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La plupart des vétérans déçus du centre de réhabilitation du ministère de la Défense

Selon le contrôleur de l'État, 73% des soldats blessés ayant demandé des soins ont fait part d'humiliations ; plusieurs recommandations antérieures n'ont jamais été mises en œuvre

Des vétérans israéliens et des anciens soldats handicapés lors d'une manifestation réclamant de meilleures aides financières et médicales aux abords de la Knesset, le 5 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des vétérans israéliens et des anciens soldats handicapés lors d'une manifestation réclamant de meilleures aides financières et médicales aux abords de la Knesset, le 5 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les anciens combattants israéliens, en écrasante majorité, insatisfaits de la manière dont ils sont traités par le département de réhabilitation du ministère de la Défense, selon un rapport du contrôleur de l’État qui a été rendu public mercredi.

Selon le bureau du contrôleur de l’État, 73 % des anciens combattants blessés demandant des soins n’ont pas été satisfaits de la manière dont fonctionnent les commissions du département. Parmi les principales raisons citées dans une enquête menée par le contrôleur, le manque d’attention, l’humiliation et la méfiance à l’égard des anciens soldats.

Le rapport note que les anciens combattants souffrant de problèmes psychologiques ont été, de manière générale, plus déçus par le département que ceux qui souffrent d’un handicap physique.

Cela fait longtemps que les anciens combattants et leurs défenseurs déplorent l’insuffisance des soins fournis par le département et la complexité de la bureaucratie – si compliquée et tortueuse qu’un grand nombre d’entre eux sont obligés de recourir aux services onéreux d’un juriste pour les aider à naviguer dans le système.

Après qu’un ancien soldat qui souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique s’est immolé aux abords du département, l’année dernière, entraînant une vive indignation dans le pays, le ministère de la Défense avait cherché à mettre en œuvre des réformes envisagées depuis des années.

Le contrôleur de l’État Matanyahu Englman a indiqué qu’il avait découvert que plusieurs de ses précédentes recommandations avaient été mal appliquées ou qu’elles n’avaient jamais été mises en place – notamment sa préconisation d’un renforcement du personnel médical au sein du département de façon à pouvoir prendre en charge le nombre croissant d’anciens combattants. Depuis les années 1990, le département ne compte que 21 médecins, un chiffre qui est passé à 22 l’année dernière – après le dernier rapport qui avait été rendu public par le contrôleur.

Le contrôleur d’État Matanyahu Englman photographié lors de la conférence Calcalist à Tel Aviv, le 31 décembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Sur une note plus positive, il a déclaré que le délai nécessaire pour le traitement initial d’un dossier était dorénavant légèrement plus court et que les anciens soldats souffrant de problèmes psychologiques avaient droit aujourd’hui à un plus grand nombre de services, comme il l’avait recommandé. De nombreux anciens combattants souffrant de maladies psychiques sont inscrits à un certain degré de handicap qui ne leur permettait pas d’obtenir des services particuliers, et les limitations sur ces services ont depuis été levées.

« C’est le devoir d’Israël et du département de réhabilitation du ministère de la Justice d’être le pilier soutenant les anciens combattants blessés. Ces anciens combattants ont contribué, au prix d’une partie de leur corps ou d’une partie de leur âme, à la défense du pays », a dit Englman.

« Une recommandation faite au département de réhabilitation est de faire son auto-examen, de manière significative, concernant le comportement des médecins de la commission médicale à l’égard des soldats éligibles, et en particulier en ce qui concerne leur connaissance du dossier médical et leur volonté de permettre aux anciens soldats de présenter leur dossier à la commission dans son intégralité », a-t-il continué.

Répondant au rapport, le ministère de la Défense a fait savoir qu’il continuait de travailler sur son plan rendu public l’année dernière, appelé Une Ame, qui vise à effectuer une refonte majeure du système en augmentant de manière importante le nombre d’employés du département, en rendant le processus de reconnaissance du statut d’ancien combattant blessé plus facile et plus rapide et en améliorant spécifiquement les traitements mis à disposition des anciens soldats atteints de syndrome de stress post-traumatique.

« En même temps, le ministère de la Défense œuvre à améliorer ses services au sein des commissions médicales et à transférer certaines commissions dans les hôpitaux, ainsi qu’à placer un accent tout particulier sur la formation et sur les ateliers de travail pour les médecins des commissions », a précisé le ministère.

Il a ajouté qu’il préparait le recrutement de médecins supplémentaires pour le département sous réserve d’un accord avec le ministère des Finances.

Le ministère de la Défense a aussi dit qu’il était en pourparlers avec des groupes de défense des anciens combattants pour trouver des accords sur un nouvel appel d’offres concernant l’embauche de professionnels pour aider les anciens combattants blessés pendant leur rééducation.

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