il l’avait fermée ».

L’enthousiasme entourant ce projet de restauration a été bref. Des extrémistes locaux, qui avaient été exposés à la machine de propagande anti-israélienne de Kadhadi pendant des décennies, ont commencé à propager la rumeur que Gerbi était un agent israélien sous couverture et que « l’armée israélienne est sur le point d’envahir Tripoli ». Peu après, des Libyens sont venus à son hôtel pour le lyncher et il s’est trouvé dans l’obligation de fuir.

Dix ans plus tard, en avril 2021, Gerbi dit avoir été approché par un assistant de Hussein al-Qatrani, l’adjoint de Dbeibeh, le Premier ministre libyen mondialement connu qui règne sur l’ouest du pays.

Le Premier ministre avait semble-t-il eu vent de la mission de bons offices effectuée par Gerbi entre Kadhafi et les États-Unis en 2002, et souhaitait lui demander d’intervenir auprès de l’ambassadeur américain en Libye, Richard Norland, afin que les Etats-Unis soutiennent Dbeibeh contre son rival de l’est du pays, le général Khalifa Haftar.

Une première rencontre entre Gerbi, le vice-Premier ministre libyen et l’ambassadeur américain a lieu à Tunis début novembre 2022, qui aurait dû être suivie quelques semaines plus tard d’un événement officiel à Rome, en présence de l’ambassadeur israélien Alon Bar. Le vice-Premier ministre libyen annonce sa participation avant de se rétracter peu de temps avant l’événement.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Eli Cohen, à gauche, et la ministre libyenne des Affaires étrangères, Najla Mangoush, à droite. (Crédit : Iakovos Hatzistavrou / AFP, Adem ALTAN / AFP)

Une mise en scène d’Israël et de la Libye

« Dbeibeh est un homme d’affaires et un grand pragmatique », rappelle Gerbi, qui s’est également entretenu avec Cohen à Jérusalem, en mars dernier, pour évoquer l’action diplomatique en faveur de la préservation du patrimoine juif de Libye.

« Il est conscient que les relations avec Israël bénéficieraient grandement à son pays, que ce soit en matière d’accès à la technologie et aux innovations scientifiques et agricoles israéliennes. Il veut faire partie du club des pays arabes alignés sur Israël et bénéficier de relations renforcées avec les États-Unis. Je suis persuadé que les relations avec Israël vont se poursuivre à l’abri des regards. »

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