La police de Beer Sheva indemnisera la famille d’une victime de meurtre
Rechercher

La police de Beer Sheva indemnisera la famille d’une victime de meurtre

Les forces de l'ordre de la ville ont été jugées responsables de ne pas avoir réagi aux appels d'urgence lors du meurtre de Gadi Vichman, poignardé en 2012

Les proches de Gadi Vichman à ses funérailles en 2012. (Capture d'écran / La Deuxième Chaîne)
Les proches de Gadi Vichman à ses funérailles en 2012. (Capture d'écran / La Deuxième Chaîne)

La police et la municipalité de Beer Sheva, dans le sud du pays, devront payer 4,7 millions de shekels (1,17 million d’euros) à la famille d’un homme assassiné en 2012 : durant plusieurs heures, la police n’a pas répondu aux appels concernant le crime, selon un article publié jeudi.

En mai 2012, Gadi Vichman, 35 ans, a été poignardé à mort par Eden Ohayon, alors âgé de 18 ans, dans un parc à côté du domicile des Vichman à Beer Sheva.

Ohayon a tué Vichman lors d’un affrontement lié à un tapage nocturne, et a été condamné à la prison à vie en mars 2014.

La police a reçu le premier appel au sujet de l’altercation à 00h14. Cet appel faisait suite à plusieurs autres, de la famille Vichman et de leurs voisins, se plaignant de jeunes hommes bruyants devant leur immeuble.

Gadi Vichman, 35 ans, a été poignardé à mort dans un parc devant son domicile de Beer Sheva en mai 2012. (Capture d’écran / Treizième Chaîne)

« L’opérateur m’a dit : ‘Nous envoyons une [unité de police] mobile. Je l’envoie.’ Je lui ai dit : ‘Faites vite, avant qu’il n’arrive quelque chose' » a déclaré Michal, la veuve de Vichman, au sujet de l’appel, selon la Treizième chaine.

« Il n’y avait pas d’unité mobile, et avant ça, beaucoup d’autres avaient appelé avant moi, et personne n’est venu. Ils auraient pu empêcher le meurtre. Gadi aurait pu être avec nous ici, aujourd’hui », a déclaré Michal Vichman.

La police a reçu trois appels supplémentaires au sujet de l’altercation initiale, et aucun policier ne s’est rendu sur les lieux.

Même après qu’un policier et un inspecteur municipal ont reçu un appel venant de l’un des voisins de Vichman, relatant une blessure au couteau, ils n’ont pas réagi, a indiqué la Treizième chaîne.

Ils sont finalement arrivés sur les lieux du crime environ deux heures et demie après l’appel initial.

Une enquête policière sur le meurtre a révélé qu’une agent de police avait plus tard menti sur l’incident ; elle a été renvoyée aussitôt.

Eden Ohayon, le suspect dans le meurtre de Gadi Vichman alors âgé de 18 ans, lors d’une audience à la cours de Beer Sheva en 2012. (Tsafrir Abayov / Flash90)

Michal a déclaré que son mari avait confronté Ohayon et ses amis à cause du bruit qu’ils causaient tard dans la nuit, et qui réveillait leur jeune enfant. Il a été poignardé au couteau et laissé pour mort sur les lieux.

Cependant, Ohayon a soutenu qu’il avait tué Vichman en état de légitime défense, après avoir été frappé à la tête.

Lors de la condamnation d’Ohayon, les juges de la Cour ont déclaré que le fait qu’il tenait un couteau démontrait son intention de nuire, tandis que Vichman n’avait pas l’intention de déclencher une altercation violente lorsqu’il a confronté Ohayon, ayant même appelé la police avant de sortir pour parler à Ohayon et ses amis.

« Le défunt est allé dans la direction de l’accusé, mais n’a pas réussi à aller très loin », a déclaré le juge Revital Katz. « On peut supposer que le couteau était déjà dans la main de l’accusé et était brandi avant qu’il reçoive le coup à la tête. »

À l’époque des faits, plusieurs affrontements meurtriers entre adolescents israéliens étaient survenus dans le pays.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...