La police arrête un extrémiste ayant menacé de mort la députée Stav Shaffir
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La police arrête un extrémiste ayant menacé de mort la députée Stav Shaffir

Âgé de 30 ans, le suspect a envoyé des messages de menace explicites à Stav Shaffir qui a œuvré pour interdire la candidature du chef d'Otzma Yehudit

La députée Travailliste Stav Shaffir à la Knesset le 22 juillet 2015. (Hadas Parush/Flash90)
La députée Travailliste Stav Shaffir à la Knesset le 22 juillet 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Jeudi, la police a arrêté un homme de 30 ans soupçonné d’avoir envoyé des menaces de mort à la députée travailliste Stav Shaffir pour ses critiques du parti extrémiste Otzma Yehudit.

L’homme, un résident de la ville de Mazkeret dans le sud, a ouvertement menacé de meurtre l’élue de 33 ans.

Dans des messages envoyés sur le téléphone de Shaffir, on pouvait lire : « Je vais t’assassiner », « des chocs électriques feraient du bien à ton cerveau de gauchiste », et « je vais te tuer, te brûler, salope ».

L’homme est un soutien d’Otzma Yehudit, un parti extrémiste que Shaffir a comparé au nazisme. La députée a mené le recours du Parti travailliste contre le chef du parti, Michael Ben Ari, visant à lui interdire de se présenter à la Knesset, estimant qu’il incitait au racisme.

La loi israélienne interdit la participation aux élections d’individus ou de partis qui appellent ouvertement au racisme et à la violence. Le procureur général Avichai Mendelblit avait soutenu cet appel, déclarant que les preuves des appels au racisme de Ben Ari étaient indéniables.

Itamar Ben Gvir, candidat d’Otzmah Yehudit, tente de remettre à la députée Stav Shaffir un avis de poursuite judiciaire pour diffamation après qu’elle a qualifié son parti de « Nazi », lors d’une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset le 6 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Malgré le recours d’élus de l’opposition, la commission centrale électorale a autorisé Ben Ari à se présenter mercredi, après un vote de 16 voix pour et 15 contre. La question devrait être définitivement tranchée par la Cour Suprême prochainement.

Lors du débat sur l’éventuelle interdiction de Ben Ari, Itamar Ben Gvir, le numéro 2 d’Otzmah Yehudit, a essayé de remettre à la députée Stav Shaffir un avis de poursuite judiciaire pour diffamation. Il a effectivement déposé plainte auprès du tribunal de Jérusalem après qu’elle a comparé son parti au nazisme.

Jeudi, la députée a déclaré que les menaces du suspect étaient « typiques » des militants du rabbin Meir Kahane, une figure extrémiste très respectée par les dirigeants d’Otzmah Yehudit.

« La violence des gens de Kahane est un danger pour toute la société israélienne, et c’est ce qui compte ici, plus que le danger personnel dont font l’objet ceux qui osent se dresser contre eux, et beaucoup d’autres en feront l’expérience », a-t-elle déclaré.

« Ils corrompent et détruisent la vision sioniste, leurs idéaux rappellent des époques obscures, » a-t-elle ajouté. « Je n’ai pas peur d’eux, et je ne les laisserai pas intimider notre pays. La démocratie israélienne est plus forte qu’eux, et nous résisterons avec courage à cette épreuve ».

Plus tard jeudi, le suspect sera déféré devant le tribunal de Rishon Lezion pour une audience en vue d’une éventuelle libération sous caution.

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