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Ouverture d’une enquête contre la police soupçonnée d’espionner des Israéliens

Une enquête a été ouverte suite à des informations allant dans ce sens rapportées par le journal Calcalist

Le logiciel d'espionnage Pegasus. (capture d'écran YouTube - The Guardian)
Le logiciel d'espionnage Pegasus. (capture d'écran YouTube - The Guardian)

La justice israélienne a annoncé jeudi soir l’ouverture d’une enquête sur l’utilisation du logiciel espion Pegasus par la police à la suite d’affirmations en ce sens dans la presse locale.

Dans une lettre envoyée au commandant de la police Koby Shabtaï, le procureur général Avichai Mandelblit a demandé à recevoir tous les ordres d’écoutes téléphoniques et d’espionnage informatique pratiqués en 2020 et 2021 afin de « vérifier les allégations diffusées dans les médias ».

La police israélienne a utilisé le logiciel Pegasus pour espionner un Israélien considéré, selon elle, comme une menace potentielle, afin de recueillir des éléments pouvant servir de pression dans de futures enquêtes, a rapporté jeudi le quotidien économique israélien Calcalist.

Selon les informations du quotidien, qui ne cite pas ses sources, l’unité spécialisée de la police a utilisé Pegasus pour surveiller un militant dont elle craignait qu’il ne commette des « infractions à l’ordre public », affirmant qu’il représentait un « danger pour la démocratie ».

Le commandant de la police israélienne Yaakov Shabtaï a réagi à cette publication en affirmant que « la police n’a pas trouvé le moindre élément corroborant ces informations ».

« La police israélienne lutte contre le crime avec tous les moyens légaux dont elle dispose », a poursuivi M. Shabtaï, selon un communiqué de la police israélienne, qui précise avoir demandé à M. Mandelblit de « vérifier que toutes les écoutes ont été faites selon la loi ».

Le ministère de la Justice avait promis mercredi une enquête approfondie sur des allégations du Calcalist selon lesquelles le logiciel Pegasus a été utilisé pour espionner des citoyens israéliens, y compris des personnes ayant mené les protestations contre l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Propriétaire de Pegasus, le groupe israélien de cybersécurité NSO s’est retrouvé exposé en 2021 après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux affirmant que son logiciel avait permis d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques parmi lesquels des chefs d’État, des militants et des chefs d’entreprises dans différents pays.

Le groupe NSO n’a ni démenti ni confirmé la vente de Pegasus à la police israélienne, soulignant qu’il n’était « en aucun cas impliqué dans le fonctionnement du système une fois vendu à des clients gouvernementaux ».

Le logo de l’entreprise israélienne NSO Group sur un bâtiment où elle avait des bureaux, à Herzliya, jusqu’en 2016. (Crédit : AP Photo/Daniella Cheslow)

« NSO vend ses produits sous licence et selon la règlementation, à des agences du renseignement et à des services de police, pour éviter des actes terroristes et des crimes, en vertu des ordres de justice et des lois en vigueur dans leurs pays », a indiqué le groupe dans un communiqué envoyé à l’AFP.

Le logiciel Pegasus ne peut être vendu qu’à des États, et ces ventes doivent obtenir le feu vert d’une commission spéciale du ministère israélien de la Défense responsable de l’approbation des ventes d’armes.

Une fois installé dans un téléphone mobile, Pegasus permet d’accéder aux messageries et données de l’utilisateur, mais aussi d’activer l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

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