La police accusée de racisme pour avoir utilisé le « taser » contre un Ethiopien
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La police accusée de racisme pour avoir utilisé le « taser » contre un Ethiopien

Les policiers affirment que le suspect est « devenu fou » lors d’un contrôle de routine à Ramle ; les Israéliens Ethiopiens veulent manifester à Jérusalem la semaine prochaine

Une image tirée de la vidéo qui montre un Israélien éthiopien s'écrouler sous le coup d'un taser (Capture écran : Deuxième chaîne)
Une image tirée de la vidéo qui montre un Israélien éthiopien s'écrouler sous le coup d'un taser (Capture écran : Deuxième chaîne)

Deux policiers ont été filmés en train de « taser » un Israélien Ethiopien au cours de ce qui semble être une arrestation de routine dans le centre d’Israël, jeudi dernier. La police intervenait après un appel au sujet d’une altercation, a rapporté la Deuxième chaîne, qui a diffusé la vidéo vendredi.

La police a promis d’enquêter sur les allégations de racisme et de violence après l’incident qui a eu lieu à Ramle, au sud de Tel-Aviv.

La vidéo, filmée par un habitant des alentours, montre deux officiers de police escortant le suspect vers leur voiture de fonction et, lui demandant apparemment de pénétrer à l’intérieur. Quelques secondes plus tard, l’homme est tasé et plaqué au sol.

Sur la vidéo, on peut voir l’homme demander : « Qu’est-ce que j’ai fait ? », puis crier. Une voix de femme, probablement celle de la personne qui a filmé la vidéo, crie alors « assez » en direction des policiers.

« Les mots me manquent, » a réagi après l’incident l’activiste israélien éthiopien Inbar Bolga. « C’est inacceptable que j’appréhende de marcher dans mon propre quartier de peur de croiser un policier qui pourrait m’attaquer, » a-t-elle déclaré à la Deuxième chaîne.

La police a déclaré dans un communiqué que les policiers répondaient à un appel qui leur demandait de s’interposer dans une altercation physique entre deux voisins. Les policiers ont donc demandé aux deux parties de les accompagner au poste de police local afin de mettre un terme au problème. L’un des hommes, selon la police, a refusé d’obtempérer et a ensuite été arrêté.

« Les policiers ont signifié à l’homme qu’il était en état d’arrestation, mais il est devenu fou et a commencé à s’en prendre aux policiers, et à résister à son arrestation, » a indiqué le communiqué. « La police a pris les mesures juridiques qui sont à sa disposition pour arrêter et empêcher la fuite du suspect ».

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Les membres de la communauté éthiopienne d’Israël ont organisé une série de manifestations à travers le pays il y a quelques mois, après la diffusion d’une vidéo en avril dernier, montrant un assaut de la police, apparemment sans raison, contre un soldat israélien éthiopien.

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exiger que le gouvernement s’empare de la question du racisme systématique et institutionnalisé que subirait la communauté éthiopienne d’Israël. Les activistes ont également exprimé leur frustration face à ce qu’ils considèrent être les manquements de l’Etat pour améliorer la qualité de vie de leur communauté.

Lors d’une manifestation en mai dernier sur la place Rabin de Tel-Aviv, au moins 41 personnes ont été blessées dans des affrontements qui ont duré plusieurs heures. On pouvait y voir des manifestants lancer des pierres sur les policiers et les agents riposter avec des grenades assourdissantes et des canons à eau.

Alors que les tensions raciales ont toujours existé, les dirigeants de tout le spectre politique se sont engagés après les événements à éliminer le racisme, la discrimination et la brutalité policière en Israël. La Knesset a également tenu une session extraordinaire pour examiner les allégations de racisme au niveau de l’État.

Ce vendredi, les membres de la communauté éthiopienne israélienne ont annoncé qu’une nouvelle manifestation contre le racisme et la brutalité de la police se tiendrait à l’extérieur du siège de la police à Jérusalem en début de semaine prochaine.

« Nous allons protester lundi pour faire passer le message que nous ne sommes pas des jouets appartenant à quiconque, nous sommes des êtres humains tout comme les officiers, » a déclaré Bolga.

« Le fait de porter un uniforme et un badge n’en fait pas des personnes au-dessus de nous ou ne leur arroge pas de s’en prendre à des civils, » a-t-elle ajouté.

Bolga a affirmé que la manifestation prévue vise également à protester contre l’annonce selon laquelle l’officier qui a battu le soldat israélien éthiopien en avril ne ferait pas face à des poursuites criminelles.

Israël est le foyer de quelques 135 500 Israéliens d’origine éthiopienne, dont plus de 50 000 enfants nés dans le pays.

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