La police extrait Amnon Abramovich menacé lors d’une manifestation de droite
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La police extrait Amnon Abramovich menacé lors d’une manifestation de droite

Le président Reuven Rivlin et Benny Gantz ont condamné l'agression verbale contre l'éminent journaliste de la Douzième chaine

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran d'une vidéo montrant le journaliste et commentateur Amnon Abramovich, au centre, escorté par la police après avoir été menacé par une foule lors d'une manifestation de droite à Tel Aviv, le 20 juin 2020. (Crédit : Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo montrant le journaliste et commentateur Amnon Abramovich, au centre, escorté par la police après avoir été menacé par une foule lors d'une manifestation de droite à Tel Aviv, le 20 juin 2020. (Crédit : Twitter)

Mardi soir, une foule de manifestants à un rassemblement de droite a entouré le commentateur politique Amnon Abramovich de la Douzième chaine, l’insultant alors qu’il était venu couvrir l’événement devant le musée de Tel Aviv.

Plusieurs officiers de la police israélienne sont intervenus afin d’extraire Abramovich de la foule. L’homme a notamment été insulté de « traître » et de « misérable ».

Des vidéos de l’incident ont été partagées sur les réseaux sociaux, notamment par d’autres journalistes présents sur place.

Dans les images, Abramovich, vêtu d’une chemise blanche et portant un masque facial sous le menton, est vu être escorté par un groupe de policiers qui tentent de contenir les manifestants alors qu’ils continuent à lui crier dessus.

Le président Reuven Rivlin a condamné l’incident dans un tweet : « Nous ne devons pas accepter de tels comportements. Aucun journaliste ne devrait avoir besoin d’une sécurité alors qu’il accomplit son travail, quelles que soient ses opinions. »

« Ne vous contentez pas de fermer les yeux », a insisté Rivlin. « Ce n’est pas la voie du peuple israélien. »

Le ministre de la Défense Benny Gantz a également dénoncé l’incident.

« Vous pouvez être en désaccord, vous pouvez avoir des différences, mais il est strictement interdit de menacer les journalistes », a tweeté Gantz. « Une presse libre est la pierre angulaire d’un pays démocratique et pluraliste. »

Le chef de l’opposition, le député Yair Lapid, du parti Yesh Atid-Telem, a tweeté : « Bibi n’est-il pas également lié à cela ? » Il faisait apparemment référence aux attaques de Netanyahu contre les médias, qu’il accuse de faire équipe avec la police et les procureurs afin de le chasser du pouvoir avec plusieurs enquêtes pour corruption.

La manifestation, intitulée « Seul le peuple décidera », visait à protester contre ce qui est considéré comme une ingérence excessive et partiale de la Cour suprême dans le fonctionnement du pays en annulant des projets de loi de la Knesset soutenus par la droite.

Des militants de droite protestent contre la Cour suprême et soutiennent le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 23 juin 2020. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Abramovich, journaliste et commentateur éminent, a sur son visage des brûlures après avoir été grièvement blessé alors qu’il était conducteur de char pendant la guerre de 1973. Le reporter a récemment couvert les enquêtes criminelles visant Netanyahu.

Le Premier ministre est jugé dans trois affaires pour fraude et abus de confiance, ainsi que pour corruption dans l’une d’elles.

Un autre rassemblement, organisé par des militants de gauche, a eu lieu mardi soir également sur la place Rabin, dans le centre-ville, visant à manifester contre l’annexion de zones de Cisjordanie prévue par Netanyahu.

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