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Avi Bitton: La gestion des manifestations empêche la police de lutter contre le crime

Selon celui qui brigue le poste de commissaire de la police israélienne, les agents déployés lors des rassemblements ne peuvent pas se concentrer sur la criminalité dans les villes arabes

Le chef de la police du district central, Avi Bitton, lors d'une cérémonie à Tel Aviv, le 19 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le chef de la police du district central, Avi Bitton, lors d'une cérémonie à Tel Aviv, le 19 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de la police centrale, Avi Bitton, a assuré jeudi que si la police ne pouvait pas combattre le crime organisé ni mettre un terme à la criminalité endémique qui décime les villes arabes, c’était à cause de leur mobilisation pour le maintien de l’ordre lors des manifestations contre le plan de refonte du système judiciaire.

« Ces agents sont supposés s’occuper de la criminalité dans les communautés arabes et où les envoie-t-on ? Ces agents, normalement affectés dans des commissariats ou dans des unités spéciales chargées de lutter contre le crime, finissent par intervenir sur des troubles à l’ordre public », a expliqué Bitton au micro de la radio militaire, en demandant des « renforts » pour les postes de police de terrain.

« C’est aussi une de nos missions que nous accomplissons avec honneur et respect mais en fait, les policiers ne se trouvent pas là où sévit la criminalité », a-t-il déploré.

Bitton en a profité pour dire qu’il était candidat – un candidat « compétent et digne » – au poste de chef de la police. C’est le ministre d’extrême droite de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, chantre de la répression musclée des manifestations antigouvernementales et soutien sans faille des propositions de la coalition visant à affaiblir le système judiciaire, qui devrait choisir le nouveau commissaire.

« C’est une fonction essentielle, selon moi, et j’ai à coeur de toujours progresser », a déclaré le commandant de police à propos du poste de chef de la police.

Après cette interview, les organisateurs des manifestations s’en sont pris à Bitton, lui reprochant de flatter Ben Gvir pour s’attirer ses faveurs.

« Mettre sur le dos des manifestants la responsabilité de l’échec cuisant des autorités dans la lutte contre la criminalité et les violences est une tentative grossière de flatter ce pseudo ministre de TikTok », a fait savoir le groupe Kaplan Force par voie de communiqué, reprenant un refrain moqueur souvent repris par les critiques de Ben Gvir – qui disent de lui qu’il s’intéresse plus aux gros titres qu’aux affaires du gouvernement.

Kaplan Force a par ailleurs demandé à Bitton de retirer ses propos « contre les millions de citoyens respectueux de la loi qui viennent défendre la démocratie ».

Des militants anti-refonte manifestent contre le gouvernement à Tel Aviv le 30 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La police a pris la défense de Bitton, disant que ses propos avaient été déformés « de manière irresponsable, provocante et clivante » alors qu’il ne faisait que détailler l’affectation des agents.

« C’est un fait et non une opinion », a dit le communiqué au sujet des propos tenus par l’officier supérieur.

La police a ajouté que Bitton ne s’était jamais prononcé « contre les manifestations » lors de l’interview et qu’il rappelait constamment que « le respect du droit à manifester est l’une des pierres angulaires d’une démocratie ».

Les opposants au projet de refonte du système de la justice israélien organisent des manifestations de grande ampleur depuis le début de l’année en réaction aux projets du gouvernement de limiter les pouvoirs des tribunaux. Ces manifestations attirent des centaines de milliers de personnes représentatives de tous les pans de la société israélienne.

Les critiques du plan de réforme radicale du système judiciaire estiment que les projets de loi viendront saper les fondements de la démocratie et des droits en Israël, en plus de porter tort à la sécurité, à l’économie et au statut du pays sur la scène internationale. Ses partisans, au contraire, se réjouissent du fait que les législations envisagées redonneront le pouvoir aux élus et contribueront à réfréner les ardeurs d’un système judiciaire qu’ils jugent trop activiste.

Ben Gvir devrait sous peu commencer ses entretiens avec les candidats au poste de chef de la police. Depuis son entrée en fonction à la fin de l’an dernier, Ben Gvir tente d’avoir plus de pouvoir sur la police, ce qui a considérablement détérioré sa relation avec le chef de la police Kobi Shabtai. Le Ministère de la sécurité intérieure a compétence sur la police et sur la police des frontières.

Shabtai avait déclaré en juin qu’il mettrait un terme à son mandat en janvier 2024 sans demander à bénéficier d’une année de plus à sa fonction.

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtaï, à gauche, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, sur les lieux d’un attentat terroriste dans l’implantation de Maale Adumim en Cisjordanie, à l’extérieur de Jérusalem, le 1er août 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

En août dernier, Ben Gvir et Shabtai s’étaient publiquement querellés sur le point de savoir à qui la police devait obéir in fine – la loi pour le chef de la police et les élus pour le ministre d’extrême droite.

En septembre, la Cour Suprême a examiné lors de deux séances les recours en invalidation des deux lois adoptées sur proposition du gouvernement, sur fond d’appels de la coalition d’extrême droite à la désobéissance politique en cas de rejet effectif.

Un tel scénario ne manquerait pas de plonger Israël dans une profonde crise constitutionnelle et de mettre la police en position de choisir d’obéir au gouvernement ou à la Cour Suprême.

L’un des principaux candidats au poste de chef de la police, actuellement chef de la police de la région côtière, Yoram Sofer, a un temps refusé de dire comment il réagirait dans une telle éventualité avant de dire qu’il se rangerait du côté de la Cour Suprême en cas de crise constitutionnelle.

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