La police disculpée pour la perte d’un œil d’un enfant palestinien
Rechercher

La police disculpée pour la perte d’un œil d’un enfant palestinien

Le ministère de la Justice a clos l'enquête sur l'incident où Malek Issa, 9 ans, aurait été touché par une balle en caoutchouc ; son avocat qualifie cette décision de "honteuse"

Malek Issa. (Capture d'écran YouTube)
Malek Issa. (Capture d'écran YouTube)

L’unité des enquêtes internes de la police (PIID) a clos son dossier sur la blessure grave d’un garçon de 9 ans, qui aurait été touché par une balle à bout en mousse lors d’un raid à Jérusalem-Est en février.

Aucun officier ne sera inculpé pour l’incident survenu dans le quartier d’Issawiya, a déclaré l’unité.

« Le département des enquêtes internes de la police est arrivé à la conclusion qu’il n’y a pas de preuves substantielles justifiant des poursuites », a déclaré le porte-parole de la PIID, Moran Shmo-aluf, dans un communiqué.

Des affrontements auraient éclaté entre les habitants d’Issawiya et la police des frontières après l’arrivée des agents pour procéder à des arrestations. Un officier de la police des frontières a tiré des balles à bout en caoutchouc pendant ces événements. Alors que l’officier affirme avoir tiré sur un mur, un jeune garçon a déclaré avoir été touché par une des balles à la tête.

Le garçon, identifié comme étant Malek Issa, a été hospitalisé dans un état grave et a dû subir par la suite une énucléation.

Shmo-aluf a déclaré que les enquêteurs avaient reçu un avis médical professionnel qui indiquait que la blessure d’Issa pourrait avoir été le résultat d’une pierre jetée lors d’affrontements avec la police plutôt que d’une balle en caoutchouc.

Son avocat a condamné la décision du département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice, la qualifiant de « honteuse ».

« Si un policier a tiré sur un mur alors que des enfants revenaient de l’école, et qu’une balle a touché l’œil de Malek, il s’agit de la négligence la plus grave possible », a déclaré son avocat, selon le site d’information Walla.

Un garçon de neuf ans blessé à la tête par une balle au bout en mousse durant une opération de police à Issawiya, le 16 février 2020. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Cette décision a également été condamnée par le député Ofer Cassif de la Liste arabe unie, qui l’a qualifiée de « carte blanche » et a estimé qu’elle donnait à la police « l’autorisation officielle de continuer à tirer » sur des enfants palestiniens.

À l’époque, la police avait présenté ses excuses pour l’incident.

« Lors d’une opération de police, des moyens de dispersion anti-émeute ont été utilisés et un mineur de neuf ans a été blessé », avait déclaré la police dans un communiqué. « Nous sommes désolés pour les blessures du mineur et lui souhaitons un prompt rétablissement. »

Le père de Malek a dit à la Treizième chaîne que son fils était allé dans un magasin pour faire un achat. Quand il est sorti par la porte, « il a été frappé entre les deux yeux ». Il a nié qu’il y avait eu des manifestations avant l’incident.

Des résidents d’Issawiya protestent contre les violences policières à l’entrée du quartier d’Issawiya, à Jérusalem-Est, le 5 novembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En février, les dirigeants de la communauté ont affirmé que la police avait déraisonnablement intensifié ses opérations à Issawiya au cours des mois précédents et avait fait usage d’une force excessive contre les résidents, sapant la stabilité et alimentant les tensions dans le quartier.

Les responsables de la police ont toutefois repoussé les accusations, affirmant que l’intensification des opérations à Issawiya était en corrélation directe avec ce qu’ils décrivent comme une augmentation de la violence émanant du quartier.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...